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Bonjour | 06/07/2008 2:31 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le programme de réforme des entreprises publiques participe à la réalisation des objectifs de développement que s’est assigné le gouvernement et dans ce cadre l’implication également des syndicats par le dialogue social s’avère nécessaire. Le redressement de l’économie nationale exige des options courageuses à lever pour rendre ce secteur vital performant. A l’état actuel de choses, au regard des contre-performances enregistrées par les entre­prises publiques, la réforme envisagée demeure une initiative à encourager, car porteuse d’espoir. Mais cette réforme ne  se réalise à la sauvette, au gré de certaines humeurs ou calculs mercantilistes qui aliéneraient les intérêts supérieurs de l’Etat.

Toute réforme doit définir clairement ses objec­tifs et obéir aux principes directeurs de toute action positive Privatisation ? Offre publique d’achat, Opa ? La transparence doit être de rigueur.

Au-delà du test de recrutement de nouveaux mandataires publics dans les entreprises d’Etat, il y a au bout du tunnel la réforme des sociétés du Portefeuille de Etat. Au niveau du gouvernement, une série de projets de lois a été ap­prêtée. Le premier porte sur la transformation des entreprises publiques. Le second est relatif au désengagement de 1’Etat et enfin le troisième a trait à la ré­forme du Conseil supérieur du Portefeuille.

Evidemment, c’est le pre­mier projet de loi qui est intéres­sant pour autant qu’une fois adoptée, modifiera profondément le statut juridique de plusieurs entreprises publiques. Ce projet stipule que les entreprises publi­ques seront « soit transfor­mées en sociétés commerciales dans lesquelles l’Etat pourra être l’actionnaire unique par dérogation aux principes con­tenus dans le Décret du 27 fé­vrier 1887 sur les sociétés commerciales; soit transformées en établissements publics dans le but de régler la problémati­que du statut juridique de tou­tes les entreprises dites publi­ques, mais dont les activités sont en réalité le prolongement de l’Administration publique et n’ont pas de vocation lucra­tive , soit cédées à titre onéreux totalement ou partiellement, soit tout simplement dissoutes et liquidées dans la mesure où elles sont en faillite de fait, ou que leur activité économique ne se justifie plus... ». Tel est l’extrait essentiel de ce projet de loi.

Privatisation et Opa

Effectivement, la première question qui vient à l’esprit est celle de savoir si le gouvernement a déjà déclenché le processus de privatisation des entreprises pu­bliques. Apparemment, la ré­ponse serait affirmative, car le désengagement de l’Etat de ses entreprises du secteur marchand  n’est rien d’autre que la privatisation de ces entrepri­ses publiques.

Mais ce « désengage­ment » a-t-il été minutieusement étudié ? Certes, cette tâche d’évaluation des sociétés d’Etat a été confiée au Copirep qui a abouti à un certain nombre de conclusions. Notamment, celle portant transformation des entre­prises publiques. Restructuration en d’autres termes. Mais sans pour autant mettre en doute la qualité du Copirep et son exper­tise, le fait d’avoir tenu à l’écart plusieurs partenaires sociaux dans ce travail de restructuration risque de conduire à une « pri­vatisation sauvage ». Ce qui se traduirait certainement par une suppression à grande échelle des emplois, aggravant ainsi le chô­mage.

L’on craint également que dans cette tentative de privatisa­tion des entreprises publiques, l’on débouche sur les Offres pu­bliques d’achat, OPA. Une éven­tualité que ce projet de loi n’écarte pas parce qu’il est en­visagé de céder à titre onéreux totalement ou partiellement ; soit tout simplement de les dissoudre et liquider dans la mesure où el­les sont en faillite de fait, ou que leur activité économique ne se justifie plus.

C’est ici que les choses  risquent de basculer dans le fa­voritisme, le clientélisme, jusqu’à  aliénation des intérêts de l’Etat. La crainte consisterait à voir l’économie nationale être contrô­lée par un «  groupe de personnes » qui finira, au gré de ses intérêts, de dicter sa volonté au gouvernement. Cette réalité conduit indubitablement à un libéra­lisme « liberticide » avec des effets d’entraînement négatifs sur le processus politique en République démocratique du Congo.

Zaïrianisation, Gecamines et Sizarail:échecs

Pour éviter de tomber dans les erreurs du passé, il est important de se reporter sur le grand échec de la Zaïrianisation, l’atomisation de la Gecamines et la déconfiture de la Sizarail. Dans le premier cas, une ré­forme précipitée et non mûre­ment réfléchie mais adoptée sous les effets d’une hystérie politique a sonné l’hallali de l’économie congolaise.

L’atomisation ensuite de la GCM s’inscrit dans la même lo­gique, soutenue par une obses­sion de quelques égoïstes déter­minés à s’enrichir sans mesure, en si peu de temps. La décision a ainsi ouvert la porte à toutes sortes de vautours qui ont dépiécé la GCM et porter l’esto­cade contre l’économie Congo­laise. Quant à Sizarail enfin, les faits parlent d’eux-mêmes.

Le chemin de fer a été démonté dans la mesure où Sizarail, qui avait hérité de la SNCC compo­sée de l’Office des chemins de fer du sud, OCS: la Société des chemins de fer de l’Est, SFE; l’Office des chemins de fer de l’Uélé, CFU, a été cédée à des opportunistes et des mains inex­pertes. Pire, ces nouveaux inves­tisseurs n’ont apporté aucun ca­pital. Ils se sont enrichis en utili­sant les infrastructures ainsi que les ressources congolaises. Un vrai scandale digne de la maffia.

Au regard de ce qui se trame maintenant dans les cieux congolais, les « artistes de la prédation » s’organisent pour rééditer leur funeste exploit. Sur­tout qu’évoluant dans les méan­dres du pouvoir, ils ont plusieurs tours dans leurs manches, si pas de longs bras pour satisfaire leurs ambitions personnelles.

Les syndicats interpellés

Dans cet exercice de re­construction nationale, la réussite repose sur la transparence et la bonne gouvernance. Il n’est donc pas trop tard que les Syndicats revendiquent à haute voix leur droit de partenariat.

Face à des réformes aussi importantes, il est criminel d’écarter certains partenaires sociaux, à l’exemple des syndi­cats. Tout le travail du Copirep se réalise à leur insu. A l’image de l’élaboration du projet de bud­get 2007. Il en sera certainement de même pour l’exercice 2008 quand on sait que ce document doit être déposé quasiment dans 45jours a l’Assemblée nationale.

Démarche solitaire. C’est le cas de le dire de cette réforme des entreprises publiques dès lors que les compétences nationales n’ont jamais été sollicitées ou consultées, c’est selon. Allusion faite ici à ces chambres de commerce qui sont de vérita­bles noyaux des compétences économiques que l’on ignore su­perbement. Et pourtant, dans le cadre des relations bilatérales qu’elles entretiennent, ces cham­bres de commerce constituent des pépinières inépuisables, des banques de données incontour­nables susceptibles de soutenir des réformes d’Etat. Hélas! El­les sont ignorées.

Au demeurant, il n’est pas encore trop tard pour le gouver­nement d’éviter des  privatisations sauvages et des OPA assassines qui permettront que l’économie congolaise soit con­trôlée par des étrangers. Ce qui placerait le processus politique en mal en cours, avec tous les dérapages significatifs qui en dé­couleront. Les 5 chantiers de chef de l’Etat ne seront que des mirages. Puisque s’appuyant sur une économie fragile.

(Th)


Le Potentiel


Last edited: 27/07/2007 17:28:29

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