Aux termes de la résolu­tion 1596, nous sommes exemptés de l’embargo. L’embargo existait, mais il s’adres­sait aux groupes armés à l’Est du pays », explique l’Exécutif congolais.

C’est un avis que ne par­tage pas l’UE qui continue, au nom de la même résolution, de bloquer les armes que la RDC avait achetées, il y a quatre ans, en République tchèque.

Pour une saine compré­hension des choses, il est utile de rappeler les termes de la ré­solution 1596, adoptée le 18 avril 2005 à New York, aux Etats-Unis d’Amérique.

Le Conseil de sécurité y décide « d’étendre l’embargo sur les armes, imposé en Ituri, dans le Nord et le Sud-Kivu par sa résolution 1493 de juillet 2003, à tout destinataire dans le pays », ainsi que l’in­terdiction de voyage et un gel des avoirs financiers de ceux qui vio­lent l’embargo.

La résolution 1596 précise qu’ « au titre des exceptions à l’embargo, le Conseil de sécurité a décidé aujourd’hui (18 avril 2005, ndlr) que les me­sures prises ne s’appliqueront pas aux fournitures d’armes et de matériel connexe, ou de formation et d’assistance des­tinées aux seuls soutien et usage des unités de l’armée et de la police de la RDC ».

Pour que cette dérogation s’applique, « il faut toutefois que ces unités remplissent certaines conditions, comme celle d’avoir achevé le processus de leur intégration ou être en cours d’intégration sur certains territoires du pays », souligne t-elle.

A ce jour, les FARDC ont en leur sein 15 brigades intégrées, 2 brigades en fin de brassage et de recyclage, un bataillon com­mando et un bataillon de la Garde républicaine.

« La dérogation con­cerne aussi les fournitures d’armes et de matériel connexe ainsi que la formation techni­que ou l’assistance exclusive­ment destinées au soutien ou à l’usage de la Mission de l’Or­ganisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (Monuc). Il en est de même pour les fournitures de matériel militaire non létal des­tiné exclusivement à un usage humanitaire ou de protection, ainsi que l’assistance technique et la formation connexes », indique cette résolution onu­sienne.

Les forces négatives invitées à déposer les armes

Le Conseil de sécurité des Nations unies, vivement préoc­cupé par la détérioration continue de la situation sécuritaire dans le Nord et le Sud-Kivu, a invité lundi les forces négatives à dé­poser les armes.

Il s’inquiète tout parti­culièrement des graves conséquences humanitaires des ac­tions violentes des groupes armés étrangers, notamment les Forces démocratiques de libé­ration du Rwanda (FDLR), et des activités militaires des bri­gades mixées », indique une dé­claration lue le 23 juillet 2007 par son président pour le mois de juillet, l’ambassadeur de la Chine.

Le Conseil de sécurité ap­pelle les brigades mixées et leurs commandants à « intégrer les FARDC » et à « cesser leurs activités de recrutement d’en­fants, en particulier par les for­ces fidèles à Laurent Nkunda ».

Il exige de nouveau que les groupes armés étrangers et con­golais, présents dans l’Est, « dé­posent les armes et s’engagent volontairement et sans pré-conditions dans la démobilisation, le rapatriement, la réinstallation et la réintégra­tion, selon qu’il convient ».

Il encourage, par ailleurs, « fortement » le gouvernement à mener à bien la réforme du sec­teur de la sécurité à l’échelle na­tionale à titre de priorité, « en poursuivant ses efforts pour consolider la réforme de la police et intégrer les forces ar­mées ».

(Yes)

Angelo Mobateli/Le Potentiel