Kisangani, le chef-lieu de la Province Orientale a été pour un jour la capitale du Congo avec l’organisation dans cette ville de la fête de l’Indépendance autour du Président de la République et des corps constitués du pays.

Le Chef de l’Etat a tenu à rompre avec la tradition. Le 47ème anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo n’a pas été commémoré pour refaire le monde autour des beaux discours de souvenirs.
Les défilés qui ont émaillé la journée de samedi 30 juin dernier sur toute l’étendue de la RDC ont certes servi d’aiguillon pour se rappeler le passé tumultueux qui a suivi l’accession de ce pays à l’indépendance, mais ils ont été cette fois accompagnés des faits concrets qui reflètent la détermination du gouvernement de la troisième République à s’attaquer bravement aux cinq chantiers du chef de l’Etat, Joseph Kabila.
Ce dernier a pratiquement réquisitionné Kisangani le chef-lieu de la Province Orientale pour être l’épicentre des cérémonies commémoratives de cette journée historique du 30 juin. Peu de mots, mais assez de gestes pour convaincre l’opinion nationale du sérieux des engagements pris pendant la campagne électorale qui a précédé la tenue des élections générales en 2006. Cette philosophie du président Joseph Kabila ne souffre que du retard pris par l’arrivée des équipements commandés pour mettre en branles les travaux de reconstruction du pays. De l’aveu du président lui-même, la plupart de ces équipements arrivent en septembre prochain. En attendant de commencer l’exécution des projets de développement du quinquennat présidentiel, la date du 30 juin a été mise à profit par M. Kabila pour donner le coup d’envoi à un des projets qui lui tient à cœur en véritable hantise, la construction d’une cimenterie en PO.
Redonner à Kisangani son rôle de locomotive de la partie orientale du pays
Kisangani reste théoriquement le troisième pôle de développement de la République Démocratique du Congo. Mais par rapport à Kinshasa la capitale du pays et Lubumbashi la capitale du cuivre, le chef-lieu de la Province Orientale située comme sa voisine l’Equateur au septentrion, demeure le moins performant de ces trois épicentres de la vie économique de la RDC.

Une des raisons de ce recul est son manque d’infrastructures d’accueil, lequel n’a pas permis l’implantation des unités de production industrielles, entraînant leur délocalisation ailleurs. Au cours des festivités qui ont manqué le 47ème anniversaire de l’indépendance on a vu le président Joseph Kabila poser la première pierre de ce qui sera dans un proche avenir la cimenterie de la Province Orientale, Cipor.
Ce geste très symbolique est le prélude à l’ensemble des travaux qui vont démarrer à travers tout le pays lorsque les équipements commandés arriveront. Mais pour la Province Orientale elle-même, c’est une aubaine qui va redynamiser les activités notamment dans le domaine du bâtiment. Ce secteur est depuis longtemps le parent pauvre qui est à la base du frein à l’extension de la ville de Kisangani. Le ciment est en effet une denrée rare et chère à Kisangani ; il est transporté dans les barges de Kinshasa à Kisangani, un transport coûteux sur plus de 1700 Kms. On imagine la pénurie du ciment qui avait élu domicile à Kisangani pendant les cinq ans de guerre, quand le trafic fluvial était interrompu. Pour pallier à ce désagrément, les Boyomais ont dû importer du ciment de mauvaise qualité du Rwanda ou de l’Ouganda par avion à cause de la destruction des routes et de l’insécurité ambiante.
C’était hors de prix. Une usine de ciment en Province Orientale est donc le premier cadeau post électoral de Joseph Kabila à la population de cette entité géographique. Avec la possibilité de se procurer du ciment à bon marché, les usines vont fleurir dans la province, surtout en liaison directe avec les minerais dont regorge la plus grande province de la RDC en superficie.
Les maisons en dobe seront remplacées par du matériau en dur, ce qui donnera un aspect moderne à la ville. Avant cinq ans l’embellie que connaîtra la ville de Kisangani en particulier, et toute la partie orientale de la RDC en général, permettra au chef-lieu de la PO de jouer véritablement son rôle de carrefour qui redistribue les richesses à travers son arrière pays. On va atteindre là un seuil de développement endogène et autocentré qui n’avait jamais existé que dans le domaine du rêve de la population.
Inauguration du Stade Patrice Emery Lumumba rénové
Chose promise, chose due. Le « candidat » Joseph Kabila Kabange avait promis aux Boyomais la réfection du stade Patrice Emery Lumumba lors de la campagne électorale du 1er tour des élections présidentielles.
L’engagement pris est accompli. En effet, c’est samedi dernier à Kisangani que le Chef de l’Etat en tenue relaxe a coupé le ruban symbolique inaugurant ainsi ce stade que de nombreux sportifs de la place ont pris d’assaut.

Il a donné le coup d’envoi symbolique du match qui y a opposé Nika à Malekesa. Le match a été remporté à l’arrachée par la formation de Nika sur le score de 1-0. Le club vainqueur a reçu des mains du chef de l’Etat le trophée mis en compétition tandis que les deux formations ont reçu chacune une enveloppe.
Ce stade rénové est un bijou que les Boyomais férus du ballon rond admirent tant sa beauté physique étonne plus d’un.
Les travaux de réfection du stade ont été effectués durant 7 mois sous le financement de la Banque mondiale qui a dépensé, par le biais du Bceco, près de 650.000 dollars américains.
La joie des Boyomais
Les Boyomais sont très contents de voir leur ville disposer d’un stade très chic. A ce propos, ils ne tarissent pas d’éloges à l’endroit du chef de l’Etat qui vient d’accomplir ainsi sa promesse. Ce stade, à en croire les spécialités, peut être rangé parmi les meilleurs de la République.
Aussi ont-ils pris l’engagement de le garder dans l’état de propreté.
L’Avenir
Last edited: 02/07/2007 16:22:07