Compte tenu de l’importance de l’événement, plusieurs membres du gouvernement ont effectué le déplacement dans cette belle et magnifique cité de Kinkole devenue un des berceaux d’une des plus vieilles traditions, la pêche. Car, il y a  exactement 40 ans qu’il a été annoncé dans la même cité la célébration de la journée de poisson. Les ambassadeurs et chefs des misions diplomatiques, les députés et sénateurs, le gouverneur de la ville de Kinshasa, les officiers généraux des Fardc et de la police nationale, les représentants de 3 organismes internationaux, ainsi que les secrétaires généraux de l’administration politique ont rehaussé de leur présence la cérémonie. Les sociétés Vodacom, Socope, Upak et Orgaman, sansibler Pnmls ont apporté leur soutien matériel pour la réussite de l’organisation la fête des pêcheurs.

La journée nationale du poisson a été marquée par une importante marche des associations des pêcheurs de Kinkole, Centre de développement agricole et élevage de Maluku et les Ong de l’Union des vendeurs des produits agricoles, des pêcheurs de Ngamanzo, les mamans protestantes et association des mamans pêcheurs et vendeurs sous le rythme des groupes folkloriques.

Investir dans le secteur de la pêche en Rdc

Intervenant après le mot de circonstance du bourgmestre de la commune de la N’Sele, le ministre d’Etat chargé de l’Agriculture, pêche et élevage a fait savoir que la pêche peut aider à contribuer activement à la création de nombreux emplois rencontrant ainsi les priorités du chef de l’Etat à travers les cinq chantiers. Cette journée, selon lui, doit désormais devenir celle de nouveaux challenges. Car notre pays présente un tableau sombre dans ce domaine. Comment expliquer qu’un pays qui a un potentiel halieutique de 707.000 tonnes de poissons, pour des besoins de consommation limités a 450.000 tonnes, puisse importer plus de 150.000 tonnes de poisson par an ? S’est-il interrogé.

En effet, le nombre de pécheurs en Rdc est estimé à 400.000. A considérer qu’une famille de pécheurs est constituée de 6 personnes, cela fait 2,4 millions de personnes, soit près de 4% du total de la population congolaise vivant directement des activités de la pêche sans compter les intermédiaires, les commerçants, les fabricants pirogue et autres, à qui la pêche apporte des revenus substantiels. La Rdc dispose de vastes plans d’eau dont la superficie totale est de 86.000 Km² avec un potentiel halieutique de 707,000 tonnes exploitables annuellement. Le Lac Tanganyika dispose à lui tout seul de 40% des ressources halieutiques du pays. La production annuelle de poisson est estimée à 250.000 tonnes, soit environ 30% du potentiel halieutique. D’où l‘importance d’investir dans le secteur de la pêche en Rdc. S’adressant d’abord aux vaillants pêcheurs du Congo, le ministre d’Etat chargé de l’Agriculture, pêche et élevage a  exprimé sa grande fierté face à leur détermination à perpétuer les vieilles traditions pour en faire profiter la jeunesse. « Soyez encore plus nombreux  à nous donner le goût du fleuve et de ses rivières, des lacs et de leurs mystères, de l’océan et des  mers. Car vous êtes le pont qui relie notre passé a notre avenir, nos traditions à la modernité », a-t-il indiqué.

Aux hommes d’affaires congolais importateurs de poissons, il a estimé que le temps n’est plus à la facilité, mais plutôt à la tradition et à l’exigence de soi. Il les a exhorté à suivre l’exemple de la société Socope.

Tout en demandant de consommer ce que nous produisons au motif de ne pas être des simples étrangers consommant du tout venant. Restons dans notre culture pour immortaliser les idéaux séculaires. Il les a invité à plus d’engagement et de courage dans leurs entreprises.

Désormais un prix national de développement

Pour donner un nouvel élan a cet important secteur et à cette journée du souvenir, le ministre Nzanga Mobutu a proposé l’instauration d’un prix national de développement. Ce prix, organisé par un texte réglementaire, récompensera le 24 juin de chaque année, les pêcheurs ou les autres exploitants agricoles s’étant illustrés dans un des différents domaines d’activités suivant des critères à définir. Grâce à des supports médiatiques appropriés, les Congolais pourront eux ­mêmes désigner les lauréats de l’année. Dans cette même logique, promet de s’employer à changer ses méthodes de travail pour affronter les nouvelles réalités. L’agriculture, l’élevage et la pêche ne seront plus abordés de la même manière que dans le passé. C’est peut-être le même monde, mais ce ne sont plus les mêmes réalités et encore moins les mêmes problèmes, a-t-il déclaré.

Ayant une pensée directe aux compatriotes du Kivu qui continuent à souffrir des affres de la guerre, il a laissé entendre que son premier devoir est d’assurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire. La seconde préoccupation est de promouvoir un bon climat des affaires. Tout mon action au sein du ministère de l’Agriculture, pêche et élevage va tourner autour d’un objectif central : la mise en place d’un code agricole pour la promotion des trois « P », à savoir le Partenariat public prive. Ce code qui va réconcilier le présent et le passé, se présente comme le cadre qui permet de solutionner l’ensemble des problèmes du secteur agricole : mise en place des politiques et des programmes mieux articulés sur une longue période, conception des incitations fiscales et administratives bien pensées, et octroi des garanties financières et foncières stabilisée  Bien plus, ce code va poser pour la première fois l’épineuse question du financement du secteur agricole. Il ne s’agit plus de demies mesures, mais plutôt d’une solution structurelle dans une vision à la fois localisée et globalisée. L’ensemble de cette dynamique sera inspire d’exemples réussis de réforme globale du secteur et de l’activité agricoles non seulement à travers le monde, mais aussi et surtout au niveau africain ou certains pays de l’Ouest et du Sud enregistrent d’excellents résultats dans ce domaine.

Remise d’intrants de pêche aux unions des pêcheurs

Le clou de la manifestation a été la course des piroguiers au port de pêche de Kinkole et la remise des intrants de pêche aux unions des pêcheurs. Il s’agit des cartons de nappes des filets, des bobines en nylon, des hameçons, des machettes, des appareils de communication, et des postes de radio, des T-shirts remis par Vodacom, et bien d’autres choses.

Et en réponse à ce geste, M. Joseph Bongwango, président de l’union des pêcheurs, a exprimé les préoccupations des associations et Ong sous formes d’avalanche de questions. Selon lui, il n’existe aucune loi ou réglementation de l’exercice du métier de pêche en Rdc. Comme quoi tout métier sans législation est appelé à disparaître. Ce manque de la politique protectrice entraîne la destruction de la biodiversité provoquant ainsi le déséquilibre entre le potentiel halieutique et la production. Il a appelé le gouvernement à passer directement aux actes en lieu et place de la remise des intrants de manière symbolique aux pêcheurs avec le traditionnel refrain: « nous vous remettons ces intrants symboliquement et vous passerez dans nos bureaux pour retirer des importants lots, ces intrants permettront d’augmenter la production afin de lutter contre la faim et la pauvreté ».

Réactions des participants

Le gouverneur de la ville province de Kinshasa Je salue cette journée historique, c’est une fête des pêcheurs. Je promets de trouver des solutions aux préoccupations des pêcheurs dans le cadre des cinq chantiers du président de la République. Raison pour laquelle j’annonce que d’ici le mois de juillet, il sera érigé une chambre froide à Kinkole pour la conservation des poisons.

Gilbert Nkuli , Dg de Vodacom Congo : C’est une journée magnifique, et l’occasion nous est donnée pour rendre un hommage mérité aux pêcheur de notre pays. Le moment nous permet aussi de nous relaxer.

Le député Chalupa : notre joie est excellente. La journée du poisson nous ramène à ce que nous attendions toujours. C’est une continuation à ce que le père de Nzanga Mobutu a commencé. Si Kinkole existe aujourd’hui, c’est parce que le père du ministre d’Etat a posé la première pierre.  

(Ern.)

Wilma Tshitenge/Uhuru