Dans sa plainte, il exprime son désarroi face à la persistance de Moulins art à ne pas décider une fois pour toute de mettre fin à la publication et à la commercialisation des bandes dessinées Tintin au Congo, des romans racistes et xénophobes.

Le parquet de Bruxelles vient de confirmer l’information reprise dans les colonnes du journal belge « De Morgen » selon laquelle, l’étudiant congolais en sciences politiques à Bruxelles, Bienvenu Mbutu Mondondo a porté plainte, depuis le 23 juillet dernier, une plainte contre le caractère « raciste » de l’album « Tintin au Congo ». A cet effet, le plaignant demande que cette bande dessinée d’Hergé soit retirée de la vente en raison de son caractère « raciste ». De notre source, nous apprenons que l’étudiant congolais en sciences politiques à Bruxelles, a porté plainte contre X ainsi que contre la société Moulins art, qui commercialise les albums de Tintin. Pour ce faire, un juge d’instruction a été désigné le 1er août. Il s’agit de Michel Chaise, qui débutera son enquête à son retour de vacances.
Il sied de rappeler que cette bande dessinée est la caricature de l’époque coloniale. Publié dans les années 30-31, à une époque où la Belgique colonisait le Congo Kinshasa, l’album d’Hergé représente l’Afrique d’une manière « naïve » qui reflète l’esprit paternaliste de l’époque, estime le site Internet de la société Moulins art.
Dans sa plainte, Bienvenu Mbutu Mondondo exprime son désarroi face à la persistance de Moulins art à ne pas décider une fois pour toute de mettre fin à la publication et à la commercialisation des bandes dessinées Tintin au Congo, des romans racistes et xénophobes.
Le plaignant considère que la bande dessinée est en infraction avec la loi belge de 1981 réprimant le racisme. L’étudiant estime notamment qu’il n’est pas admissible que Tintin puisse crier sur des villageois, contraints de construire une voie de chemin de fer. De même, il dénonce le fait que le chien Milou traite ces travailleurs forcés de « paresseux ».
Déjà, en juillet, la Commission britannique pour l’égalité raciale (CRE) avait estimé que l’album contient des images et des dialogues porteurs de préjugés racistes abominables, où les indigènes sauvages ressemblent à des singes et parlent comme des imbéciles. Cet avis avait poussé le groupe américain Borders à placer la bande dessinée dans la section adultes dans ses magasins des Etats-Unis et de Grande-Bretagne.
(Yes)Stéphane Salikoko/L’Avenir
Last edited: 10/08/2007 17:13:23