Heureux de l’engagement pris par Bemba de s’abstenir de toute action de déstabilisation en exerçant son mandat parlementaire dans un esprit de contribution positive au redressement politique, économique, social et humain de la Rdc en tant que chef de l’Opposition démocratique, Louis Michel tente une mission de bons offices.

L’objectif serait d’amener Joseph Kabila à renoncer aux poursuites judiciaires engagées contre Bemba à la suite des événements malheureux du 22, 23 et 24 mars.Louis Michel dispose désormais d’un nouvel agenda pour décrisper la situation politique restée très tendue entre le Président Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba Gombo depuis les événements malheureux du 22 au 24 mars 2007. Dans un communiqué publié ce week-end à Bruxelles, le Commissaire Européen a annoncé pour ce lundi 16 juillet, son arrivée à Kinshasa. Il y restera jusqu’à mardi avant de reprendre son avion dans la soirée. Cette visite qui lui permettra de s’entretenir avec Joseph Kabila Kabange intervient après celle qu’il a eue le vendredi 13 juillet dernier avec JP. Bemba à Faro, au Portugal.
Louis Michel qui s’est dit particulièrement heureux au terme de cette rencontre, estime rassurant l’engagement pris par Bemba de s’abstenir de toute action de déstabilisation en exerçant son mandat parlementaire dans un esprit de contribution positive au redressement politique, économique, social et humain de la RD. Congo en tant que Chef de l’Opposition démocratique « Bemba s’est engagé à conduire son action politique en dehors de toute démarche armée », soutient-il dans ce communiqué en indiquant qu’il « entend reconnaître à la majorité présidentielle, le bénéfice du doute, et laisser le temps opératoire nécessaire à la mise en œuvre du projet de la majorité ».
Kabila va-t-il fléchir ?

Plus d’une fois, le Président Kabila exclut toute issue négociée au cas Bemba. Pour lui, en effet, le sort du leader du Mouvement de Libération du Congo est suspendu à la plainte formulée contre lui par le Procureur Général de la République. Tout récemment encore, dans une interview fleuve lui accordée à Jeune Afrique, Kabila a précisé sa pensée sur cette affaire. En des termes clairs, il a rappelé que l’autorisation de sortie était une affaire du Sénat. Et que la prorogation de son séjour médical au Portugal n’avait rien à avoir avec ses services, ni avec lui-même. Il a rappelé, enfin, que la justice congolaise réclamait son dû quant à la mort de 200 à 500 morts occasionnés par les événements du 22 au 24 mars 2007. Plus loin dans ses propos, Kabila a affirmé que « Bemba voulait le tuer ». Voilà qui rend difficile la mission de LOUIS Michel à Kinshasa. Puisque, apparemment, Kabila ne serait pas disposé à fléchir, sa position restant jusque-là inchangée.
Bemba, les jours sont comptés
Le Sénat congolais avait prorogé le séjour de Bemba au Portugal jusqu’au 31 juillet prochain. Normalement, à l’expiration de ce délai limite, Bemba devrait quitter le territoire portugais. Il n’en a plus que pour près de deux semaines à Faro, si l’on s’en tient uniquement à la dernière autorisation lui accordée. L’homme avait quitté Kinshasa sur la pointe des pieds, après des affrontements entre les éléments de sa garde rapprochée et l’armée régulière. Le 11 avril, soit environ trois semaines plus tard, il a débarqué à Quinta do Lago, une ville située près de Faro, à quelque 300 Km au Sud de Lisbonne, capitale du Portugal.
Karel De Gucht préoccupé
De Gucht attendu hier soir à Kinshasa dans le cadre d’une tournée en Afrique Centrale. Après des échanges avec William Lacy Swing, il rencontre ce lundi le Président Joseph Kabila. La situation sécuritaire à l’Est de la RD. Congo le préoccupe énormément au point qu’après Kinshasa, il ira également à Kigali, au Rwanda, pour quelques discussions avec Paul Kagame au sujet de l’extrême gravité du climat qui prévaut dans les deux Kivu.
Condoleeza Rice ce mercredi 18 juillet à Kinshasa
Sur sa route d’Accra, au Ghana, la Secrétaire d’Etat américaine fera une escale de quelques heures à Kinshasa. Une drôle de coïncidence tout de même avec le dossier Bemba, Condoleeza Rice viendra du Portugal, pays qui préside actuellement à la destinée de l’Union Européenne, où elle aura eu des entretiens des dirigeants, après son périple au Proche Orient, plus précisément en Israël et au Liban. L’événement sera de taille.
Tant, il y a dix ans, la RDC recevait un si haut responsable américain sur son sol. La dernière fois en date, c’est avec Madeleine Albright, en 1997. En son temps, l’AFDL venait de chasser le Maréchal Mobutu du pouvoir d’Etat. Et Mzee Kabila, au plus fort de sa gloire, régnait en maître absolu. Le 27 juillet, ce sera le tour de Nicolas Sarkozy, Président Français, de fouler le sol congolais. C’est aussi pour une escale de quelques heures à Kinshasa.
Marcel Ngoyi/La Prospérité
Last edited: 16/07/2007 17:11:13