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Bonjour | 04/07/2009 12:57 | English Make DC Home page | RSS feed

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La persistance de l’insécurité à l’Est de la Rdc et dans toute la région des Grands Lacs inquiète les nouveaux dirigeants de l’Onu qui arrivent enfin à déduire que la démocratisation du Rwanda devient une condition du retour de la paix dans toute la région. Après avoir constaté l’impasse de la situation sécuritaire dans les Grands Lacs, l’Union européenne et le SG de l’Onu, Ban Ki-Moon, ont décidé de regrouper les pays de cette région autour d’une même table pour trouver une solution durable à leur conflit commun. La France y a adhéré et la République démocratique du Congo embrasse cette initiative, trop heureuse de voir la communauté internationale jouer enfin son rôle de garante de la sécurité collective de l’humanité à fond.

Ce changement d’attitude de l’Onu sous l’égide du nouveau secrétaire général Ban Ki-Moon fait suite à une politique de neutralité plus ou moins « hypocrite » observée depuis plus de dix ans par la même institution ; dans le Palais de verre de Manhattan on comprend maintenant que la paix et le développement dans la région des Grands Lacs passent par la démocratisation du Rwanda, et non par une harmonisation de la situa­tion interne en RDC.

Selon les observateurs, cette initiative n’est pas à lais­ser échapper au risque de voir l’Est africain sombrer dans un cycle de violence sans fin.

La Rd-Congo n’est pas en paix. Cette situation dure depuis dix ans, pratique­ment au moment de la chute de Mobutu Sese Seko.

Tout est parti de la crise rwandaise des années 90 qui a culminé avec la chute du ré­gime Habyarimana et l’afflux des milliers de réfugiés rwan­dais à l’Est de la RDC. Depuis lors, l’engrenage s’est installé dans ce pays au point que l’on s’y perd en conjectures pour maintenant essayer de démêler l’écheveau de cette crise politico-militaire qui a élu domi­cile dans les Grands Lacs. Plusieurs pistes de solution ont été explorées pour éteindre l’incen­die qui fait rage sur le territoire congolais devenu le champ d’expérimentation des théories des chefs de guerre et des po­litiques de déstabilisation des pays limitrophes, jusque-là sans succès.

La dernière ten­tative désespérée des autorités congolaises en proie à diverses critiques sur leur incapacité à sortir leur pays du bourbier, a été de vouloir réunir tous les re­présentants des communautés locales des provinces du nord et du sud-Kivu pour un dialo­gue autour d’une table ronde. Cette suggestion fut diversement accueillie par les intéres­sés qui lui ont réservé une fin de non-recevoirs. On crut com­prendre le motif de cette frayeur populaire ; il était à rechercher dans l’incompréhension de la population autochtone des Kivu et non dans une quelconque méfiance à l’endroit du gouver­nement.

En clair les gens des provinces du Grand Kivu esti­ment qu’ils n’ont jamais vécu en mésintelligence, et que par con­séquent il n’y avait pas intérêt à les réunir pour débattre de la situation de l’insécurité dans leur entité. Pour eux comme pour de nombreux observateurs du conflit des Grands Lacs, ce conflit est un conflit importé venu se dérouler sur les terres de la RD Congo. Cette affirmation est en passe de devenir aujourd’hui une évidence univer­selle, car même la commu­nauté internationale est en train de changer d’avis au sujet de ce qu’il faut faire pour trouver une issue à la guerre interminable dont le théâtre des opé­rations se trouve à l’Est de la RD Congo.

Les Nations Unies favorables à une conférence internationale des pays parties au conflit des Grands Lacs

Le Secrétaire général de l’Onu, M. Ban Ki-Moon a pris récemment une décision histo­rique de regrouper les pays des Grands Lads autour d’une même table afin de trouver une solution définitive à la question de sécurité à l’Est de la Répu­blique démocratique du Congo. Aussitôt la France a applaudi cette décision à laquelle s’est associée l’Union européenne.

L’ambassadeur de France en RDC, Bernard Pré­vost, qui a échangé mercredi sur cette situation avec le ministre d’Etat congolais chargé des Af­faires étrangères et de la Coo­pération internationale, Anthipas Mbusa Nyamwisi, a souligné à la presse, la nécessité et l’op­portunité de telles assises pour une approche diplomatique de­vant aboutir à la paix. Ce sou­tien de Paris à l’initiative onu­sienne n’est pas une première. La France a toujours œuvré pour une stabilisation de la RDC. En 2006, elle avait pris la tête de l’opération « Artémis » en Province Orientale et depuis, ce pays ne cesse d’être à l’écoute des soubresauts post-conflit de la RDC.

L’initiative est également bien accueillie par le gouvernement congolais comme une bouée de sauvetage au milieu de l’impasse de la si­tuation. Il faut dire que l’insécu­rité à l’Est de la RDC et vérita­blement un casse-tête qui a épuisé toutes les ressources énergétiques des pouvoirs pu­blics. Chaque fois que poussés par la frustration, les dirigeants de la RDC ont tenté de s’engager dans une campagne mili­taire pour en finir avec les grou­pes armés et les forces négati­ves qui sévissent aux Kivu mal­gré des moyens militaires mo­destes, ils ont été empêchés par la communauté internationale, au motif que ce n’était pas la bonne solution. Pendant ce temps, la population congolaise était régulièrement prise pour cible par les enfants terribles des Fdlr, Maï Maï et autres grou­pes sanguinaires de l’Ituri. Cer­tains d’entre les dirigeants de la RD Congo en sont venus à mettre en doute le rôle ô com­bien flatteur  des « soldats de la paix » attribué aux forces de la Monuc, trop souvent accu­sées de trafic d’armes et d’autres crimes sexuels incompatibles avec leur mission.

C’est sûrement en partie à cause des accusations de partialité portées contre ces forces au Congo démocratique que le nouveau secrétaire général de l’Onu, le sud-coréen Ban Ki-Moon entreprend aujourd’hui de jouer sa partie de poker à fond pour exorciser le démon de la division et des pillages des res­sources de la RDC qui mine les esprits de certains hauts fonc­tionnaires de l’Onu. C’est un acte de courage politique et de bravoure quasi militaire qui est à porter au crédit du SG des Nations Unies qui ne navigue pas sur les sentiers battus de ses prédécesseurs.

(Yes)

L’Avenir

Last edited: 28/07/2007 15:31:40

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