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Reporters sans frontières (RSF) s’étonne des conditions dans lesquelles se déroule le procès des assassins présumés de Serge Maheshe journaliste de Radio Okapi. Débutées le  14 juin 2007 à Bu­kavu, les audiences sur le pro­cès des présumés assassins du journaliste de la Radio Okapi Serge Maheshe viennent d’être suspendues. C’est une décision du tribunal militaire de Bukavu. Ce dernier veut ainsi se donner le temps de mener une étude approfondie de l’arme du crime et de derniers appels téléphoni­ques de l’infortuné. La prochaine audience est prévue le 25 juin, rapporte radiookapi.net.

C’est autour de 18 heures locales que le président du tribu­nal a décidé du renvoi du procès au lundi 25 juin. Cela, pour per­mettre l’élaboration d’une réqui­sition du ministère public à l’agence de communication Vodacom, afin de réécouter les dernières communications de la victime. Aussi, selon toujours le tribunal, le renvoi du procès per­mettra une étude approfondie de l’arme AK 47 à crosse sciée qui va donner plus de lumière aux dif­férents témoignages des person­nes qui comparaissent au procès. Ainsi, les deux amis de Serge Maheshe présents lors des faits ont pu fournir leurs explications sur les circonstances de cette mort.

Quant aux deux militaires présumés assassins de Serge Maheshe, ils continuent à nier leur implication dans ce dossier. Dans le même cadre, le tribunal a également visité le camp mili­taire de Bijido, situé à une tren­taine de mètres du lieu du crime. Un camp dont les habitants du quartier Ndendere exigent la fer­meture depuis plusieurs mois, selon le chef du quartier. En at­tendant la reprise du procès, le 25   juin, le ministère public a promis de renforcer la sécurité phy­sique des témoins et de leurs avo­cats.

RSF s’étonne de   l’ouverture précipitée du procès des assassins présumés de Serge Maheshe

Reporters sans frontières (RSF) s’étonne des con­ditions dans lesquelles se déroule le procès des assassins présumés de Serge Maheshe, journa­liste de Radio Okapi, tué le 13 juin 2007 par deux hommes armés alors qu’il quittait le domicile d’un ami.

« On pourrait se féliciter de la célérité de l’enquête, mais la précipitation avec laquelle la justice militaire a fait compa­raître les deux suspects est plus que surprenante. Aucun interrogatoire croisé, aucun droit de la défense, aucune expertise scientifique de la scène du crime et des armes utilisées, aucune protection des témoins, confusion de l’af­faire avec des arrestations de routine tout cela ne ressem­ble pas à une procédure judi­ciaire crédible. Nous pensions que l’assassinat de Serge Maheshe était suffisamment tragique pour que les autori­tés congolaises prennent l’af­faire au sérieux. Il est encore temps de faire en sorte qu’elle ne vire pas à la mascarade », a déclaré l’organisation.

Le procès de deux militai­res, arrêtés à une cinquan­taine de mètres du lieu du crime en possession d’armes à feu ayant servi peu de temps auparavant, s’est ouvert le 14 juin dans la soirée, devant le tribunal militaire de Bukavu (capitale du Sud-Kivu, Est). Un millier de personnes étaient présenté lors de l’ouverture de l’audience publique. Le gouverneur de la province, Célestin Cibalonza, a expliqué à l’AFP qu’ils étaient juges dans le cadre d’une « procé­dure de flagrance ».

Le caporal Katuzelo Mbo et le sergent Arthur Bokungo Lokombe (l’un est membre de la Force navale et l’autre est membre du groupe d’interven­tion rapide de l’armée au Sud­Kivu) ont été arrêtés lors d’une opération de police organisée au lendemain du crime et au cours de laquelle 17 autres personnes, dont 8 femmes, ont été arrêtées pour « déten­tion illégale d’armes ». Tous ont comparu devant le même tri­bunal. Selon Radio Okapi, les deux suspects ont nié toute implication dans le crime.

La famille de Serge Maheshe n’est pas présente, puisqu’elle est occupée à or­ganiser les obsèques du jour­naliste, prévues le 15 juin. Peu avant son assassinat, Serge Maheshe avait affirmé être menacé, notamment après qu’il avait été briève­ment arrêté et brutalisé par deux militaires, membres de la Garde présidentielle, selon plusieurs messages électroni­ques dont Reporters sans frontières détient une copie.

(Th)


RADIOOKAPI.NET/Le Potentiel/RSF/Forum des As


Last edited: 18/06/2007 15:00:45

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