Report de la signature de paix ŕ Harare par les chefs militaires des pays impliqués dans la crise en Rdc
La paix en République démocratique du Congo est ŕ l'ordre du jour ŕ Harare. A l'occasion, bien entendu, de la réunion des chefs d'états-majors des armées belligérantes dont l'objet est de signer le plan de désengagement militaire approuvé dans la capitale mozambicaine le 27 novembre dernier lors du sommet des chefs d'Etat des pays impliqués dans le conflit congolais. Deux jours aprčs Maputo, c'était le tour des ministres des Affaires étrangčres, ŕ travers le Comité politique institué par l'Accord de Lusaka, d'approuver les sous-plans. Il ne restait donc que les chefs militaires pour poser les jalons de la paix. D'oů l'importance de la réunion prévue dans la capitale zimbabwéenne le mardi 5 décembre 2000.
Aux derničres nouvelles, c'est ce mercredi 6 décembre que les chefs militaires pourraient apposer leurs signatures au bas du protocole approuvé par les chefs d'Etat. La journée du mardi 5 décembre a été consacrée aux différents conciliabules entre les parties . D'autres informations ont fait savoir que l'arrivée tardive de la délégation rwandaise, celle-ci ayant foulé le sol zimbabwéen mardi dans la soirée, aurait été aussi ŕ la base du report de la réunion des épaules étoilées.
La rencontre d'Harare vaut son pesant d'or dans la mesure oů sa réussite implique le cessez-le-feu et, par conséquent, le déploiement des troupes de l'Onu. Celles-ci auront ŕ se déployer dans la zone large de 30 Km se développant sur toute la ligne de front; zone résultant du désengagement des forces belligérantes de 15 Km par rapport ŕ la ligne de front conformément ŕ l'accord additionnel signé ŕ Kampala le 7 avril 2000.
Toutefois, la reprise des combats sur le terrain ces derniers temps risque de constituer un obstacle ŕ la ratification par les militaires du plan adopté par les chefs d'Etat. Depuis quelques jours, l'Est du Katanga est en ébullition avec des bombardements sur Moba et Kalemie, sans parler des combats ŕ Pepa. Et comble de tout, la localité de Pweto vient de tomber sous le contrôle des rebelles du Rcd/Goma qui évoquent un cas de légitime défense pendant que Kinshasa dénonce une éničme violation de cessez-le-feu. Autre attitude qui peut s'ériger en obstacle sur la voie du retour ŕ la paix en République démocratique du Congo, c'est les préalables posés par le Rcd/Goma. D'aprčs Kin Kiey Mulumba, porte-parole de ce mouvement, ils ne signeront le protocole de la capitale zimbabwéenne que si les garanties leur sont données sur le désarmement des forces négatives, la tenue du Dialogue intercongolais et le déploiement des forces de l'Onu concomitant au désengagement militaire. Les Nations Unies, ŕ travers le général Mountaga Diallo, commandant des troupes de la Monuc, sont présentes ŕ Harare. Déjŕ, l'ambassadeur Kamel Morjane, chef de la Monuc, participant au dernier sommet de Maputo, a rencontré Kofi Annan ŕ Genčve et lui a fait part des délibérations. Le secrétaire général des Nations Unies rassemble, en effet, des éléments pour élaborer son rapport ŕ présenter au Conseil de sécurité avant le 15 décembre prochain, date de la fin du mandat provisoire de la Monuc.