Pour vaincre l’insécurité et restaurer la paix véritable dans le pays, le ministre de l’Intérieur Denis Kalume insiste sur l’apport de tout un chacun comme condition sine qua non à la place d’un recours aux armes contre les violences.
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Le ministre Kalume Numbi a terminé son exposé au sénat par une conclusion qui s’étale sur trois constats particuliers à la RD Congo. Le premier est visible et connu de tout le monde, à savoir que la République Démocratique du Congo sort d’une période de guerre qui l’a laissée exsangue ; conscient de la faiblesse de son armée le gouvernement est déterminé à relever rapidement le défi de la modernisation de l’armée ces efforts de l’Exécutif sont destinés à être soutenus par toutes les forces vives de la population congolaise, notamment les deux chambres du Parlement qui doivent adresser des remarques et des suggestions à ce gouvernement afin de l’aider à corriger régulièrement sa ligne de conduite tout au long de son action. Le gouvernement actuel reprend en fait un vieux principes de M’Zée Laurent Désiré Kabila sur la mobilisation populaire et l’auto prise en charge.
Il s’agit de dire que la paix se paie collectivement car nul ne saurait être spectateur pendant que les autres enterrent leurs morts dans un pays menacé par la balkanisation. Cette politique a relevé le pari de l’émiettement de la nation congolaise. Le ministre de l’Intérieur, Décentralisation et sécurité qui est intervenu au Sénat savait à qui il parlait. La chambre haute en particulier et le corps législatif congolais dans sa généralité, est le vecteur par excellence au sein des masses laborieuses nationales, du message du gouvernement de la troisième République.
Les élus ont le patriotique devoir de sensibiliser leurs bases respectives sur les options fondamentales du gouvernement de la République. Et par ce que précisément le dossier de l’insécurité résiduelle qui sévit encore à l’Est de la RD Congo est un sujet délibérément polémique, il s’est agit pour le ministre Kalume de rapprocher les vues du gouvernement à celles des opposants au principe de dialogue précédant l’emploi de la force au moment opportun contre les forces négatives qui dévastent la partie orientale de la RDC.
On pense que les honorables sénateurs et par delà eux, tous les élus du peuple ont saisi la balle au bond, car ici au Congo démocratique pays qui panse les cicatrices de plusieurs conflits armés, les positions ne doivent pas être figées. Tout le monde est conscient du fait que le pays se cherche encore ; mais loin de considérer que tout risque à nouveau de dégénérer, il vaut mieux prendre son mal en patience, le pays étant trop grand pour rendre immédiatement efficaces les contre mesures gouvernementales contre les rebelles. Le retour à la paix en RDC est un combat contre la montre dans lequel chaque partie peut gagner des batailles sans être sûr de remporter la guerre.
C’est ainsi par exemple que l’on a appris l’assassinat d’un homme d’affaires à Butembo il y a trois jours. Mais force restera à la loi, et pour peu que le gouvernement poursuive sans désemparer son effort global de restructuration des forces armées, la victoire tant de fois différée sur les forces négatives apparaîtra comme le triomphe de la République sur les seigneurs de guerre, barbares et anthropophages qui doivent tôt ou tard répondre de leurs crimes.
Prince Malko/L'Avenir
Last edited: 06/07/2007 14:54:04