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Bonjour | 21/08/2008 22:16 | English Make DC Home page | RSS feed

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Décès dimanche 22 juillet dernier à Bruxelles en Belgique du vice-président de l’Assemblée provinciale, M. Kisombe Kiaku Muisi, un homme d’affaires de première heure en RDC converti en politique depuis la deuxième République. Il a tiré sa révérence en plein exercice de ses dernières fonctions de vice-président de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo. Lui, c’est bel et bien l’honorable Kisombe Kiaku Muisi né Augustin. « Kis », comme certains l’appelaient affectueusement, fait partie de la catégorie des « self made man » en réussissant d’ailleurs là où beaucoup ont échoué.

Après avoir atteint son apogée en tant qu’homme d’affai­res, il avait surpris plus d’un compatriote par sa conversion à la politique jusqu’à occuper d’importants postes de responsabilité en RDC. Lorsqu’il quittait la collec­tivité de Gombe-Matadi dans le territoire de Mbanza-­Ngungu au Bas-Congo pour s’installer à Kinshasa vers 1949 en quête d’emploi, après sa formation à l’école professionnelle de Gombe­-Matadi, personne ne pensait à cette époque que, de la section de fer à l’école pro­fessionnelle, Augustin Kisombe Kiaku Muisi réalise­rait un grand parcours tant professionnel que politique. Arrivé dans la capitale con­golaise, M. Kisombe débutera son expérience par la société Chamétal à la Gombe, qui se situait à l’époque entre l’Aca­démie de Beaux Arts et le Ly­cée Molière, en menuiserie métallique.

Une conversion en homme d’affaires réussie grâce à un coup de chance

Très vite, l’homme de Gombe-Matadi se convertira en homme d’affaires à tra­vers l’importation des maté­riels tels que la houe, la pelle et, pourquoi pas, dans la quincaillerie. Cette expé­rience lui vaudra défigurer parmi les premiers Congolais à être invités en Chine. Il fai­sait partie de la même délégation que Moleka père, Victor Nendaka Bika. En fait, en ces temps-là, la chine voulait aider le Congo dans la construction du Palais du peuple sans avoir à débourser sa monnaie. Des hommes d’affaires étaient ainsi invités en Chine pour s’approvision­ner, d’ailleurs à crédit, en marchandises auprès d’une Société chinoise de cons­truction, d’une quincaillerie ou d’une alimentation. Après la vente des marchandises à Kinshasa la contrepartie était payée à l’Etat congolais en monnaie locale. » Il s’agis­sait de contrats fabuleux », confie un témoignage. Grâce à l’argent récolté, Augustin Kisombe créera deux entreprises: l’Usine zaïroise des meubles (UZAM) à Kingabwa/Limete et une usine métallique dénommée Amasco.

Ces deux unités de production faisaient face à une avalanche de marchés au point de conduire à une prospérité sans faille. En­suite, Kisombe Kiaku Muisi s’est retrouvé dans l’élevage avant d’ouvrir, de Kasangulu à Boma, de grands magasins à chaque centre dénommés « Sodisa ». C’était vraiment l’apogée pour un homme d’affaires qui se retrouvait aussi bien dans l’importation que dans l’exportation.

Des affaires à la politique, le pas est vite franchi

Après son succès dans les affaires, Kisombe Kiaku Muisi a fait une incursion re­marquable en politique dont il fera, grâce à cette réussite, son terrain de prédilection. Au terme du scrutin déclen­ché pour élire les membres du bureau politique du MPR à l’époque, Augustin Kisombe larguera une véritable cam­pagne à l’américaine en met­tant même à contribution les deux grandes stars de la musique zaïroise: Papa Wemba pour les jeunes et Luambo Makiadi pour les « vieux ».

Il remportera haut la main cette échéance pour se retrouver, ensuite, au Comité central du MPR. S’agissant des fonctions exercées sous la deuxième République, il sied de relever que M. Kisombe fut le Gou­verneur de la ville de Kins­hasa. Il était un homme de terrain qui tenait toujours à se rapprocher de ses administrés. A son époque toutes les voitures taxi étaient peintes en jaune en vue de les distinguer des autres véhicules comme aux Etats Unies  d’Amérique.

Dès le début de la transition mobutienne dé­butée en avril 1990, Kisombe Kiaku Muisi s’est retrouvé aux premières loges, avant de prendre la direction, près de sept ans durant, de la grande fédération du MPR/Kinshasa en une période où les partis d’opposition. l’UDPS en tête, diabolisaient Mobutu et son MPR à lon­gueur de journées. Il réus­sira, avec brio, ce difficile pari au point d’organiser des meetings d’un parti vomi et combattu dans la capitale.

Un exploit en matière sportive en RDC

Emerveillé par cet exploit, le maréchal Mobutu le sur­nommera « Etats-Unis », c’est-à-dire un champion tou­tes catégories en matière de mobilisation. En guise de re­connaissance, Mobutu le nommera, par son parti inter­posé, ministre des Sports au sein du Gouvernement Kengo. Une fois à ce poste, Kisombe Kiaku Muisi réali­sera un exploit en faisant adopter au Gouvernement, une répartition des recettes dans les stades accordant 65% aux joueurs ayant dis­puté la rencontre sportive, ce qui permettait aux joueurs de s’en tirer avec des primes à la fin de chaque rencontre sportive.

Un autre « exploit » à si­gnaler, c’est la fameuse re­cette de Kisombe pour con­tourner l’éternelle question de lenteur administrative lorsqu’il s’agit de débloquer des fonds en faveur des équi­pes devant représenter la RDC à l’étranger. Face aux atermoiements et tergiver­sations du Gouvernement, Kisombe Kiaku Muisi payait de sa poche pour rentrer dans ses frais plus tard. Ce qui explique aussi qu’à son époque, les équipes congo­laises réalisaient des exploits en remportant même des matchs à l’extérieur. C’est dire que, toute sa vie, « Kiss » se voulait un homme d’action comme il ne cessait de le ré­péter aux supporters.

Le Mdd après le Mpr, les législatives provinciales après les nationales

En prévision de l’avènement de l’Afdl au pouvoir en mai 1997, Kisombe Kiaku Muisi s’est retrouvé en exil comme beaucoup d’anciens collaborateurs de Mobutu ou dignitaires du régime. Rentré en 1999 ou 2000, Kisombe choisira de collaborer politi­quement avec le régime kabiliste tout en créant son parti politique, le Mouvement pour la démocratie et le dé­veloppement (MDD). C’est de la sorte qu’il se retrouvera au sein du Parlement de M’Zee Kabila à Lubumbashi, avant de se retrouver, sous le rè­gne de Joseph Kabila, en al­liance avec le mouvement rebelle RCD. Mais, ces no­ces ne dureront que l’espace d’un matin, le temps pour Kisombe de comprendre que le désormais ex-mouvement rebelle était loin de lui appor­ter les garanties qu’il souhai­tait. A part quelques sièges (4) au Parlement de la tran­sition « 1+4, plus rien ne venait, le reste des postes étant réservé au RCD.

Augustin Kisombe va re­centrer son parti et mettre le cap sur les élections. Il sera élu à la députation nationale à Mbanza-Ngungu, avant de réussir le même exploit à la députation provinciale tou­jours à Mbanza-Ngungu. Il optera, finalement, pour l’As­semblée provinciale du Bas­-Congo où il sera élu vice-pré­sident de ladite Assemblée, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Il importe de signa­ler qu’outre le poste de vice-président de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo, le MDD a également obtenu un poste de ministre provincial. Le grand Augustin Kisombe Kiaku Muisi a donc tiré sa révérence rassasié des jours (plus de septante cinq ans) et après une pleine jouis­sance de la vie là où la na­ture lui avait tout donné.

Marcellin MANDUAKILA/Forum des As/Th

Last edited: 24/07/2007 16:45:51

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