Les pilleurs de ressources de la République Démocratique du Congo sont aussi à compter dans l’industrie culturelle congolaise. L’artiste congolais, soucieux de la promotion de son oeuvre, se laisse exploiter par les commer­çants. Leurs oeuvres entrecou­pées de spots publicitaires, ne rapportent pas grand chose à l’épa­nouissement de leurs entreprises culturelles. L’intense activité théâ­trale à la télévision ne répond pas au respect de la conception artis­tique. « On ne crée pas de pièce chaque semaine, l’artiste a droit au repos. Il doit se ressourcer, c’est l’art… », a soutenu un artiste. En outre, l’inexistence d’une poli­tique culturelle adéquate en Ré­publique Démocratique du Congo ramène les notions de droits d’auteur et voisins au second plan.

Le niveau d’instruction de certains artistes comédiens, a fait que ceux-ci n’ont pas un regard criti­que sur leurs exploitants, igno­rance totale de la culture du texte. Certains artistes du théâtre popu­laire ont conçu des oeuvres de qualité, ignorant, leur valeur mar­chande, ils ont vu leurs oeuvres piratées…

Dans une société habituée à la gratuité, il est difficile de voir les artistes émerger dans la vie sociale. Il doit se clochardiser pour réaliser une pièce théâtrale. En dehors de frais adminis­tratifs, il doit louer des sites, des véhicules, assurer des séances de répétition, de tournage.

Tous ces besoins d’énorme financement qui peuvent s’estimer à 2.500 $ US pour une télé drama­tique de qualité made in R D Congo, a témoigné un artiste qui se contente des moyens de bord pour ses oeuvres. Sur un autre marché du droit d’auteur, il est noté la violation flagrante des oeuvres d’esprit exploitées par les tenanciers de ces chaînes. Avec légèreté, il entrave les notions de droits d’auteur et voisins en exploi­tant des oeuvres destinées à la consommation privée.

Toutefois, face cette culture de l’informel, nous sentons un ef­fort de la part des artistes comé­diens des compagnies de théâtre classique. L’écurie Maloba et la Com­pagnie Tam-tam, par exemple, conscients de la valeur marchande de leurs oeuvres au-delà des fron­tières nationales, ils interdisent des chaînes de télévision de diffu­ser leurs spectacles, gratuite­ment.

Quant aux artistes musi­ciens et comédiens de troupes de théâtre populaire, ils s’illustrent dans cet atavisme légendaire, joué pour le plaisir, pour être connu du public et se contenter de gagner petit au profit des sponsors.


St Hervé M’Buy/Uhuru