Arrivé mercredi dans l’avant-midi à Kakenge en provenance de la capitale, le pré­sident Joseph Kabila s’est immédiatement rendu sur le lieu de la tragédie où il s’est recueilli pendant quelques minutes avant de se diriger à l’hôpital de référence de cette localité.

Accompa­gné d’une forte délégation gouvernementale et de certains membres de son cabi­net, le chef de l’Etat a passé l’essentiel de son temps à réconforter et à consoler les rescapés de cet accident ferroviaire survenu dans la nuit de mercredi et jeudi de la semaine dernière et dont le bilan a dépassé le nom­bre des trois cents morts et des centaines des bles­sés graves dont certains se trouvent dans un état dé­sespéré, a rapporté un con­frère de la Radio Okapi.

Selon des témoins de ce drame, il reste encore des corps ensevelis dans les décombres des wagons des marchandises tombés dans la rivière Luemba malgré les efforts inlassables des éléments de la Croix Rouge locale. Ces derniers, dépourvus des matériels de travail adéquats et perfor­mants, se sont surpassés pour extraire de ces décom­bres de nombreux corps et sont même parvenus à sau­ver quelques passagers qui ont été recueillis à l’hôpital de référence de Kakenge où ils sont en train de su­bir des soins nécessaires. On rapporte qu’un hélicop­tère de la Monuc qui venait de déposer des vivres et des médicaments en a pro­fité pour ramener mercredi dans l’après-midi à Kananga 12 blessés dont l’état nécessi­tait des soins appropriés.

Cependant, il faut déplorer qu’une bonne par­tie des vivres et des médi­caments convoyés par le gouvernement n’étaient pas encore parvenus à Kakenge pendant que le chef de l’Etat s’y trouvait. D’autre part, on indique que la délégation conduite par le chef de l’Etat lui-même a été fort touchée par l’absence d’infrastructures au niveau de l’hôpital de référence de Kakenge où les blessés sont couchés soit sur des lits métalliques dépourvus des matelas soit sur des nattes en paille éta­lées par terre.

Le chef de l’Etat qui est retourné dans la soi­rée à Kananga compte y passer quelques jours au cours desquels il va se faire une idée sur les causes de cette tragédie humaine qui a endeuillé cette partie du territoire national pendant qu’à l’Est l’on compte cha­que jour qui passe d’autres morts inutiles. Son retour dans la capitale est prévu pour le début de la semaine prochaine, a-t-on appris des sources proches de la pré­sidence de la République.

Cette tragédie, on le sait, est survenu dans la nuit du mercredi à jeudi de la semaine dernière suite à la surcharge et au mauvais état des rails, ont indiqué les responsables de la so­ciété nationale des chemins de fer. Lesquels se sont empressés immédiatement de préciser qu’il n’y aura pas d’indemnisation du fait que ces passagers n’avaient pas payé leurs billets et qu’en­suite ce train convoyait des wagons des marchandises.

La responsabilité de cette tragédie incombe à la SNCC

Un acteur politique ressortissant de cette loca­lité approché par le Phare a indiqué que c’est l’excès de vitesse qui constitue la cau­se principale de cette tra­gédie. En outre, a-t-il pour­suivi, pour nouer les deux bouts du mois car totalisant plus de dix ans de non paie­ment de salaire, les agents de la SNCC ont pris l’ha­bitude de faire voyager des passagers à bord des trains réservés aux marchandi­ses. Une situation connue aussi bien des autorités po­litiques et administratives que des responsables de cette entreprise d’Etat, a-t-il souligné.

Tout compte fait, cette tragédie de Kaken­ge remet sur la sellette la question du renouvellement et de l’entretient des infras­tructures ferroviaires qui, comme on le sait, datent de l’époque coloniale. Il en est de même du recyclage des agents commis au transport sur le chemin de fer pour éviter l’excès de vitesse. Bien entendu, la société na­tionale des chemins de fer devra repenser sa politique salariale pour empêcher aux agents de se servir sur la tête des passagers et des clients.

En attendant, l’autorité suprême devra frapper fort, particulière­ment sur les responsables de la SNCC à tous les ni­veaux, notamment les chefs des différentes gares sur le tronçon allant de Kananga à Ilebo et surtout au sommet de cette entreprise d’Etat. Avant de songer à octroyer des indemnités financières conséquentes aux familles des victimes.

(Yes)

F.M./Le Phare