Face à l’audimat kinois qui ne réagit pas de façon spectaculaire aux maux de la société véhiculés sur les petits écrans, certains téléspectateurs zappent sur les programmes plus éducatifs pour l’épanouissement de leur entourage. D’autres, encore, substituent les sketches du théâtre populaire par les télé dramatiques nigérians. Ces films nigérians disponibles sur le marché et relayés par certaines chaînes privées kinoises en version commentée, constituent ces derniers temps un engouement pour plusieurs familles.

« La vielle épopée du  Groupe Salongo de la RTNC, de Maboke, et autres Mangobo et le trit Dasufa est passée pour laisser libre cour à la bêtise », a confié un parent à nos reporters. Comme les musiciens, les artistes étoffent leurs scénarios de Mabanga, une pratique très courante dans le milieu artistique à Kinshasa. Elle constitue à aligner une série de noms de mécènes qui ont contribué à la réalisation de l’oeuvre. Faute de financement à la production de leurs sketches et autres saynètes, ils se rabattent dans cette pratique, moyennant en contre partie, de citations à la gloire du mécène. Le phénomène mabanga dénature l’œuvre  au point que les téléspectateurs parviennent à voir des incohérences dans le déroulement du récit.

Une pièce d’une heure suivie au hasard par l’équipe de nos reporters a notifié 30 minutes de mabanga. Le volet technique, nous a certifié qu’un seul cadreur s’est donné la tâche de couvrir les différentes prises de vue. Le microphone était confondu dans le décor de la scène, perché sur la tête de l’acteur. En voix off, le terme technique « coupé » était perceptible de téléspectateurs. Il ne suffit pas d’être technicien pour constater de l‘amateurisme dans la conception de certaines télé dramatiques.

Quant aux films nigérians, les artistes comédiens congolais dénoncent certaines scènes obscènes contenues dans ces oeuvres qui ne cadrent pas avec la moralité congolaise scènes de viol, d’accouchement, d’initiation aux pratiques magiques (occultes), mise en exergue des faits, des tableaux purement mystiques.La morale collective est menacée par l’importation aveugle de cultures étrangères, notent certains observateurs en précisant qu’ils ne sont pas contre la mondialisation.

D’un oeil artistique, certains comédiens congolais s’autocritiquent en déplorant le fait que les artistes comédiens du terroir, faute de scénarios intéressants, soient influencés par les films nigérians. « L’attrait de nos artistes comédiens populaires se résume ces derniers temps dans la sorcellerie, avec des effets spéciaux », a constaté un artiste comédien abordé à ce sujet .Ces faits que dénoncent les comédiens, viennent renforcer les réactions des autorités nigérianes adressées quelques années au gouvernement congolais contre la diffusion publique de certains de ces films, de surcroît formellement interdite chez eux. Leur diffusion est tolérée toutefois en cercle privé, approuve à l’époque de cette protestation.

(Milor)

St Hervé M’Buy/Uhuru