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Deux civils ont avoué lundi avoir tué le journaliste congolais Serge Maheshe et ont désigné les deux témoins du crime comme étant leurs commanditaires, lors d’une audience devant le tribunal militaire de Bukavu, dans l’Est de la République démocratique du Congo. Journaliste à radio Okapi (par­rainée par l’ONU), Serge Maheshe (31 ans) a été abattu  le 13 juin par deux inconnus à Bukavu, alors qu’il s’apprêtait à monter dans sa voiture. Les tueurs se sont enfuis sans tenter d’ouvrir le feu sur les deux amis du journaliste, Serge Mohima et Alain Shamavu, qui se trouvaient à ses côtés.

Les deux témoins ont été arrêtés le 30 juin, après avoir été désignés comme les commandi­taires de l’assassinat par Freddy Bisimwa et Masasile Rwezangabo, deux civils qui avaient reconnu avoir commis le crime. En dépit d’accusations ju­gées « invraisemblables » par leurs avocats, MM. Mohima et Shamavu ont été inculpés pour « association de malfaiteurs dans le but de préparer un as­sassinat ».

Lundi, après quatre jours de suspension d’audience, les deux tueurs présumés, connus pour des actes de petit banditisme et comparaissant pour « associa­tion de malfaiteurs » et « assas­sinat », ont réitéré leurs accusa­tions et leurs aveux.

Freddy Bisimwa et Masasile Rwezangabo ont dé­clare avoir été mandatés par les deux amis de la victime, qui leur auraient donné 40 dollars pour acheter une arme et tuer le jour­naliste, contre, la promesse de recevoir 30.000 dollars et une aide pour gagner l’Afrique du Sud une fois le crime commis.

Ils ont ajouté être allés « boire une bière dans un hôtel » après le crime avec les deux témoins, sans toutefois donner la moindre indication quant au mo­bile du crime. MM. Mohima et  Shamavu ont rejeté en bloc ces accusations, dénoncent une volonté d’étouf­fer la vérité sur la mort de leur ami, qu’ils avaient conduit à l’hôpital général de Bukavu peu après le crime, au vu de nombreux té­moins, dont des officiers de po­lice.

Au total 14 personnes comparaissaient lundi. Parmi eux, figuraient deux militaires, présen­tés à l’ouverture du procès comme les meurtriers présumés et dont la relaxe à même été de­mandée lundi par l’un des deux civils ayant reconnu le crime.

Démarré précipitamment au lendemain même de l’assas­sinat, le procès a fait l’objet de multiples ajournements pour des « compliments d’enquêtes ». Les avocats des témoins ont vu rejetées leurs demandes de libération conditionnelles ainsi que leur demande de transfert du procès devant une juridiction civile. Ils ont exigé lundi une nou­velle reconstitution sur les lieux du crime -la première ayant été réalisée avec les accusés militai­res - et ont demandé que soit re­trouvé l’homme  auprès de qui l’arme du crime aurait été achetée. Les audiences doivent se poursuivrent dans les jours qui viennent. Aucun élément ne permet de dire si l’assassinat de Serge Maheshe est lié ou pas à son métier de journaliste.

(Th)


AFP/Le Potentiel


Last edited: 18/07/2007 16:16:43

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