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Bonjour | 12/10/2008 15:54 | English Make DC Home page | RSS feed

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La Zambie a résolu de voler la vedette au barrage d’Inga pour l’approvisionnement du courant électrique en Afrique. D’où l’accroissement de ses investissements dans le secteur alors qu’en Rdc les travaux de fiabilisation s’enlisent. Kinshasa a abrité la semaine dernièrement une rencontre sous-régionale centrée sur les stratégies à mettre en oeuvre pour rentabiliser au sein des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale le potentiel énergétique du barrage hydroélectrique d’Inga, situé en République démocratique du Congo. Initiée par le Pool énergé­tique de l’Afrique centrale (PEAC), cette rencontre a été l’occasion pour divers experts de la sous-région de réfléchir sur les mécanismes à mettre en oeuvre pour le transport de l’énergie électrique sur l’axe Inga-Ca­binda-Pointe noire. D’où, la par­ticipation à cette rencontre des délégués de l’Angola, du Congo-Brazzaville. La Société nationale d’électricité de la RDC qui est au centre de ce projet est-elle bien consciente de ce qui se joue en son sein? Difficile de répondre à cette question, car la Snel tâtonne dans la mise en œuvre d’une stratégie efficace de fiabilisation du barrage d’Inga.

Des accords de partenariat -d’autres soutenus par la Banque mondiale - ont été signés avec différents partenaires pour accroître davantage le rendement électrique d’Inga. Mais, la plupart- au moins les plus en vue - sont encore victimes de pesanteurs de diverses nature qui en retardent l’application.

Cependant, d’autres pays de la sous-région de I’Afrique ou proche de la sous-région ont bien compris la nécessité de développer leur potentiel électrique pour parvenir à répondre aux besoins futurs dans la sous-région. C’est ce qui justifie le développement en Zambie des projets d’accrois­sement du potentiel électrique. La Zambie, certes, s’est juste saisie de la distraction de la République démocratique du Congo pour développer, de son côté, ses capacités électriques. A la base, il y a la forte expansion des in­vestissements miniers au Ka­tanga. Avec un barrage d’Inga sous-utilisé, la Zambie a compris qu’elle peut jouer le jeu en ac­croissant davantage son poten­tiel électrique.

Parer au plus pressé

Des projets se développent donc de manière inexorable en Zambie sans que la RDC se rende compte. Pourtant, c’est le barrage d’Inga qui risque de per­dre, au bout du processus, sa place non seulement en Afrique mais surtout en République dé­mocratique du Congo. Pour preuve, déjà en RDC, certaines investissements miniers basés au Katanga sont approvisionnés en courant électrique à partir de la Zambie là où Inga devait être mis entièrement en contribution.

II y a donc panique en la demeure. Et, et il faut que la RDC se saisisse dé grands enjeux qui se jouent actuellement aussi bien en Afrique centrale qu’en Afri­que australe. La concurrence zambienne aura la grave consé­quence de soustraire à la RDC le marché électrique de l’Afrique australe et de faire dépendre les industries minières du Katanga, particulièrement à la Zambie pour l’approvisionnement en courant électrique. II y a donc lieu de parer au plus pressé. Et, la solu­tion passe inévitablement par l’accélération 1des travaux de fiabilisation du barrage d’Inga pour lui faire jouer véritablement son rôle dans la région. Le PEAC l’a compris. D’où, la rencontre qu’il vient d’organiser tout récem­ment à Kinshasa. Mais, est-ce qu’à la Snel, on a la même lec­ture des faits ? Est-on conscient de risques de marginalisation qui guettent le barrage d’Inga ?

Toutefois, il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Le plus urgent aujourd’hui, c’est de permettre à Inga de retrouver ne serait-ce que le minimum de sa capacité installée. Des experts du secteur pensent, au regard de I’explosion des investissements énergétiques en Zambie, tant que la RDC traîne pour fiabiliser Inga, le pays de Levy Mwanawasa ris­que de lui damer les pions.

La solution passe aujourd’hui par l’accélération des travaux de fiabilisation du bar­rage d’Inga. Il s’agit d’un chal­lenge dont les enjeux consistent à maintenir la place stratégique de la RDC dans la mise en oeuvre des projets énergétiques retenues dans le Nouveau par­tenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) et la garantie d’approvisionnement des indus­tries minières du Katanga.

L’entreprise minière qui exploite la mine cuprifère de Sakania à 1.200 Km de la fron­tière avec la Zambie s’approvi­sionne en courant électrique à partir de Ndola en Zambie. D’autres - si la Snel n’y prend garde - vont dans les tout pro­chains jours suivre la même voie en se détournant d’Inga.

Un projet intégra­teur, mais sous-ex­ploité

Les centrales hydro-élec­triques d’Inga sont deux barra­ges situés en RDC, sur le fleuve Congo dans la province du Bas­Congo, à proximité de la ville de Matadi. Ces deux ouvrages dis­tincts sont dénommés Inga I et Inga II.

Inga III et Grand Inga ne sont actuellement que des pro­jets. Inga I (351 MW, entrée en service en 1972) et II (1.424 MW, entrée en service en 1982) fonctionnent actuellement a 20 % de leur capacité, la plupart des turbines étant à l’arrêt, faute de pièces de rechange.

Le courant électrique d’Inga est exportée vers l’Angola, la République du Congo et le Zim­babwe. Des lignes relient égale­ment le complexe à la Zambie, au Botswana, à la Namibie et à l’Afrique du Sud. Une ligne haute tension relie en effet le barrage à Lubumbashi et à la province zambienne du Copperbelt : le projet Inga-Shaba. Une seconde li­gne haute-tension est envisagée vers le nord en direction des pays du golfe de Guinée. Une troi­sième enfin est prévue vers le nord-ouest, en direction du Tchad et du Soudan.

Divers contacts sont intervenus récemment, dont avec la NEPA (Nigeria) et Westcor, con­sortium emmené par Eskom (Afrique du Sud), en vue du re­déploiement du complexe. Westcor projette notamment la construction d’une centrale Inga III (3,5 GW). En théorie, avec une telle capacité, le complexe Inga I, II ,III aura une puissance installée de plus de 5,2 GW, ce qui permettrait d’alimenter en électricité toute l’Afrique australe. Des projections pré­voient qu’à terme la puissance produite sur ce site atteindrait 39 GW, avec le projet Grand Inga. A titre de comparaison, le bar­rage des Trois Gorges en Chine d’une puissance installée de 18,2 GW produira 84,7 TWh en 2009.

Faustin K/Le Potentiel

Last edited: 28/08/2007 14:35:02

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