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Bonjour | 08/09/2008 13:29 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les 18 députés concernés par l’invalidation, suite à l’arrêt de la Cour suprême validant 17 autres, poseraient des conditions non encore satisfaites pour qu’ils acceptent d’abandonner leur fauteuil à l’Assemblée nationale. Selon certaines indiscré­tions, une agitation a gagné les personnes concernées par le dossier notamment les 18 députés dont les mandats devraient être in­validés à la suite des con­tentieux électoraux. Ces députés ne sont du reste pas repris sur la liste des 500 députés publiée par la Cour suprême de justice le 5 mai dernier.

En vertu des dispositions constitution­nelles et de la loi électo­rale, la haute cour est la seule instance autorisée à avaliser les résultats des élections législatives. Elle l’a effectivement fait au tra­vers de l’arrêt rendu le 5 mai dernier. Pour nombre d’observateurs avertis. Cet arrêt met un terme au sus­pense entretenu depuis des mois sur ce dossier et vide même le travail de la Com­mission Matadi Nenga de tout son sens. Certains auraient même souhaité que l’examen de ce rapport soit simplement annulé, la CSJ l’ayant déclaré incons­titutionnel. Il semble toute­fois que certains députés visés par les arrêts de la haute cour s’accrochent à ce rapport qu’ils considèrent comme une bouée de sauvetage. C’est ainsi qu’une sorte de bras de fer a été engagé avec le bureau de l’assemblée nationale afin qu’il ne pro­gramme point de plénière qui serait consacrée à l’examen de ce dossier en l’absence du président Vi­tal Kamerhe en mission au Maroc. Certains députés visés trouveraient, semble-t-il, Christophe Lutundula « trop favorable à l’invalida­tion de ces députés ». On parle même de menaces qu’ils auraient proférées con­tre lui.

Bien plus, des sources infor­mées indiquent que les 18 députés frappés par les arrêts de la CSJ exigeraient de com­pensations matérielles avant de céder. Des jeeps et des indemnités de sortie auraient été suggérées au bureau de l’Assemblée na­tionale. On ne connaît pas la réponse du bureau de l’institution à cette offre. L’absence de réponse pourrait également expli­quer le report de la plénière.

Il reste à savoir si le dossier dont question sera finalement inscrit à l’ordre du jour de la plénière. Ce qui n’est pas évident. On indique néanmoins que l’assemblée nationale ne peut pas ne pas débattre de ce dossier dans la mesure où un point ad hoc a été expressément ajouté au calendrier de la session extraordinaire en cours à ce sujet. On rappelle que cette session prend fin le 19 juillet. La prochaine ses­sion ordinaire est prévue le 15 septembre. Dès le 20 juillet prochain, les députés seront en vacances. Ils ne sauraient naturellement prendre leurs vacances en laissant en l’état la question des députés à invalider et à valider.

Embarras

Des indiscrétions obte­nues de bonne source ren­seignent que la Commis­sion Matadi Nenga serait elle-même très embarras­sée au sujet des arrêts ren­dus par la cour suprême de justice. C’est ainsi, note-on, qu’elle aurait travaillé sur trois hypothèses dont la plus importante est celle de prendre en compte pure­ment et simplement l’arrêt n°RE 007 du 5 mai 2007 portant proclamation des résultats définitifs des élec­tions législatives du 30 juillet 2007. Pour des mem­bres de cette commission cette option a pour avan­tage de crédibiliser le pro­cessus électoral tant à l’in­térieur qu’à l’extérieur du pays, notamment vis-à-vis des partenaires qui ont ac­compagné et financé ledit processus.

Cette option permet également d’éviter de voir le processus s’enliser dans un cycle intermi­nable de recours. Elle a surtout le mérite de respec­ter les dispositions des ar­ticles 151 et 168 de la Constitution et d’éviter une crise institutionnelle dont l’assemblée nationale ferait l’économie.

Une autre option envisag­ée par la Commission Ma­tadi Nenga serait d’envisa­ger la prise en compte des arrêts rendus dans le délai et ceux rendus hors délai, mais dont les requêtes ont été introduites dans le dé­lai de trois jours. Cette der­nière option permet, à en croire des députés interro­gés, d’éviter de sanctionner injustement les bénéficiai­res desdits arrêts. Cette option éviterait également de heurter les dispositions constitutionnelles. Cette option a enfin le mérite d’occulter, pour le bien de tous et de la loi, la question de la validité même de l’arrêt portant proclamation des résultats définitifs des élections du 30 juillet 2007. Ce dernier apparaît, pour nombre de spécialistes, comme un coup d’arrêt à toutes les gesticulations possibles et imaginables.

Rien ne pourrait dès lors sauver ceux qui se débat­tent comme des diables dans un bénitier pour se sortir de l’étreinte implaca­ble de la cour suprême de justice.

Il faut reconnaître que la question des arrêts de la cour suprême de justice met certains députés de­vant un cas de conscience. Quelques uns rechignent à se séparer de 18 collègues qui ont siégé avec eux de­puis le 22 septembre 2006 au Palais du peuple. D’autres estiment toutefois que la loi doit être appli­quée dans toute sa rigueur et que donc le copinage n’a pas lieu de supplanter la constitution.

En fait, le débat d’aujourd’hui concerne une vingtaine de députés à in­valider et presqu’autant à valider, soit exactement 17. Ceux qui doivent être inva­lidés ne perdent pas espoir, convaincus qu’ils sont de l’emporter. Ils font valoir que les arrêts décriés ont été pris hors délai et devraient être rejetés pour « excès de pouvoir ». Rien n’est plus faux, rétorquent ceux qui soutiennent qu’aucune dis­position constitutionnelle ne donne le pouvoir à l’as­semblée nationale de s’op­poser à l’exécution d’une décision judiciaire. Le faire serait préjudiciable pour la jeune démocratie congolaise.

Ntombo Lukuti/La Référence Plus

Last edited: 13/07/2007 13:24:44

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