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Le ministère du Portefeuille a entrepris de sensibiliser les syndicats et le patronat à l’acceptation de la réforme des entreprises publiques avec la cure à en avaler des mesures d’assainissement qui amèneront nécessairement à des restrictions et une rigueur pénalisant le personnel de ces entreprises. La décision de pro­céder à la restructuration des entreprises date de 2003. C’est ainsi que l’on a fait appel à Copirep (Comité de pilotage de la réforme des entreprises pu­bliques). Que s’est-il passé de­puis cette année? Le rapport final du séminaire n’apporte aucune réponse à cette interro­gation.

Bien plus, les constats et recommandations de ce sémi­naire mettent à nu les insuffisan­ces dans l’approche devant con­sacrer la réforme des entrepri­ses publiques. Ainsi, il a été cons­tate l’absence de fonctionnement des autres organes de Copirep, à savoir le Conseil technique et les groupes secto­riels du travail ; de la non implication des représentants de tra­vailleurs à la conception, à l’éla­boration et au suivi du proces­sus de la réforme: la non prise en compte de certains secteurs jugés prioritaires, notamment celui de l’agro-pastoral; l’ab­sence d’un chronogramme ou d’un calendrier du processus de la réforme ; le déficit de communication sur la nécessité des réformes, la non prise en compte de la dimension genre dans le processus de la réforme ; l’insuffisance de garantie dans la protection sociale du travailleur pendant et après les réformes.

C’est sur base de ces constats que des recommanda­tions ont été faites. Les éléments intéressants sont retenus aux points 3, 5 et 6 du chapitre IV de ce rapport. Le point 3 met un accent particulier sur la procé­dure à entreprendre pour réfor­mer chaque entreprise et évoquer le désengagement de l’Etat. Les points 5 et 6 insistent  « sur la mise en place d’un chronogramme sur le processus de  la reforme et de la mise en place d’un cadre de concertation  sur  la reforme incluant tous les acteurs et partenaires sociaux en vue d’améliorer la communication ».

La question est celle de savoir sur base de quels éléments les quatre projets de lois ont été adoptés par le gouvernement pour autant qu’il n’a existé aucun cadre de concertation et les ac­teurs et partenaires sociaux n’ont jamais été associés à l’élabora­tion de ces projets de lois qui se­ront incessamment envoyés au Parlement ? Notons que les projets de Loi portent « sur la transformation des entreprises publiques; au désengagement  de l’Etat : à l’organisation et gestion du portefeuille de l’Etat et les dispositions générales applicables aux établissements publics ». A examiner de près ces quatre projets de loi, il se dégage qu’au niveau du gouvernement, l’option aurait été déjà levée, pour  privatiser les entreprises publiques. Mais au ministère du Portefeuille, par subtilité certainement, on préfère le concept « désengagement de l’Etat ». Pourquoi entretenir un tel flou artistique ?

Désengagement des syndicats

Face à cette situation, les syndicats ont refusé de cautionner un « échec programmé » de la réforme des entreprises publi­ques. C’est ainsi que dans son communiqué remis à la presse datant du 14 août 2007, l’Inter-syndicale nationale du Congo a décidé « de se désengager de cette campagne de vulgarisation ». Aussi, parle-t-elle à la connaissance des travailleurs de la RDC ce qui suit : « …Elle réaffirme sa volonté de continuer  la concertation amorcé avec le gouvernement de la République à travers le Premier ministre. Concertations qui traitent des points brûlants du monde du travail dont la restructuration des entreprises publiques… ».

L’Intersyndicale affirme qu’elle n’a pas été associée à la conception, encore moins à la ré­daction de ces projets de lois.
Auparavant, les syndicats, par l’intermédiaire du coordina­teur de l’Institut des études puvrières internationales, IEOI, avaient dégagé les causes exogènes de la quasi-faillite des entre­prises publiques, notamment « l’interventionnisme de  l’Etat le clientélisme, le népotisme, la corruption, le détournement de deniers publics et l’impunité. Mais aussi les pillages des années1991 et 1993, le choc pétrolier des années 80, les guerres des années 1996 et 1998, sans oublier la rupture de la coopération internationale ».

Aussi, au regard de l’état de délabrement du Portefeuille de l’Etat, dans les avis et considéra­tions, il a été suggéré de tenir compte des domaines de souve­raineté, de sécurité et du social, avant de privatiser les entreprises publiques. Donc, pas de privati­sation sauvage.

Avec cette décision que viennent de prendre les syndicats, il est clair qu’il n’y a jamais eu de concertation. Il n’est donc pas exclu que l’on débouche sur une « privatisation  sauvage » qui aliénerait les domaines de souve­raineté, de sécurité et de protec­tion sociale. A quoi alors aura servi la réforme des entreprises publi­ques si ce n’est que pour aliéner les droits de l’Etat congolais et enrichir quelques opportunistes au service des riches étrangers ?

(Th)

Le Potentiel

Last edited: 18/08/2007 11:15:37

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