Les funérailles de l’ancien Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité ont réuni au Palais du Peuple de Kinshasa toute la crème de la classe politique congolaise partie s’incliner devant la dépouille de l’illustre disparu en signe de derniers hommages au précieux collaborateur disparu du président de la République.

Décédé le mercredi 1er août 2007 en Afrique du Sud, le conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, Guillaume Samba Kaputo, sera conduit à sa dernière demeure ce lundi 6 août. La dépouille mortelle a été rapatriée le samedi 4 août à Kinshasa, sous la conduite du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe. Comme des acteurs d’une pièce de théâtre qu’est la vie, la personnalité qui vient de terminer son rôle se retire et nous tire la révérence. C’est le tour de l’honorable Guillaume Samba Kaputo.
De l’aéroport de N’djili où l’attendait une immense foule en pleurs, le cortège funèbre s’est ébranlé vers le centre-ville, sous la grande émotion des Kinoises et Kinois, toutes tendances confondues. Après un tour à son domicile de la Gombe - pour un dernier hommage de la famille biologique - le corps était exposé à l’esplanade du Palais du peuple durant trois jours. C’est là que lui ont rendus les hommages officiels. Jamais un deuil n’a réuni autant de foules à Kinshasa, depuis celui de Laurent-Désiré Kabila et, dernièrement, du Cardinal Frédéric Etsou.
La patrie reconnaissante !
Drapeau en berne, oraisons funèbres, cantiques religieux, le décès de Samba Kaputo a ému l’ensemble du territoire national. Coïncidence avec le deuil national de trois jours décrété par le gouvernement en mémoire des accidentés de Mweka au Kasaï occidental. Originaire du Katanga (sud-est de la RDC) et considéré comme un fidèle du chef de l’Etat, Samba Kaputo a mérité les hommages dignes d’un grand homme d’Etat. Il a été pleuré conformément à sa vie ; un modéré, un négociateur, épris du sens de l’humanisme.
Dans le parvis du Palais du peuple, ont défilé tous les officiels, de toutes les tendances politiques et religieuses ; membres du gouvernement, députés et sénateurs, autorités civiles et militaires, corps diplomatiques, corps académiques ainsi qu’une bonne frange de la population de Kinshasa et même de l’intérieur du pays. Tous, de noir vêtu, pour pleurer « M. Lentement ». Les gens se bousculaient auprès du protocole d’Etat pour donner des témoignages et déposer des gerbes de fleurs.
Le chef de l’Etat Joseph Kabila a fait le déplacement pour témoigner de la confiance qu’il accordait à l’illustre disparu. Il avait l’air grave et consterné. Comme souvent, en pareilles circonstances, les mots se taisent. Il avait été plusieurs fois gouverneur de province et ministre, avant de devenir, en 2002, directeur de cabinet adjoint du président Kabila. Le chef de l’Etat en avait ensuite fait son conseiller spécial en matière de sécurité, fonction qu’il avait conservée après son élection, malgré les menaces d’incompatibilité qui pesaient sur lui. Son influence auprès du président avait tellement pris de l’ampleur que Kabila ne l’avait jamais officiellement démis de ses fonctions de conseiller spécial bien qu’incompatible avec le mandat parlementaire.
Le directeur de cabinet, Raymond Tshibanda estime que Samba a accompli sa mission. En résumé, l’illustre disparu incarnait, entre autres qualités, « l’humilité, le patriotisme, la constance… ». Deux mots résumaient sa vie, selon l’abbé Koko, son ex-curé à Righini : l’amour de la patrie et l’amour de la personne humaine.
(Th)RICH NGAPI/Le Potentiel
Last edited: 06/08/2007 15:13:58