La politique envisagée par le ministère de l’agriculture est de mettre en valeur le plus possible d’espace inexploité au service de l’agriculture et stimuler les services financiers à investir dans le domaine, afin de rentabiliser le secteur et gonfler les recettes de l’Etat.

Le premier gouvernement de la troisième République a désormais un programme dans le secteur agricole qu’il a dénommé « Programme commun du gouvernement dans le secteur agricole ». L’objectif est celui d’un développement agricole durable qui sauvegarde le patrimoine productif et qui constitue le socle de relance de l’économie nationale. La valeur ajoutée ainsi créée permettra à la population d’assurer ses besoins sociaux de base, tels les soins médicaux, l’éducation des enfants, l’eau et l’énergie, l’habitat... les grands chantiers du président de la République. Au stade actuel, on estime que moins de 10% des terres agricoles de la RDC sont mises valeur. Selon le ministère de l’agriculture, dans son mensuel « Le Congo profond » de juin 2007, la réalisation du potentiel agricole de la RDC se heurte à cinq obstacles sérieux à savoir la grande détérioration et le caractère non fonctionnel du système de transport ; une technologie de production encore rudimentaire ; faiblesse des capacités institutionnelles ; les règlements et les politiques budgétaires non propices à des activités économiques productives, avec une multitude d’impôts à tous les niveaux ; la décapitalisation de tous les acteurs du secteur agricole.
Dans cette perspective, la vision du gouvernement s’appuie sur le fait qu’il est démontré qu’une augmentation de 10 % de la production agricole peut se traduire par une diminution de plus de 7% du nombre des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. La lutte contre la pauvreté passe nécessairement par la relance du secteur agricole, auquel on reconnaît une capacité de création d’emplois que l’on ne retrouve pas dans les autres secteurs. Le programme commun du gouvernement vise donc à remédier aux principaux problèmes, redresser l’encadrement institutionnel, stimuler le secteur privé avec notamment une fiscalité adaptée, un régime foncier transparent. Le gouvernement souhaite aussi stimuler des services financiers et de crédit, réhabiliter le réseau de transport, renforcer l’encadrement des agriculteurs dans les différentes filières.
Ainsi, le gouvernement ambitionne de consentir 10 % de son budget au secteur agricole compte tenu de l’importance qu’il représente pour la population. Et ce, conformément aux engagements de la RDC (Déclaration de Maputo de 2003). L’application rigoureuse de ce programme commun, va rassurer la population, l’encourager à se mettre au travail, provoquer une amélioration de la productivité. L’application rigoureuse de ce programme commun, va rassurer la population, l’encourager à se mettre au travail, provoquer une amélioration de la productivité, selon les experts du ministère de l’Agriculture. Cependant, il devra se faire en partenariat étroit avec les bailleurs de fonds, dans un contexte de responsabilité mutuelle tel que défini dans la Déclaration de Paris, croit-on au ministère de l’Agriculture.
Signalons que l’insécurité alimentaire et la sous-alimentation affectent plus de 70 % des Congolais. Cette situation s’avère préoccupante au regard des « Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) » parmi lesquels figure la réduction de moitié, à l’horizon 2015, du nombre de sous-alimentés et de celui des plus pauvres en général. Pourtant, la RDC est un pays à vocation agricole près de 70 % de sa population vit en milieu rural et dépend de l’activité agricole. Le potentiel de ce secteur, le prédispose à jouer un rôle important dans le développement socioéconomique du pays.
Le potentiel agricole de la RDC correspond à 80 millions d’hectares de terres arables avec un bon potentiel de fertilité en général ; 4 millions d’hectares de terres irrigables ; une diversité climatique et un réseau hydrographique important permettant de pratiquer une gamme variée de cultures ; un potentiel de pâturages pour l’élevage d’environ 40 millions de bovins ; 125 millions hectares de forêts tropicales.
Amedée Mwarabu KIBOKO/Le Potentiel
Last edited: 24/07/2007 18:36:23