Le Parti lumumbiste unifié (Palu), que dirige le Premier ministre Antoine Gizenga Funji, a célébré mercredi 22 août, son 43ème anniver­saire. L’événement s’est déroulé dans l’ex-con­cession City Train au quartier Banunu dans la commune de Matete. Des centaines de militants du Palu venus des 4 coins de Kinshasa et de l’inté­rieur du pays, se sont retrouvés au lieu du rendez-vous pour fêter l’anniversaire de leur parti créé le 22 août 1964 à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa.

L’occasion  était ainsi indiquée pour le parti de Gizenga, empêché et représenté par le numéro deux du Palu, M. Ro­bert Makina (secrétaire perma­nent), de se prononcer sur les grands sujets qui alimentent aujourd’hui l’actualité nationale, notamment la question de la restructuration des entreprises publiques, la situation à Kahemba et à l’Est du pays ainsi que la question d’un éven­tuel changement du gouverne­ment d’ici au mois de septem­bre.

Concernant ce dernier point, le secrétaire permanent du Palu, M. Robert Makina, qui parlait au nom du patriarche Gizenga, s’en est ouvertement pris à ceux qu’il a qualifiés de ”manipulateurs de l’opinion publi­que”, auteurs, selon lui, des ru­meurs sur l’éventualité du départ du gouvernement Gizenga d’ici au mois prochain. “ (...) Ces manipulateurs d’opinion disent: voila, ce sont les dirigeants de l’Union européenne, des Etats­-Unis qui réclameraient le chan­gement de gouvernement et que les Congolais n’ont qu’à se plier aux volontés étrangères...

Le Palu se demande alors au ser­vice de quels intérêts sont ces manipulateurs ? “, s’est interrogé l’orateur. Celui-ci a rappelé à l’as­sistance le protocole d’accord que le Palu a signé en septem­bre 2006 avec l’Udemo (Union des démocrates mobutistes) de Nzanga Mobutu et l’AMP (Al­liance de la majorité présiden­tielle) de Joseph Kabila.

Protocole d’accord qui, a indiqué le numéro deux du Palu, visait à donner la victoire électo­rale à Joseph Kabila ; à former la majorité parlementaire et à for­mer le gouvernement de coalition dirigé par le Palu pour la législa­ture en cours, qui s’étend sur une durée de 5 ans.” Il ne sera ja­mais enseigné à nos enfants que les Lumumbistes ont été à l’ori­gine d’une crise à cause de leur oubli des engagements pris... Nous respecterons ce protocole d’accord jusqu’au bout, nous ne le trahirons pas... “, a prévenu Robert Makina. Il a, par ailleurs, nuancé ses propos en disant que la restructuration des insti­tutions politiques nationales peut être un besoin ou une nécessité ressentie par la na­tion.

Secteurs public et privé : libre concurrence

Pour ce qui est de la ques­tion de restructuration des entre­prises publiques, le parti d’An­toine Gizenga s’est dit favorable au système de libéralisme éco­nomique qui favorise la libre con­currence entre les entreprises du secteur public et privé ou encore le système d’économie mixte.

Ce système, a signalé le Se­crétaire permanent du Palu, constitue une bonne alternative à la privatisation des entreprises de l’Etat dont le désavantage consiste en une soustraction du nombre d’entreprises apparte­nant à la collectivité nationale au profit du privé: “(...) Au lieu de la privatisation, le  Palu privilégie le partenariat dans le système d’économie mixte. L’Etat et le privé peuvent chevau­cher ensemble”, a proposé M. Makina.

Il a, en outre, indiqué que le Palu opte pour le désengage­ment de l’Etat dans la gestion des entreprises publiques. Ce désengagement, a-t-il souligné, est susceptible de renforcer l’autonomie financière des entre­prises de l’Etat. Au sujet de l’affaire Kahemba, le secrétaire perma­nent du Palu a exclu toute hypo­thèse de vente d’une infime partie du territoire national de la Rdc, avant de rappeler la posi­tion du Premier ministre Antoine Gizenga devant l’Assemblée na­tionale lorsqu’il a dit que la paix régnera sur l’ensemble du pays au sujet de la situation à l’Est.

Outre le message du parti lu par son secrétaire permanent, il convient de signaler que la célébration du 43ème anniversaire du Palu a été surtout l’occasion indiquée pour faire l’évaluation de la contribution de la femme dans la lutte menée par ce parti politi­que pour l’avènement de la démocratie en RDC. A cet effet, l’épouse du Premier ministre, Anne Gizenga Mbuba a prononcé une allocution pour tracer le bilan de la partici­pation de la femme dans la lutte de démocratisation et de restau­ration de l’Etat de droit en RDC.

Pour l’oratrice, le combat de la femme remonte de l’époque coloniale jusqu’à celle de la dic­tature imposée sous la 2ème République.

Allusion faite ici à la lutte menée par Kimpa Ndona Béa­trice contre le colonisateur ainsi qu’à des marches pacifiques or­ganisées le 23 juillet 1987, puis le 29 juillet 1995 à Kinshasa par des femmes nationalistes qui ont eu souvent à payer de leur vie pour la cause évoquée ci-haut. Bien que longue et très coûteuse en vies humaines, en biens meubles et immeubles, notre lutte politique menée sous la di­rection du Secrétaire général, chef du parti, M. Antoine Gizenga, a fini par porter des fruits... “, a signalé Mme Gizenga Mbuba qui a résumé les efforts de cette lutte à trois ac­quis, à savoir le rétablissement de la vérité et du nom du pays, le “Congo “ la reprise de l’hymne national Le Debout Congolais et l’organisation des élections en 2006.

Clément Bafiba : “le Palu a un avenir radieux”

Le vice-gouverneur de la ville de Kinshasa, Clément Bafiba, haut cadre du Palu, qui a égale­ment assisté à la célébration de l’anniversaire de son parti, auquel il a exprimé le voeu d’un avenir ra­dieux, a fait savoir à la presse les ambitions que le Palu a toujours nourries depuis sa création. “ Le Palu est un parti qui veut que le Congo soit réellement indépen­dant, que chaque Congolais bé­néficie équitablement de la ri­chesse du pays pour le bien-être de tous...“, a-t-il déclaré.

En ce qui concerne la ques­tion sur un changement du gou­vernement, comme évoqué par le secrétaire permanent du parti, le vice-gouverneur de Kinshasa a tenu à indiquer que leur parti n’est pas opposé au changement du gouvernement, comme peuvent le penser certains. S’il peut y avoir nécessité de changement, Clément Bafiba es­time que cela doit cadrer avec les objectifs assignés, afin qu’ils soient atteints.

(Th)

Freddy Longangu/L’Observateur