A Kikwit, dans la province de Bandundu, des agents sillonnent maternités et centres de santé, afin d’enregistrer sur place les nouveaux-nés. Le but de ce programme est d’encourager les parents à déclarer leurs enfants à l’Etat-civil, mais certains parents se plaignent du surcoût qu’elle entraîne pour eux.
A Kikwit dans la province du Bandundu, des agents sillonnent maternités et centres de santé, afin d’enregistrer sur place les nouveaux-nés. Le but de ce programme est d’encourager les parents à déclarer leurs enfants à l’état civil. L’opération commence à porter ses fruits, mais certains parents se plaignent du surcoût qu’elle entraîne pour eux.
Gos registres Noirs sous les bras, quittances, fiches et farde chemise en mains, une centaine d’agents enregistreurs parcourent, depuis le mois de mars, maternités et centres de santé de Kikwit, ville économique de la province agricole de Bandundu, située à 500 km à l’Est de Kinshasa. A l’affût de chaque naissance, ils proposent à toute femme qui vient d’accoucher d’enregistrer son bébé à l’état civil. « Nous prélevons les données relatives au nouveau-né et à 1’identité complète de ses parents que nous remettons au bureau de l’état civil des communes. Nous ramenons ensuiteaux parents l’acte de naissance signé par le bourgmestre... », explique Gertrude Kenesa, un des agents enregistreurs.
Dans cette région de la République démocratique du Congo (RDC), comme dans le reste du pays, les parents ont, en effet, longtemps perdu l’habitude de déclarer la naissance de leurs enfants à l’état civil. Pour résoudre ce problème à Kikwit, ville peuplée de plus de 600 .000 âmes, un programme, qui associe des Ongs et les quatre communes de l’agglomération; a été mis en place. Il implique une innovation de taille: c’est désormais le bureau de l’état civil qui va vers les parents et non plus l’inverse.
Dans la commune de Nzinda, la bourgmestre, Marthe Mikanda, avait pris les devants. « Je passais moi-même dans des centres de santé et des maternités déposer des formulaires d’ enregistrement de naissance. Mes agents me relayaient par la suie », affirme-t-elle. Le chef de division provinciale du ministère de l’Intérieur, Michel Kambamba, salue cette initiative des communes et estime qu’avec la politique de décentralisation prévue par la nouvelle Constitution du pays (promulguée en 2006), il faut en effet, « approcher l’administration des administrés.
Méthode efficace
Les résultats de cette nouvelle méthode d’enregistrement des naissances sont significatifs. Durant le premier semestre 2006, à peine 165 naissances avaient été déclarées dans les communes par leurs parents, contre 465 nouveaux-nés enregistrés dans les maternités rien que pour le premier trimestre 2007. « Ma joie est de les voir venir vers nous. Nous n’avons, en effet, pas le temps d’aller à la commune « fait observer Ange Mafuku, une femme qui vient d’accoucher. Président du Programme d’appui aux initiatives de développement humain, une Ong qui participe à cette opération, Godefroid Kimbolo se félicite de cette démarche. « A long terme, dit-il, ,nous voulons mettre sur pied une ban que de données pour l’Etat en matière de naissances et même de recensements de la population ».
Si les actes de naissance sont ainsi plus facilement délivrés par les services de l’état civil, cette nouvelle façon d’enregistrer les bébés à partir de l’hôpital comporte également quelques désagréments. Les frais pour obtenir un de ces actes sont fixes à 3 francs fiscaux, l’équivalant de 3 dollars américains et sont en directement ajoutés aux frais d’accouchement. Ce qui révolte certains parents, souvent incapables d’honorer la seule facture de la maternité. « Nous voulons que les communes nous donnent gratuitement ces actes de naissance... », plaide Tantinc Makasa, une mère rencontrée à la maternité Mawete, dans la commune de Nzinda.
Trop de frais ?
Dans certains centres de santé, des spécialistes souhaitent que les communes trouvent une autre méthode pour percevoir ces frais, car us redoutent une baisse de fréquentation des femmes qui désirent accoucher. « Notre crainte est de voir les mamans fuir nos maternités », s’inquiète José Kikumba, le médecin ,chef de zone de santé de Kikwit Nord.
Selon la loi, la déclaration est gratuite si die est faite dans le délai légal des 3O jours qui suivent la naissance. Les communes font pourtant payer ce qu’elles considèrent comme des frais « administratifs ».
« Les 3 dollars américains doivent être payés pour permettre à la commune de mener à bien ses activités », explique Anicet Lufungula, bourgmestre de Kazamba. Il rappelle que la déclaration de naissance est parmi les actes les plus importants de l’état civil, car il donne à l’enfant son identité complète et précise sa nationalité.
Pas évident de faire prendre conscience de cette réalité à des parents qui, pour la plupart, disposent de maigres revenus. « Que l’Etat amélioré nos conditions de vie pour que ces enfants, une fois enregistrés, puissent hier servir le pays ultérieurement », suggère Odon Munganga, un habitant de Malawi, un quartier de la ville de Kikwit.
(Milor)Syfia Grands Lacs/LP/Potentiel
Last edited: 13/08/2007 17:54:58