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Bonjour | 02/12/2008 2:53 | English Make DC Home page | RSS feed

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En effet, note Jean Ziegler, « l’argent de la corruption et du pillage des Etats du tiers-monde par des dictateurs autochtones et leurs complices est une des grandes sources de la fabuleuse richesse du paradis helvétique. La Suisse pratique la libre convertibi­lité des monnaies. Sa neu­tralité politique, le cynisme et l’extrême compétence de ses banquiers incitent traditionnellement les dictateurs de tout acabit (...) à déposer en toute confiance le produit de leurs rapines au Paradeplatz de Zurich ou rue de la Corraterie, à Genève (Ibidem, p.99).

En d’autres termes, la Suisse est l’un de ces paradis artificiels où se cache l’ar­gent des « invulnérables de ce monde ». Trahir le se­cret bancaire serait cham­barder le fondement néolibéral de la conception politico-économique de ce pays. Mme Micheline Calmy-Rey est-elle disposée à payer ce prix ? Nous en doutons.

Pour une approche globale de la question de l’argent de Mobutu

Les réactions de certains médias congolais aux « révélations de la présidente de la Confédération helvétique » trahissent une approche assez super­ficielle de la question de l’argent de Mobutu, cons­tituant une importante partie de notre « dette odieuse ». Le dernier Ma­réchal du Zaïre était « un système ». Si le CADTM, le Sénat belge et Victor Nzuzi exigent un audit sur la dette du Congo, c’est parce qu’il y a des respon­sabilités à établir et cela à plusieurs niveaux. Qui a donné de l’argent à Mo­butu ? Quelle destination cet argent a-t-il pris ? De la Banque mondiale et/ou du FMI aux banques inter­médiaires ; de celles-ci aux différents ministres du bud­get ou des finances du Congo-Zaïre ; de ceux-ci aux différents premiers ministres et directeurs de cabinet il y a toute une filière des dinosaures devant être démantelée si nous voulons que la question de l’argent de Mobutu soit ré­glée de manière un peu plus globale.

Donc, en plus d’une approche de la dette du Congo impliquant le rôle et l’interpellation des para­dis fiscaux (et de tous les autres intermédiaires), il faut trouver « mieux » comme le souligne si bien l’Apostropheur du Po­tentiel. « Et ce ‘mieux’, de l’avis des observateurs avisés, réside dans les rapports du panel des experts des Nations unies sur le pillage des ressources na­turelles de la RDC, des biens mal acquis réperto­riés à la Conférence natio­nale souveraine (CNS), des commissions parlemen­taires Bakandeja et Lutundula ainsi que dans ceux de la Cour des comp­tes ».

Insistons. A la suite d’Eva Joly et des membres actifs du CADTM, nous sommes de plus en plus convaincu que le blanchi­ment d’argent se fait en réseau et qu’ « il vaut mieux frapper là où l’argent se cache » (E. JOLY, « La force qui nous manque », Paris, Arènes, 2007, p. 172.). Il faut « empêcher les paradis fiscaux d’abriter des structures qui favori­sent la dissimulation des fonds provenant de la cor­ruption, de l’exploitation il­légale des ressources des pays en voie de dévelop­pement, du détournement de fonds publics et de la fraude fiscale. Empêcher le blanchiment de fonds illégalement détournés des pays pauvres via des inves­tissements dans les pays riches » (Ibidem, p. 175).

Cela n’est possible que dans les interstices que ceux et celles qui ont « la force qui nous manque » créent pour « nouer des alliances avec les pays flouer par l’opacité des trusts et des paradis fis­caux, et peser sur ceux qui refusent le renforcement du contrôle des paradis fis­caux. Empêcher les pays développés d’user d’instru­ments légaux pour bloquer le rapatriement des fonds » (Ibidem, pp. 175-176).

(Yes)

J.P. Mbelu/Le Potentiel

Last edited: 21/07/2007 13:45:28

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