Le Fonds mondial prévoit d’injecter plus de 100.000 dollars Usd dans le projet VIH/Sida, tuberculose et paludisme en Rdc. De ce montant 44 % seront alloués au VIH/Sida tandis que le reste sera affecté à la lutte contre la tuberculose et le paludisme.

Une mission du Fonds Mondial, conduite par Mme Christine Onyango de nationalité kenyane, séjourne en République Démocratique du Congo, dans le cadre du programme de lutte contre le Vih/Sida, et autres pandémies. Cette délégation est composée, outre Mme Christine Onyango, de Mme Johan H. et de M. Friederike Teutsch. L’objectif de la mission est de faire le suivi des activités financées par le Fonds Mondial en matière de lutte contre le Vih/Sida, la tuberculose et le Paludisme. La mission devra également négocier la subvention sur la tuberculose pour le 6ème tour d’appel à propositions du Fonds Mondial en rencontrant dans ce cadre les différents partenaires concernés. Il est également prévu au cours du séjour de la délégation une séance de planification pour améliorer la mise en œuvre des projets ciblés.
Le lundi 18 juin, la délégation a été reçue par le ministre de la Santé publique avant d’échanger mardi avec un certain nombre de partenaires dont l’Union européenne, l’ambassade de Belgique, le PNLS (Programme national de lutte contre le Sida) et le PNTS (Programme national de transfusion Sanguine).
Au cours de la même journée de mardi, la délégation du Fonds mondial a également effectué une descente au Camp militaire Kokolo pour échanger avec les responsables de l’Hôpital général de référence (Hgr) Kokolo qui bénéficie de l’appui du Fonds mondial à travers le PNUD (Programme national des Nations Unies pour le développement) et la l’organe de la coopération allemande GTZ. Cette assistance a permis à cette formation médicale de mettre à ce jour 256 patients sous ARV depuis le mois de mai 2006.

A cette descente sur terrain pour se rendre compte des différentes interventions des sous bénéficiaires du projet, Mme Christine Onyango n’a pas caché sa satisfaction sur le travail abattu par ces derniers. Elle soulignera cependant que quelques efforts doivent être fournis pour corriger les erreurs commises par le passé.
Les membres de la délégation ont également visité et échangé avec d’autres partenaires concernés par la mise en œuvre des projets en programme dans le cadre des subventions du paludisme et de la tuberculose. Il s’agit du Programme National de Transfusion Sanguine (PNTS), Programme national de Lutte contre le Paludisme (PNLP), Programme National Multisectoriel de lutte contre le Sida (PNMLS), Conseil National des Ong de Santé (CNOS), Country Coordinating Mechanism/Instance de Coordination Nationale (CCM), Local Fund Agence/Agence local du Fonds (LFA), Programme National de lutte contre la Tuberculose (PNT).
Pour revenir à la visite effectuée par la mission à l’hôpital du Camp Kokolo, Mme Christine Onyango a également fait savoir dans son mot de circonstance que d’ici la semaine prochaine, le Fonds Mondial compte parvenir à la finalisation du financement programmé. Le chef de la délégation chargé du portefeuille qui subventionne le Fonds a rappelé que l’hôpital Camp Kokolo, que la délégation venait de visiter, travaille étroitement avec le sous bénéficiaire qu’est le GTZ. Cette formation médicale a été dotée en équipement et cet appui commence déjà à montrer son efficacité.
Par ailleurs, Mme Christine Onyango a rassuré la population congolaise qu’elle peut compter sur le Fonds Mondial qui s’est engagé à travailler étroitement, non seulement avec le PNUD, mais aussi avec la coordination nationale du pays, le CCM, organe qui prépare les propositions à soumettre au Fonds Mondial.
Cas typique de l’hôpital du Camp Kokolo

Mme Christine Onyango a en outre visité les différentes directions de l’hôpital de camp Kokolo, notamment le laboratoire, le point focal, le bureau des consultations ainsi que d’autres directions. Elle a encouragé les responsables de cet hôpital pour l’organisation des soins, travail qu’elle a jugé comme étant un bon début.
Pour sa part, le médecin directeur du camp Kokolo a souligné que son office avait déjà pu dépister 600 patients infectés par le Vih/sida. En plus, l’hôpital donne des soins ambulatoires aux patients qui sont atteints du VIH/Sida, de la tuberculose, du paludisme, grâce à l’appui du PNUD, a t-il expliqué.
Jusque- là, les malades sont pris en charge principalement à l’hôpital de référence du camp Kokolo, le centre hospitalier du camp Seta, le centre de Santé Badiadingi, le centre de santé de la Force navale etc.
Le responsable de l’hôpital a souligné que pour cette année, sur 285 patients reçus, 38 ont trouvé la mort dans le six mois. Parmi les personnes, qui sont sur les ARV, la plupart pèsent moins de 60 kg.
Pour sa part, le Dr N’Landu de la direction Nursing de laboratoire au camp Kokolo, a expliqué comment ses services prennent soins des malades en assurant la fourniture des médicaments.
Chaque malade a sa page dans les différents registres où sont inscrits la date des consultations et le poids du patient. « Nous leur demandons le CD4 tous les 3 mois. Il s’agit d’examens refaits tous les 3 mois et tous les six mois. Souvent le service Nursing remet aux ONG, telle que la « Fondation Femme Plus», les noms et les adresses des patients pour le suivi à domicile. Il arrive parfois que certains parmi les malades donnent de fausses adresses », a indiqué le Dr N’Landu.
Il a été souligné que depuis le mois de mai 2006 jusqu’à aujourd’hui, 480 cas de dépistage ont déjà été enregistrés parmi lesquels 206 cas positifs alors qu’en 2007, du mois de janvier à ce jour, sur 195 cas, 89 seulement étaient positifs dont certains de valeur inférieure à CD4. Avec l’appui de GTZ, l’hôpital a pu bénéficier des matériels médicaux tels que les microscopes tandis que le personnel soignant a pu aussi bénéficier d’une formation adéquate.
Difficultés de moyens de transport
Dans le même cadre, le Dr. N’Landu de la direction Nursing a souligné que lorsque les malades arrivent, ils sont aussitôt pris en charge par des infirmiers qui sont déjà formés pour la tâche. Ils commencent par examiner les malades avant de les orienter pour les ARV quand c’est positif. Pour ce qui concerne les infections opportunistes, quand le malade répond au rendez-vous lui fixé en signalant, par exemple, que le produit lui prescrit qu’il a consommé lui a causé de problème ou de la résistance, dans ce cas de figure on peut lui prescrire d’autres produits.
Pour sa part, le médecin directeur de GTZ a expliqué que les prescripteurs sont au nombre de quatre. Le bureau qui s’occupe des PVV en est le point focal. On leur donne le code et les médecins sont aussi identifiés par le code. Le numéro du malade doit correspondre avec celui de son médecin traitant.
S’agissant des difficultés que les malades éprouvent sur le plan alimentaire, généralement elles sont dues au manque de soutien auprès de PAM depuis que celui-ci vient de suspendre son programme à Kinshasa. Le responsable de GTZ a souligné que c’est la plus grande difficulté qu’éprouvent les malades parce que d’autres parmi eux n’arrivent pas à prendre le médicament par manque de nourriture.
D’autres patients sont affaiblis et manquent de moyens d’arriver à l’hôpital. L’Hgr de camp Kokolo manque effectivement de moyen de transport, ce qui fait qu’il est incapable de transporter ceux qui sont affaiblis et bloqués à la maison.
Le docteur de GTZ a rassuré que dans un avenir proche et avec l’appui du Fonds Mondial, l’hôpital sera doté de moyens pour transporter ceux qui sont malades et qui n’arrivent pas à se déplacer vers l’hôpital. Il a, par exemple, cité le cas des personnes qui habitent la commune très éloignée de Masina, et qui, pour se déplacer, doivent avoir nécessairement des moyens conséquents. A ce jour cette commune n’a pas encore de centre d’appui propre.
Assurer la longévité aux malades
Le médecin de GTZ a ajouté en plus qu’en tant que sous bénéficiaire du Fonds Mondial, dans un premier temps ses services ont déjà créé les activités telles que le CVV qui consiste en une prise en charge volontaire. Il y a aussi le CVV hospitalier ainsi que le CVV communautaire. « Nous prenons aussi des contacts de CD4, a déclaré le médecin, pour assurer la longévité des malades de même que nous prescrivons des ARV aux 885 patients que nous suivons depuis cette année ».
Au terme de la visite de la délégation du Fonds mondial, et concluant sur les rapports présentés par les responsables de différents services et structures de lutte contre les pandémies visées, Mme Christine Onyango, en tant que chef de mission, déclarera ce qui suit : « Le Fonds mondial prévoit d’injecter plus de 100.000 dollars Usd dans le projet VIH/Sida, tuberculose et paludisme ». De ce montant. 44 % seront alloués aux projets de lutte contre le VIH/Sida. Elle indiquera ensuite en précisant que : « Nous sommes ici pour débuter une activité dirigée par un des nos 33 sous bénéficiaires ».
Sylvie Meta/MMC
Last edited: 21/06/2007 17:05:44