Feu Samba Kaputo s’était illustré à ses différentes fonctions par un travail exécuté avec méthode, même dans les délicates tâches notamment des négociations politiques autour des problèmes de hautes sensibilité ainsi qu’on le vit à l’œuvre au dialogue intercongolais comme en tant que Conseiller spécial du Chef de l’Etat.

Samba Kaputo s’est éteint au moment même où il venait d’être reconduit à ses fonctions de conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité. « C’est juste au moment où la nation avait encore grandement besoin de ses services qu’il a choisi de nous quitter », a sangloté un cadre de l’AMP. C’est vrai, Samba était l’un des piliers de la présidence de la République. Grâce à son expertise, il a été chaque fois au four et au moulin, à toutes les négociations, pour défendre le président Joseph Kabila. Il était l’homme de tous les coups.
Durant les cinq dernières années, Samba Kaputo aura été la plaque tournante de la famille présidentielle pour défendre les intérêts du chef. Au Dialogue intercongolais de Sun City en 2002, Samba s’était révélé un fin négociateur pour le compte de la composante Gouvernement. Des témoignages concordants rapportent que, c’est lui, qui avait joué un rôle non négligeable pour dégager le consensus en faveur du maintien de Joseph Kabila au pouvoir. C’est encore lui qui, avec les autres, il a réussi à maintenir Kabila dans son fauteuil présidentiel, à l’issue des élections de 2006.
Le professeur samba Kaputo avait notamment joué un rôle important dans la conclusion de « l’acte d’engagement » entre les deux candidats au second tour de l’élection présidentielle du 29 octobre dernier signé en septembre par des proches de Joseph Kabila et de son rival Jean-Pierre Bemba. Malgré que cet accord n’ait toutefois pas empêché des affrontements entre les FARDC et la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba en novembre 2006 et mars 2007 en plein centre de Kinshasa, les Congolais garderont de Samba l’image d’un modéré et d’un sapeur pompier là où le feu menaçait d’embraser la nation.
Un vide à combler
Le décès de Samba Kaputo est un coup dur pour le président Kabila et toute sa famille politique. Le vide créé par cette disparition mettra du temps à être comblé. Le PPRD n’a jamais réussi à faire oublier le vide laissé au Parlement par Kanga Bongo, l’un des grands débatteurs de l’hémicycle, décédé juste la veille du premier tour de l’élection présidentielle, pendant la campagne à Mbandaka, à l’Equateur.
Plusieurs fois gouverneur de province et ministre, Samba Kuputo avait déjà marqué la sphère politique depuis le Zaïre du Maréchal Mobutu. Mais après la chute de Mobutu, Samba a connu son heure de gloire, au moment de la guerre de 1998 à 2003, où il se fera remarquer par son sens de négociation. La soixantaine révolue, Samba Kaputo laisse une importante famille derrière lui.
La communauté katangaise s’est sentie, elle aussi, amputée d’un membre influent tant il était le rassembleur de toutes les tendances, quelle que fût la divergence ethnique ou politique. Il était « tolérant, même envers ses adversaires politiques ». Ce qui est sûr, c’est que, avec la disparition de Samba Kaputo, la famille politique du chef de l’Etat doit se réorganiser pour l’avenir.
(Th)RICH NGAPI/Le Potentiel
Last edited: 06/08/2007 17:07:31