Le Chef de l’Etat invité à neutraliser tous ceux qui couvrent des contrats de partenariat non fiables.

L’heure est à l’expectative dans le domaine minier. Les opérateurs de ce secteur stratégique suivent l’évolution des travaux de la Commission de revisitation des contrats miniers. Certes, cet exercice est à priori salutaire dans la mesure où il procède de la bonne gouvernance. Laquelle postule forcément la transparence. Mais sur le front minier congolais où il y a à boire et à manger, la revisitation des contrats miniers peut, si l’on n’y prend garde, déboucher sur des résultats contraires aux objectifs poursuivis. A savoir, comme dans le fameux jeu de « qui perd gagne », léser les opérateurs crédibles et magnifier des spéculateurs. Tant des paramètres négatifs tels que les conflits d’intérêts sur fond de parapluie politique, la non maîtrise des réalités du terrain... semblent encore loin d’être évacués.
Ainsi, rien qu’à considérer la composition du bureau de la Commission, l’on se rend compte que certaines personnalités politiques sont en situation avérée de juge et partie. Une posture qui pourrait influencer une opération que d’aucuns veulent voir se dérouler en dehors de tout conflit d’intérêts. Certains observateurs relèvent, à ce sujet, le conflit Kilo Moto-Damseaux. Un dossier dans lequel l’un des acteurs des de l’affaire se retrouve en position de juge et partie du fait de sa présence dans les instances dirigeantes de la Commission. Autre illustration du risque de conflit d’intérêts est la présence de certains barons du Pouvoir dans la haute hiérarchie de certaines entreprises minières. Certaines sources citent, à ce sujet, Anvil mining Congo.
Ces nombreux risques de conflit d’intérêts en perspective sont sans doute pour quelque chose dans l’agitation qui a prévalu avant l’opération - revisitation. On avait, en effet, assisté à une levée des boucliers sur fond de déclarations tapageuses dès l’annonce de la vérification des contrats miniers. Tous les connaisseurs du domaine minier s’accordent à reconnaître que ce secteur est ultra sensible et qu’on ne saurait l’aborder à la légère. Les investisseurs miniers étant hostiles à tout ce qui incite à l’incertitude.
Par ailleurs, cette controverse bien de chez nous a même fait passer par pertes et profits la vraie question. A savoir celle qui consiste à se demander qui est qui et qui fait quoi au profit de qui dans le secteur minier. Répondre à cette question fondamentale postule une descente sur terrain. Histoire de vérifier sur la kyrielle des entreprises minières recensées, quelles sont celles dont par exemple le partenariat avec la Gécamines profite à celle-ci et donc au pays. L’un des cas à épingler est celui de la joint venture Gécamines - Katanga Mining.
Pour avoir mis ce projet minier en bourse, renseignent les observateurs, Katanga Mining a permis à la Gécamines de voir ses 25% des parts valoir autour des 500 millions de dollars. Du reste, grâce aux fonds levés en bourse, le partenariat Gécamines-Katanga Mining permet à la Gécamines de produire 250.000 tonnes de Cuivre en deux ans. A ce sujet, nombre de spécialistes estiment que si ce genre de partenariats peuvent se multiplier sans entrave, la Gécamines pourrait en un temps record retrouver sa production d’antan. Ce début d’embellie de la Gécamines devrait, soulignent les observateurs, pousser les dirigeants de cette entreprise à se comporter en responsables c’est-à-dire à ne privilégier que ceux des partenariats qui profitent réellement à la Gécamines et donc au pays.
C’est ici le lieu de préciser aussi que les minerais à l’état primaire, à savoir dans le sous-sol n’ont qu’une valeur virtuelle. C’est quand elles sont exploitées qu’elles deviennent rentables. Ce qui suppose l’injection des capitaux. De ce point de vue, tout le mérite de la joint venture Gécamines - Katanga Mining est précisément d’avoir placé ce projet minier en bourse. Ce qui génère une plus value substantielle à la Gécamines.
A l’opposé de ce modèle de joint venture, existent quantité de partenariats dont la seule perdante est in fine la RDC. La Gécamines est systématiquement « mangée à toutes les sauces » par une horde d’opérateurs miniers dont le partenariat se limite à la seule spéculation. Ces « investisseurs » d’un genre nouveau se servent juste de certains décideurs politiques Zaïro-congolais comme parapluie pour faire main basse sur les ressources minières sans laisser la moindre trace sur le terrain. Aucune usine, aucune infrastructure sociale pas d’emplois crées. Rien que de la spéculation.
Dans le même ordre d’idées, on peut épingler des partenariats fantaisistes sur lesquels la commission de revisitation ne devait transiger pour mettre ses géniteurs hors d’état de nuire.
A l’image de cette firme installée à la frontière sud-est de la Rdc qui achemine allégrement tous les minerais bruts vers la Zambie. Et ce, sans la moindre valeur ajoutée parce que cette entreprise ne dispose d’aucune infrastructure au Congo. Et même par rapport au partenariat avec la Sodimico (ex -Sodimiza qui a connu ses heures de gloire du temps des investisseurs japonais), le bilan, d’après les observateurs est négatif. Sinon quasi nul. Car, sur les décombres de l’ancienne Sodimiza, rien n’a poussé. Ni en termes d’usines, ni en termes d’infrastructures sociales. Minée par un chômage endémique, la population de Musoshi, Kinsenda et ses environs attendent toujours de la création du premier emploi.
Il va sans dire que tous ces « partenariats » théoriques entraînent un manque à gagner colossal pour le Trésor Public qui n’en tire aucun rond, en termes d’impôts. En somme tout le contraire des firmes comme le Groupe Forest international qui, quoi qu’on dise détracteurs qui se recrutent essentiellement dans le camp des opérateurs économiques véreux, public et communique les différents impôts qu’il paie à l’Etat Congolais. On est aussi à mille lieues de joint venture comme celle qui a donné naissance à l’imposante Stl en plein Lubumbashi. Un investissement à l’initiative du Groupe Forrest International qui a généré des emplois et qui permet à la Gécamines de recycler les déchets de cuivre et cobalt qui moisissaient, faute d’entrepreneurs.
Héraut incontesté de la bonne gouvernance, le Chef de l’Etat devrait continuer sa croisade contre les anti-valeurs. Il en va du redressement du pays et par ricochet de la réussite de 5 chantiers de son quinquennat. C’est pourquoi, le Raïs devrait se délester de tous ceux qui se servent de leur positionnement dans la sphère dirigeante pour s’adonner au trafic d’influence. D’autant que certains contrats léonins semblent le fait des personnalités perchées en haut lieu ou tapies dans l’ombre du pouvoir.
Forum des As
Last edited: 13/07/2007 17:14:11