Le nul arraché par les Léopards de la République démocratique du Congo aux Brave Warriors de la Namibie le week-end dernier à Independence Stadium de Windhoek à mis l’habit de l’héroïsme. Dans ce match comptant pour la cinquième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations Ghana 2008, les pronostics ne vendaient pas très cher la peau de l’équipe adverse des Congolais. Les Namibiens, eux-mêmes, redoutaient ces premiers au classement du groupe 10 qui, de surcroît, étaient conduits par Trésor Lualua dont les prouesses étaient connues dans ce pays anglophone très branché sur le football en Angleterre. Mais comme dans ses (mauvaises) habitudes, le Congo démocratique a rendu difficile aussi bien la préparation de son équipe que son voyage dans la capitale namibienne.

Si bien que c’est dans des conditions très difficiles que le onze national de la R.D.C. a abordé cette partie qu’il n’avait pas le droit de perdre s’il voulait garder toutes ses chances de qualification à la grand-messe d’Accra de janvier prochain. Arrivés très tôt le matin de ce samedi 16 juin (vers 4 heures locales) sous une température de 1 degré Celsius, Henri Depireux et ses poulains ont été installés au Kalahari Send Hotel à peu près à 7 heures du matin. Ils ont donc dû garder le lit tout l’avant-midi afin de récupérer. Dans ces conditions, la reconnaissance du terrain avant la partie était évidemment exclue.

Sans match d’entraînement digne de la compétition pendant la préparation, ils avaient juste rencontré la modeste formation lushoise de New Soger – fatigués d’un voyage harassant (ils avaient atteint l’aéroport le vendredi à 13 heures pour attendre un décollage qui est intervenu après minuit), les Léopards ont dû puiser dans leur réserve d’énergie et dans leur volonté de vaincre pour ne pas laisser leur peau dans cette rencontre dont le résultat était très attendu par tout le peuple congolais.

Un caviar de Lualua, le but de Matumona

La partie avait atteint la 26ème minute. Le capitaine Trésor Lualua dans le camp namibien en position offensive avait soulevé la balle pour Matumona Zola devant la masse de la défense namibienne. Le sociétaire de F.C. Brussels envoyait, du pied droit, le cuir dans la cage de Shaningayamwa. Les supporters congolais venus de Kinshasa, la communauté congolaise de Windhoek ainsi que les ressortissants de la R.D.C. venus d’Angola transformaient le stade de l’Indépendance en carnaval. Nzila Fanan, le reporter de la R.T.N.C. sur place, disait même que ce stade de la capitale namibienne avait perdu son indépendance.

Piqués par ce but encaissé devant leur public, les Brave Warriors se lançaient à l’assaut du camp congolais. Un bloc bien entraîné qui avait livré suffisamment des rencontres de préparation et qui évoluait en groupe. Des attaquants véloces avec des ailiers de débordement très rapides à l’instar de Pignaar Nauseb et Risser Oliver. En plus de l’avant-centre Benjamin Collin qui a loupé plusieurs occasions devant le but congolais.

A la 35ème minute de jeu, la Namibie bénéficiait d’un corner. Exécuté de gauche à droit, le coup de pied de réparation atterrissait sur la tête de Pignaar Nauseb devant l’incapacité du géant Lusala-lu-Mvemba qui n’était pas parvenu à intercepter la balle. Le heading de l’attaquant namibien terminait sa course dans les filets de Robert Kidiaba qui avait, somme toute, livré un match remarquable. 1-1 sera le score jusqu’au dernier coup de sifflet du Zambien Cornelius Mwanza.

Lualua, la super star

Tout Windhoek avait, ce samedi 16 juin à Independence Stadium, les yeux rivés sur le capitaine de l’équipe de la RDC. Branchée sur le football anglais, la Namibie était au courant des prouesses de Trésor Lualua, le Congolais sociétaire de Portsmouth. Adulé, il était donc craint et très surveillé. A la 23ème minute, son coup franc ricocha sur la basse transversale glaçant tous les Namibiens. Aux confins de la seconde période, il avait couru derrière deux défenseurs namibiens puis s’était arrêté. Mais, les deux joueurs, croyant toujours avoir sur leurs trousses le capitaine des Léopards s’étaient télescopés et avaient envoyé la balle en corner.

A la fin du match, l’arbitre Cornelius Mwanza avait demandé et obtenu une photo avec la star congolaise. Qui, au sortir du stade, avait dû se dérober à la multitude d’admirateurs qui couraient derrière des autographes. Sans nul doute que si l’équipe congolaise s’était bien préparée, les Brave Warriors trop concentrés sur Lualua auraient été surpris par les autres talents de l’attaque des fauves. Des leçons à tirer.

J.C.L./Visa