Le ministère de l’Environnement accuse la mairie de Boma d’avoir coordonné l’exploitation illégale de bois de la forêt du Mayumbe et la disparition de 500 mètres cube de bois entreposé au port de Boma.

Plus de 500 mètres cubes du bois exploités dans la forêt de Mayumbe viennent de traverser vers le Congo Brazzaville. L’information émane du ministre de l’Environnement, Eaux et Forêts, Didace Pembe. « Mais où est donc parti le bois scié en provenance de la forêt du Mayumbe et entreposé au port de Boma ? », s’est interrogé le ministre Didace Pembe. Le ministre de l’Environnement a accusé la maire de Boma, Victorine Masunda et ses proches d’avoir organisé et coordonné l’exploitation illégale de bois de la forêt du Mayumbe et la disparition de 500 mètres cube de bois de la forêt du Mayumbe entreposé au port maritime de Boma.
Dans un communiqué publié par le ministère, il est indiqué que le ministre de l’Environnement a interdit la coupe de bois dans la forêt du Mayumbe. L’on apprend aussi que lés autorités de la vile de Boma n’ont pas autorisé aux responsables du ministère de l’Environnement, Eaux et Forêts d’avoir accès au port de Boma pour procéder à la vérification de l’existence ou de la disparition de ces bois.
Du côté de la marine de Boma, l’on affirme que les émissaires du ministère de l’Environnement n’étaient munis d’aucun document attestant qu’ils étaient bel et bien en mission dans la province du Bas-Congo.
« Les représentants du ministère sont venus ici sans aucun document confirmant leur mission à Boma. Dans cette condition, comment pouvions-nous les autorisait à avoir accès aux installations du port maritime de Boma ? », a tempêté un responsable de la marine de Boma.
Il a poursuivi en disant que les 500 mètres cube de bois exploités dans la forêt de Mayumbe n’ont jamais traversé vers Congo Brazzaville. « Ces bois appartiennent à des opérateurs forestiers et ils se trouvent encore au port maritime de Boma », a-t-il assuré.
Située dans la province du Bas-Congo, vers l’embouchure du fleuve Congo dans l’océan Atlantique, la forêt du Mayumbe est le prolongement de la forêt équatoriale gabonaise. Elle est très prisée par des sociétés agroforesteries pour l’excellente qualité et la variété de ses bois.
Depuis plusieurs années, beaucoup de spécialistes se plaignent de l’exploitation abusive de la forêt du Mayumbe par des sociétés agroforesteries.
Dans un rapport publié au mois de juin 2007, et intitulé « Le pillage des forêts du Congo », Green Peace a relevé les pièges de l’exploitation illégale de la forêt de la RDC. Des pièges qui se manifestent par la disparition de plusieurs espèces animales et végétales rares dans cette forêt de Mayumbe qui se vide ainsi de ses autochtones par la seule volonté des agroforesteries.
L’organisation écologique a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle se mobilise afin d’arrêter cette dynamique de la déforestation qui prive la forêt congolaise de sa riche biodiversité.
Luc-Roger Mbala Bemba/L’Observateur
Last edited: 20/08/2007 16:37:59