Le chef d’Etat d’Afrique du Sud se présente une fois de plus à Kinshasa en fidèle parrain du relèvement de la RDC depuis le processus de paix ayant extrait ce pays de son long conflit armé. Sa mission actuelle située dans le cadre de la commission mixte RDC-RSA consolide la coopération ainsi instaurée entre les deux pays.

Thabo Mbeki, le président sud-africain, séjourne à Kinshasa. Officiellement pour la quatrième session des travaux de la Commission mixte congolo-sud-africaine. Mais les conversations ont débordé ce cadre. Les problèmes internes de la Rdc ont été évoqués et une fois de plus, le président sud-africain a saisi cette opportunité pour continuer à jouer son rôle de médiateur. Mais sur quels points politiques ont achoppé les discussions ?
Dans un communiqué de presse rendu public à Pretoria, le ministère des Affaires étrangères a précisé l’arrivée à Kinshasa depuis lundi du président de la République sud-africaine, Thabo Mbeki. Il vient prendre part à la quatrième session de la grande commission mixte de deux pays, avec une suite de 13 ministres.
Mais les termes de ce communiqué précisent en outre que « la participation de l’Afrique du Sud intervient dans le cadre de son engagement pour renforcer les relations avec la RDC et soutenir la réconciliation politique et économique ainsi que le processus de reconstruction dans le pays ».
Les termes de ce communiqué soulignent donc la double mission de Thabo Mbeki en République démocratique du Congo. Il s’agit d’abord de renforcer les relations bilatérales entre Pretoria et Kinshasa. Aussi, dans notre dernière livraison, avons-nous évoqué la signature de 28 accords entre la RDC et la République sud-africaine. De ces accords, 6 seulement ont été ratifiés. Il y a donc du retard du côté congolais, souligne-t-on. Par conséquent, il est question d’examiner de près cette situation et voir comment Kinshasa pourrait accélérer les choses au niveau de l’Assemblée nationale pour que les autres accords soient ratifiés de manière à relancer de plus bel la coopération bilatérale multisectorielle entre les deux pays.
Raison pour laquelle Thabo Mbeki est venu en personne réitérer la détermination de son gouvernement à donner une nouvelle impulsion à cette coopération qui pourrait bénéficier, d’abord, aux deux pays, ensuite à toute l’Afrique. Car, que l’on ne se méprenne pas. L’économie sud-africaine est désormais tournée vers l’extérieur et vise à élargir son marché en ayant à l’esprit que la RDC demeure la plaque tournante incontournable pour atteindre d’autres consommateurs africains.
Réconciliation politique en RDC
Cependant, Thabo Mbeki n’est pas né de la dernière pluie. Il sait parfaitement que la dynamique de cette coopération bilatérale dépend de la situation politique post-électorale en République démocratique du Congo. Particulièrement, du fonctionnement des institutions issues des élections.
A ce sujet, il nous revient que Thabo Mbeki devrait échanger avec son homologue congolais du fonctionnement du gouvernement qui gère le quotidien du pays. En fait, des critiques ont été émises à ce sujet sur l’immobilisme du gouvernement, l’absence de l’autorité de l’Etat dans certains coins de la République et le manque de leadership dénoncé par des organisations non gouvernementales internationales. Notamment International Crisis Group. Les observations pertinentes émises par cette organisation rejoignent en grande partie les préoccupations des Nations unies, de l’Union européenne ainsi que le Groupe de contact des ambassadeurs établis à Kinshasa, parmi lesquels le représentant de l’Afrique du Sud près la RDC.
Si l’on sait qu’au mois de septembre prochain, le président de la République a promis de tirer les leçons utiles de six mois d’activités du gouvernement, des échanges en profondeur ne manqueront pas d’émailler les entretiens entre les deux personnalités. Car au fait, la dynamique de cette coopération bilatérale repose également sur la dynamique de deux gouvernements, congolais et sud-africain.
Mais le concept « réconciliation politique » pourrait également s’étendre à d’autres situations politiques, en l’occurrence celle préoccupante à l’Est de la RDC en rapport à la neutralisation des groupes armés et à la planification de différents politiques au regard de l’attitude de Nkunda. Des voix se sont élevées pour soutenir une « solution politique ». Thabo Mbeki qui dispose de 2.000 soldats dans les rangs de la Monuc est mieux placé pour des propositions pragmatiques et positives.
Evidemment, il ne saurait se taire devant le cas « Bemba » pour avoir parrainé le Dialogue inter-congolais, soutenu le processus électoral en RDC, les divergences politiques entre Joseph Kabila et Jean-Pierre
Bemba ne sont pas de nature à renforcer la réconciliation nationale et politique. Or, pour un pays qui s’est engagé dans le processus de reconstruction nationale, la réconciliation politique demeure incontestablement un atout majeur pour ne pas affaiblir le processus politique. L’Afrique du Sud ne tient surtout pas à avoir un partenaire, fut-il aussi un « géant », mais aux « pieds d’argile ». – Vous avez saisi-là la double mission de Thabo Mbeki à Kinshasa.
En fait, elle s’inscrit dans la logique soutenue par l’Union européenne et l’Union africaine afin de parvenir à une solution politique en RDC. On sait, à ce sujet, la démarche effectuée par Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire auprès du président Joseph Kabila et du sénateur Jean-Pierre Bemba pour que ce dernier rentre au pays, rassure.
Dans le même ordre d’idées, Jean-Pierre Bemba avait déclaré qu’il avait contacté plusieurs chefs d’Etat africains pour qu’ils intercèdent en sa faveur. Et parmi ces chefs d’Etat qui seraient en contact avec Jean-Pierre Bemba, des observateurs n’avaient pas exclu le président sud-africain qui porte encore le chapeau de « parrain » dans le conflit congolais. Il ne peut laisser échapper pareille opportunité pour peser de tout son poids en vue de parvenir à une réconciliation politique en RDC.
(Yes)Le Potentiel
Last edited: 21/08/2007 15:55:59