Le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a annoncé, dans une interview qu’il a accordée vendredi dernier aux journalistes de la ville de Kananga, que des enquêtes sont en cours en vue d’établir les responsabilités autant des autorités de la SNCC que des usagers de trains dans l’accident ferroviaire de Kakenge, au Kasaï Occidental, dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 août dernier, qui a occasionné la mort de 89 personnes et 102 blessés.

Le Chef de l’Etat a, à cette même occasion, indiqué que le ministre des transports avait déjà pris un certain nombre des mesures administratives à l’endroit de certaines autorités de la SNCC reconnues coupables dans cet accident, avant d’annoncer une profonde restructuration qui interviendra très d’ici la fin de l’année au sein de cette entreprise, en vue d’éviter, dans l’avenir, pareil catastrophe. « Il faut beaucoup de discipline pour que cela ne se reproduise plus », a insisté le Président de la République. Pour le Chef de l’Etat, la gestion de la SNCC pose problème. C’est pour cette raison que des dispositions sont en train d’être prises pour rendre la SNCC beaucoup plus efficace. Et, le moment venu, « on va privatiser la gestion de la SNCC, de la GECAMINES…», a-t-il révélé.
A une question, le Chef de l’Etat a répondu que le plus grand problème de Kananga, c’est l’eau et l’électricité. Aussi, a-t-il renchéri, en 2002, il avait promis à la population la construction du barrage de Katende II. Des contacts avaient été pris, à cet effet, avec une entreprise sud-africaine qui avait touché un financement la Présidence de la république de l’ordre de 5 millions de dollars. Malheureusement cette société n’a rien fait. « Elle nous a nous a escroqués». Une plainte a été déposé contre cette entreprise en Afrique du Sud et nous attendons, a dit le Chef de l’Etat.
Pour le moment, a poursuivi le Président de la République, nous avons un nouveau financement pour la construction de cette centrale hydroélectrique. Ces travaux, a encore dit le Chef de l’Etat, doivent débuter à la fin de cette année ou l’année prochaine, car on attend les études de faisabilité. Le délai de l’exécution des travaux se situe entre 18 et 30 mois, a-t-il fait savoir.
Pour le Chef de l’Etat, il n’y a pas que le barrage à construire, car faudra-t-il aussi transporter de l’électricité sur 80 Km pour atteindre la ville de Kananga et les environs. Il faut donc pour l’ensemble des travaux 30 millions de dollars pour les 18 mégawatts de la première phase du projet.
Il s’agit là, a insisté le Président de la République, du projet à moyen terme. Car à long terme il faudra procéder au soutirage au niveau de Tshimbulu en vue d’électrifier le Kasai Oriental et les futures provinces de Sankuru , Lodja etc. Mais avant tout cela, nous allons renforcer la capacité de la SNEL Kananga au moyen d’un groupe électrogène d’une très forte capacité en vue de fournir à la population de l’électricité pendant 12 heures par jour contre trois heures du moment. Une fois le problème de l’électricité résolu, celui de la fourniture d’eau potable par le REGIDESO trouvera également de solution.
S’agissant de l’hôpital général de Kananga, le Président Joseph Kabila s’est dit choqué par l’état de dégradation avancée de cette institution hospitalière et les conditions précaires dans lesquelles travaillent le personnel soignant.
D’ici 18 mois, a fait savoir le Chef de l’Etat, on va non seulement réhabiliter mais également équiper totalement cet hôpital. « Beaucoup de médecins que j’ai vus sur place sont à féliciter car ils travaillent dans des conditions très difficiles», a souligné le Président Joseph Kabila. Il a annoncé ,par la même occasion, qu’il a décidé la reconstruction du stade de football de Kananga, à l’instar de celui de Kisangani et, prochainement ceux de Kindu et d’autres provinces.
Répondant aux questions des directeurs provinciaux de l’ACP et de la RTNC Kananga, le Président de la République a reconnu que le problème lié à la vétuste de l’outil de travail de ces deux entreprises des médias d’Etat est le même partout en République démocratique du Congo, avant de rassurer qu’il y trouvera une solution définitive dans les tout prochains jours.
A une préoccupation d’un journaliste de Kananga, le Chef de l’Etat a répondu que la question relative à la suppression de la prime des enseignants et de la gratuité de l’enseignement en RDC est purement constitutionnelle.
L’objectif final, a-t- il poursuivi, c’est de parvenir à la gratuité au niveau du primaire et du secondaire car de petits pays le font déjà et pourquoi pas la RDC.
Réagissant à la question sur les érosions qui menacent la ville de Kananga, le Président de la République a souligné que la population doit savoir que quant on coupe les arbres en désordre cela a pour conséquence la naissance des érosions. D’où, a-til poursuivi, après avoir couper les arbres il faut absolument reboiser. Le Chef de l’Etat en a profité pour lancer un appel aux églises en vue de la sensibilisation des populations sur cette question. Il a toutefois ajouté qu’il existe un financement du gouvernement central de plus ou moins 2 millions de dollars en rapport avec la politique de reboisement.
En ce qui concerne le sauf-conduit exigé aux étrangers qui veulent visiter la province du Kasai occidental, le Président de la République a dit qu’il est d’avis pour l’abrogation pure et simple du décret pris à ce sujet par feu le Président Mobutu. Car a-t- il renchéri, nous avons besoin des investisseurs. Le Président de la République a ensuite fait savoir qu’il a été choqué de constater, après avoir survolé par hélicoptère la ville de Kananga, qu’il n’y a ni champs ni fermes.
Pour cela, a –t- il dit, il faut sensibiliser les notables du Kasai occidental qui vivent à Kinshasa afin qu’il reviennent travailler dans leur province. Pour le chef de l’Etat, c’est toute une culture et un travail pédagogique à faire sur cette question. Une fois de plus il a lancé un appel aux églises en vue de la sensibilisation de la population sur cette matière. « C’est le travail qui libère l’homme et non la politique», a-t- il enchainé, avant d’annoncer qu’il reviendra le plus souvent à Kananga pour pousser la population à se mettre au travail, a-t-il conclu.
J.L./L.K/PF/MMC