La désignation du coordonnateur de l’opposition au centre du débat de l’examen par le Sénat de la loi portant sur le statut de l’opposition. Le cas du Sénateur Jean-Pierre Bemba focalise l’attention comme si les esprits étaient hantés par son spectre.

Le Sénat va très bientôt finir la relecture de la loi sur le Statut de l’Opposition. Aussitôt, la Loi ainsi adoptée sera transmise au Président de la République pour promulgation. On n’en est pas encore là, mais les batailles politiques parfois fratricides, les querelles de positionnement et autres coups tordus ont redoublé d’intensité pour la conquête du poste honorifique de Coordonnateur de l’Opposition. Ce poste est assorti de beaucoup d’avantages de tout genre et d’un confort à faire oublier à l’occupant son travail d’Opposant et surtout qu’il doit se constituer en alternative au pouvoir. Le Coordonnateur jouit des immunités parlementaires. Il a rang de ministre et vit aux frais du contribuable congolais. Cela, pendant cinq ans. De quoi faire rêver.
Qui va alors incarner l’Opposition parlementaire ?
La loi sur le Statut de l’Opposition dit que le Coordonnateur est désigné, par consensus, par les groupes parlementaires de l’Opposition. Pour le cas d’espèce, le Mouvement de Libération du Congo (MLC), l’Ordre des Démocrates Républicains (ODR) et la Convention des Démocrates Chrétiens (CDC).
Membre influent du MLC, Delly Sessanga est intervenu, en début de semaine, sur les antennes de RFI pour donner son point de vue sur la question. Pour lui, aucun doute n’est permis, Jean-Pierre Bemba est le Coordonnateur naturel de l’Opposition parlementaire. Pourquoi ?
D’un, Bemba a obtenu, selon les chiffres publiés par la Commission Electorale Indépendante (CEI), 42% de voix au 2ème tour de la présidentielle du 29 octobre 2006. De deux, son parti le Mlc est à l’issue des élections générales, la 2ème force politique de la RDC. Environ 65 députés nationaux, plus de 100 députés aux provinciales, plus d’une vingtaine de sénateurs, un gouverneur et un vice-gouverneur de province, etc. Delly Sessanga poursuivait que Jean-Pierre n’a pas d’égal en matière de popularité. A boire et à manger.
Si une certaine unanimité se dégage pour reconnaître que l’Opposition au couple Kabita–Gizenga devait se construire autour du MLC, les violons, en revanche, sont loin de s’accorder sur la personnalité de Jean-Pierre Bemba pour rassembler les gens. Nombreux sont ceux qui estiment que Igwe a les défauts de ses qualités. On dit de lui qu’il a des conflits interpersonnels avec le Président Kabila dont il contesterait toujours la victoire. Bemba est aussi pris pour un personnage encombrant qui aurait du mal à se mouvoir. Trop de problèmes sécuritaires.
Il n’y a pas longtemps, Etienne Tshisekedi, opposant historique à Mobutu et aux Kabila, de père en fils, était rejeté pour les mêmes défauts. Passons. Ceux qui tiennent à tenir Jean-Pierre Bemba à l’écart affirment, sous le couvert de l’anonymat, que François Mwamba, actuel SG du MLC, serait un bon Coordonnateur de l’opposition. Il est jugé beaucoup plus conciliant avec le pouvoir et les occidentaux.
Kengo disposé à discuter avec le Chef de l’Etat du cas JP Bemba
Après plusieurs reports et démentis, le Sénateur JP Bemba rentre au pays à la fin du mois de juillet prochain, après avoir passé plus de trois mois en dehors du pays, suite à un problème lié a sa santé personnelle, après les événements tragiques des 22 et 23 mars derniers. En effet, selon les informations reçues au Phare d’une source digne de foi, c’est dans une correspondance datée de mercredi 20 juin dernier adressée au bureau du Sénat que le sénateur élu de la ville de Kinshasa, JP Bemba, exprime le désir de regagner la mère patrie. Son état de santé, insiste-t-il, ne poserait plus problème. Il se serait totalement rétabli et en pleine possession de tous ses moyens physiques.

Cependant, indique-t-on, toujours dans cette même correspondance, le patron du Mlc s’inquiète de sa situation sécuritaire et demande au bureau de la chambre haute de prendre toutes les dispositions pratiques et utiles afin que ce retour se passe sans heurts. Notre source affirme que la question de ce retour aurait été au centre de l’audience accordée mercredi 19 juin par Léon Kengo Wa Dondo, président du Sénat, aux ambassadeurs des pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l’Onu qui ont séjourné dans la capitale congolaise du 19 au 20 juin 2007.
L’on croit savoir que le président du Sénat serait partisan de la solution politique en lieu et place de la voie judiciaire. Et c’est sans doute dans cette perspective que la présidence du Sénat compte, dans les prochains jours, initier des contacts avec le Président de la République pour qu’une solution politique soit le plus tôt trouvée dans le cadre d’une démocratie apaisée.
Par ailleurs, les observateurs avertis de la scène politique congolaise mettent également sur la balance du retour de « Igwe » le climat de décrispation politique que l’on observe actuellement, mais aussi le fait que la chambre basse du parlement a adopté pendant sa session ordinaire la loi sur le statut de l’opposition. En principe, la structure dénommée « Coordination de l’Opposition » devrait revenir au groupe parlementaire réunissant le plus grand nombre d’élus.
On rappelle que le dossier Bemba comporte, au plan politique, le point relatif à ses absences prolongées mais jusque-là justifiées aux séances du Sénat, depuis l’entrée en fonction de ce dernier.
Au plan Sécuritaire, il y a la controverse autour de sa sécurité rapprochée ramenée à une douzaine de policiers, alors que le « Chairman » pense devoir compter sur plus d’une centaine de commandos actifs. S’agissant du volet judiciaire, la note du Procureur Général de la République sollicitant la levée de son immunité auprès du Bureau du Sénat n’a toujours pas été retirée de la circulation. Quant au mandat d’arrêt international qu’aurait lancé contre lui le gouvernement Gizenga, personne n’en connaît les tenants, ni les aboutissants.
(Yes)
La Prospérité/Forum des As
Last edited: 22/06/2007 16:05:56