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Bonjour | 06/07/2008 3:08 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le traitement administré par le président de l’Assemblée nationale aux sensibles dossiers des députés invalidés et de Kahemba débattus à la chambre basse du Parlement sauve sans doute l’honneur de celle-ci mais n’appelle pas moins l’urgence de rééquilibrage des institutions. Sacré Kamerhe. Le Président de l’Assemblée na­tionale a incontestablement du talent et tous les observateurs l’admettent. Il a aussi de l’ave­nir et cela ne choque person­ne. Vital, il vient de démontrer à quel point il n’a pas usurpé son prénom en conduisant à son terme, là où son adjoint avait fait part de ses scrupules sur la question des arrêts de la Cour Suprême, à son terme une session extraordinaire plus que délicate avec des dossiers comme l’invalidation des 18 députés et le rapport Kahemba.

Dans le premier cas, les ob­servateurs reconnaissent vo­lontiers à Vital Kamerhe le mérite d’avoir su éviter une crise politique et, dans le deuxième, d’avoir réussi à redonner de la voix à une Assemblée natio­nale, déjà soldée dans l’affaire Kahemba, sans en arriver au bras de fer tant redouté avec le gouvernement.

Comité central

Il restera, naturelle­ment, à compter les gains et à capitaliser les dividendes, en termes de fonctionnement de la démocratie, d’un exercice qui n’a pas toujours été sans reproche, dans sa tentative de surajouter de nouvelles règles, non écrites, dans le fonction­nement des institutions de la République, au risque de ver­ser dans te mélange des gen­res. C’est-à-dire sans que l’on sache qui va écrire ces nou­velles règles et quel équilibre, quel nouveau régime ces der­nières pourront induire alors que nous n’avons pas fini d’ex­périmenter celui du 18 février 2006.

Sans doute Vital Ka­merhe est-il là dans son vé­ritable rôle, celui de vrai chef de la majorité, soucieux de rééquilibrer le jeu institutionnel au profit du Chef de l’Etat, sans nécessairement prendre garde à ne pas présidentialiser un régime dans lequel le gou­vernement a souvent paru à la traîne sur des sujets sensibles comme les événements du 22 mars, les affaires Kahemba et Bundu dia Kongo. On peut, ainsi, se demander à quelle catégorie constitutionnelle ap­partient la réunion interinstitu­tionnelle proposée au sortir de la dernière session extraordi­naire de l’Assemblée nationa­le. C’est-à-dire, à contrario, si une telle structure peut prendre des décisions, de quel genre et pour les imposer à qui dès lors qu’elles sortiraient visiblement du cadre constitutionnel.

Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Ainsi une majorité claire qui se pro­nonce, à l’Assemblée nationa­le, pour le rejet des arrêts de la Cour Suprême, mais qui n’a pas le courage d’aller jusqu’au bout de sa logique en termes de demande de clarification du jeu institutionnel. Une majorité qui choisit, en désespoir de cause, d’exécuter les mêmes arrêts qu’elle n’a cessé de vi­lipender, posant du coup, et c’est un minimum, un problè­me à la fois politique et moral.

A la limite, l’Assem­blée nationale n’avait qu’à aborder la question selon les compétences et les limites que lui reconnaît la Constitution; à faire son rapport au Président de la République qui prendrait à son niveau des initiatives conformes à ses prérogati­ves, y compris en matière de révision constitutionnelle ; à faire des recommandations au gouvernement ainsi qu’aux Cours et Tribunaux pour les inviter à faire le constat de ce qui ne marche pas dans leur fonctionnement et d’en tirer les conséquences.

A la place, le Président de l’Assemblée Nationale a privilégié une ini­tiative, certes flatteuse pour le Chef de l’Etat replace au cœur du jeu institutionnel, mais qui n’en constitue pas moins une entorse à la Constitution dès lors qu’elle invente une struc­ture interinstitutionnelle aux contours et compétences mal définis. Au risque de nous ra­mener à l’époque révolue d’un Comité Central décidant de tout et sur tout.

Nouvelles règles

Idem pour le dossier Kahemba. Court-circuitée par le gouvernement qui avait décrété, dès le 16 juin 2007, qu’il n’y avait ni occupation ni déplacement des frontières ou des populations, l’Assemblée nationale n’avait plus d’autre alternative que de courir der­rière une crédibilité mise à mal. Et l’exécutoire aura été cet exercice d’apparence dé­mocratique mais qui n’a été en réalité qu’un défouloir collec­tif pour des députés décidés à déverser toute leur bile sur un gouvernement accusé de haute trahison mais qu’ils n’ont jamais eu à cœur de sanction­ner.

Là aussi, l’artiste a un nom : Vital Kamerhe, plus que jamais déterminé à ramener le pouvoir là où il doit être. L’hon­neur sauf ( ?), chacun peut donc s’en tirer à bon compte et Vital Kamerhe se féliciter à juste titre d’avoir réussi à éviter aux institutions de se regarder dans les yeux. Mais en encou­rageant l’Assemblée nationale à se dessaisir de certaines de ses compétences, au mieux en faveur du Chef de l’Etat, au pire en faveur d’une structure institutionnelle mal définie, le Président de l’Assemblée na­tionale n’est-il pas en train d’inventer, sans l’avouer ou sans le savoir, un nouveau régime? Enfin, la jeune démocratie con­golaise sort-elle gagnante d’un exercice qui consiste à recon­centrer le pouvoir au sommet là où le principe est de le par­tager et de le décentraliser?

On peut, pour le moins, en douter. Surtout lorsqu’on analyse la riposte du Ministère de l’Intérieur telle qu’elle s’est dégagée d’une émission sur une chaîne de télévision pri­vée jeudi dans la soirée. Une émission qui a semblé -c’est un euphémisme - être une re­mise en cause du rapport de la Commission Lumbala.

C’est vrai qu’à sa dé­charge, Vital Kamerhe est brillant, sans doute même trop brillant. Un style tout en flegme, jamais tranché mais qui s’adapte à chaque situa­tion. Un dialecticien talentueux qui sait prendre les députés à l’usure. Comme sur ce rapport Kahemba trop attendu et qui n’a été débattu, comme par hasard, qu’à la clôture de la session, laissant du coup au gouvernement le loisir d’assé­ner ses propres vérités tout au long des vacances parlementaires sur un terrain médiatique évacué par les députés.

Vital Kamerhe, c’est enfin un style qui sait allier la fermeté et l’humour. Qui ne dédaigne pas les digressions. Qui sait dé­tendre et provoquer, au point de s’attarder sur les embras­sades de certaines députées avec leurs collègues, ou de se gausser de cette vérité crue selon laquelle chacun de nous « a toujours son appareil ». Il faut vraiment le faire et Vital Kamerhe a justement réussi l’incroyable tour de force de faire admettre à nos députés- mais y croient-ils ? - qu’une commission mixte au sein de laquelle siégerait une RDC di­visée ou affaiblie aux côtés de l’Angola et de la Belgique, qui s’étaient déjà si bien enten­dus du temps du défunt CIAT, était de nature à préserver les intérêts de la RDC ou de faire triompher le point de vue de l’Assemblée nationale.

A juste titre, la prati­que politique enseigne que pour contourner une question qui embarrasse, la meilleure procédure est de créer une commission. Après tout, qui donc aurait besoin d’une crise dans la situation actuelle de notre pays ? Sans doute pas Vital Kamerhe dont le brio et la fidélité sont le gage le plus sûr d’une carrière politique qui promet. Ni les députés qui se sont, après tout, joyeusement défoulés. Ni aucun Congolais, en désespoir de cause con­vaincu que le nationalisme n’a jamais nourri son homme.

Déjà des manifestations anti-Angola

Les expulsions massives des Congolais du sol angolais dont on assiste ce dernier temps, ne cessent de défrayer la chronique. Nombreux sont les esprits qui sont choqués suite aux actes de viol, torture, extorsions, expropriations que les militaires et policiers ango­lais infligent aux Congolais ex­pulsés de leur territoire.

L’Ong la Voix des Sans voix pour les Droits de l’Homme (V.S.V.) s’est insurgée con­tre cette flagrante violation des Droits de l’homme à travers un double sit-in organisé hier, au Palais du peuple et à l’ambas­sade de la république d’Angola à Kinshasa: Bandeau blanc autour de la tête, sifflets suspendus entre les lèvres, drapelets et banderoles à la main, les dé­fenseurs des Droits de l’hom­me ont fait un sit-in remarqua­ble d’abord au palais du peuple puis, à l’ambassade angolaise.

Sur les banderoles et drapelets, on pouvait lire : « VSV exige toute la lumière sur les expulsions sauvages et barba­res des Congolais de l’Angola, le bilan des morts, des blessés et des disparus », « Nous exi­geons l’expulsion de Monsieur Joao Batista Mawete, l’ambas­sadeur d’Angola en RDC pour banalisation de mauvais traite­ments infligés aux Congolais expulsés », « Non à l’occupa­tion d’une partie du territoire de Kahemba par l’armée an­golaise » etc.

Après plus d’une heure de manifestation au Palais du peuple, le président de la VSV, Floribert Chebeva et ses col­laborateurs ont été reçus par le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, a qui, ils ont remis un mémorandum, après lecture par Mme Thérè­se Mujinga.

Dans ce document, la VSV a relevé la coïncidence de ces expulsions à qui in­terviennent qu’au moment où la communauté tant nationale qu’internationale cherche à ré­gler le dossier Kahemba. Pour cette Ong, quelles que soient les raisons avancées par le gouvernement angolais, rien ne peut justifier les traitements cruels, inhumains, dégradants et autres atrocités que l’Angola continue d’infliger aux ressor­tissants congolais. Enfin, la VSV a exigé à Vital Kamerhe la mise en place d’une commis­sion d’enquête internationale indépendante pour établir les responsabilités des parties, en vue de tirer une fois pour toutes les conséquences politiques, diplomatiques, économico-fi­nancières et judiciaires.

Pour sa part, le prési­dent de l’Assemblée nationale a salué la démarche pacifique de VSV. Car, il estime que nous devons privilégier le dia­logue. M. Kamerhe a promis toutefois, d’adresser une lettre au Premier ministre pour que toute la lumière soit faite. Par ailleurs, il a laissé entendre que des mesures humanitai­res seront prises en faveur des compatriotes expulsés d’An­gola.

Un autre mémoran­dum a été lu devant l’ambas­sade d’Angola et fut récep­tionné par l’ambassadeur Joao Batista Mawete lui-même. Pour ce diplomate, ces expul­sions ne visent pas que les Congolais, mais tous les sujets étrangers vivants dans les zo­nes minières.

(Th)

Kenge Mukengeshayi- Freddy Kilubi/Le Phare

Last edited: 20/07/2007 15:25:10

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