Enormes difficultés déplorées dans les opérations de secours aux victimes de la catastrophe ferroviaire où, par exemple, seule une grue devant provenir loin à 500 km redresserait les wagons renversés pour dégager les corps coincés dans la ferraille.

Soixante-dix-huit corps ont été inhumés vendredi à Kakenge, une gare d’où est parti le train qui a déraillé dans la nuit de mercredi à jeudi au Kasaï Occidental, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), selon des sources humanitaires. Les 78 corps ont été inhumés par les volontaires de la Croix-Rouge ainsi que par des membres des familles de victimes, selon un rapport présenté samedi à une délégation gouvernementale dépêchée sur le lieu du drame…
Selon le rapport des organismes humanitaires et de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), 78 corps ont été retirés de wagons et une trentaine de cadavres restent encore coincés sous huit des onze wagons renversés, a déclaré à l’AFP le ministre des Affaires humanitaires, Jean-Claude Muyambo.
« Il faut attendre une grue qui doit venir de la base de Kamina (Katanga) - à environ 500 km du lieu de la catastrophe - pour redresser les wagons renversés », a expliqué le ministre des Transports, Remy-Henri Kuseyo. Jeudi, le porte-parole du gouvernement congolais, Toussaint Tshilombo, également ministre de l’Information, avait fait état d’un bilan provisoire « d’au moins » cent morts et 120 blessés. L’accident s’est produit à Tshibahu, près de la gare de Kakenge, à environ 170 km de_Kananga, capitale du Kasaï occidental.
Pour la direction technique de la SNCC, la surcharge et l’état de délabrement du matériel ferroviaire sont les causes principales du déraillement de ce train de marchandises qui assurait la liaison Ilébo-Kananga, deux villes distantes de 300 km.
« Le train a déraillé dans une pente, lorsque la locomotive s’est détachée de wagons qui formaient le convoi, a expliqué un technicien de la SNCC sous le couvert d’anonymat. « Des enquêtes sont en cours pour déterminer les circonstances exactes de l’accident », a affirmé l’administrateur délégué général de la SNCC, Médard Ilunga. La délégation gouvernementale, conduite par le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Denis Kalume, a remis huit tonnes de médicaments et 20 tonnes de vivres aux centres médicaux qui ont accueilli les blessés.
« Nous avons pris des dispositions pour transférer tous les cas de blessés graves à Kananga pour des soins appropriés », a déclaré de son côté le ministre de la Santé, Victor Makwenge qui faisait partie de la délégation. Des humanitaires ont déploré le manque de sang, de matériel de transfusion, voire de plâtres pour venir en aide aux blessés…
Les victimes, parmi lesquels des militaires et des commerçants, étaient des passagers clandestins « qui ont l’habitude de prendre place à bord des wagons de marchandises à l’insu des agents » de sa société, avait expliqué M. Ilunga. De plus, les installations de la gare de Kakenge ne sont pas protégées, faute de clôture, a précisé le responsable du département de la police à la SNCC, Louis Kabamba.
Le chemin de fer est la seule voie de transport et d’évacuation des produits vivriers dans cette région. Un deuil de trois jours a été décrété par le gouvernement à partir de samedi sur l’ensemble du territoire congolais en mémoire des victimes.
Aide de la Belgique
La Belgique a décidé de mobiliser ses militaires se trouvant à Kananga, afin de prêter main forte aux équipes de secours et aux victimes de la Catastrophe, a annoncé vendredi le ministre belge de la Défense, André Flahaut. Une ambulance du Groupe d’observation militaire des Nations unies (UNIMOG) avec matériel et personnel médical de base partira de Kananga vers le lieu du drame, indique un communiqué du ministère belge de la Défense.
Bruxelles a également décidé d’acheminer sur place des rations de secours de manière à subvenir aux besoins des blessés restés sur place et de mettre, dans la mesure du possible, un avion C-130 « Hercules » belge qui se trouve à Kinshasa à sa disposition, en vue d’acheminer des équipes médicales et du matériel médical de Kinshasa vers Kananga.
La vétusté du réseau ferroviaire est à la base du déraillement, a indiqué l’administrateur délégué général de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), Médard Ilunga. La plupart des victimes étaient « des passagers clandestins qui ont l’habitude de prendre place à bord des wagons de marchandises à l’insu des agents » de la SNCC, a expliqué à l’AFP l’Adg de cette entreprise.
Selon la direction régionale de la SNCC/Kananga, le train assurait la liaison Ilebo-Kananga aux villes distantes de 300 km. La locomotive a déraillé pendant qu’elle s’engageait sur une pente près de la rivière Luembe. Il s’agit du deuxième accident au Kasaï Occidental en l’espace de trois semaines sur cette voie ferrée, vieille de plus de 70 ans.
(Th)Le Palmarès/Le Potentiel
Last edited: 06/08/2007 17:03:28