Après la Gécamines mise sous régime spécial de restructuration dans le cadre du projet compétitivité et développement du secteur privé, c’est autour de la Sncc de passer par cette thérapeutique préparer au niveau du Copirep.
Le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (Copirep) a reçu du gouvernement la mission de mettre en œuvre un plan cohérent de restructuration du portefeuille de l’Etat. Tout récemment, il vient d’initier un processus de recrutement des nouveaux mandataires au sein des entreprises publiques.
Si cette opération touche la plupart des entreprises publiques, certaines à l’instar de la Générale des carrières et des mines (Gécamines) sont soumises à un plan spécial de restructuration. Sur cette liste, il y a une entreprise publique et une autre d’économie mixte qui viennent s’ajouter. Il s’agit de la Minière de Bakwanga (Miba) et de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC).
Pour ce dernier cas, le Copirep vient d’initier, par un communiqué diffusé par voie de presse, un processus de recrutement d’un consultant chargé de la Stabilisation des activités de la SNCC.
L’assistance technique recherchée pour la stabilisation des activités de la SNCC vise d’un côté, l’amélioration de la gestion de l’ensemble des activités de la SNCC, et de l’autre, la préparation de sa restructuration globale.
La nouvelle équipe devra, indique le Copirep, reformuler complètement la gestion technique, financière et commerciale de la société et mettre en place un plan minimal de production qui assurera la survie de la société jusqu’à sa mise en concession.
Pour assurer la réussite de la stabilisation et de la relance, le Copirep pense donc qu’une analyse organisationnelle devrait être faite et des solutions appropriées apportées pour assurer la réussite de la phase transitoire et créer une base solide pour la future société.
Dans la définition des stratégies de stabilisation, les tâches essentielles du consultant consisteront à mettre en place une nouvelle équipe de direction générale qui prendrait en main la gestion de la SNCC pendant 24 mois afin de préparer les bases de sa restructuration.
La firme de calibre international devra fournir la partie de l’équipe de gestion constituée des experts internationaux appelés à exécuter la mission de stabilisation aux côtés des experts nationaux.
La mission se déroulera principalement à Lubumbashi et sur les sites d’exploitation de la SNCC. La firme qui sera recrutée, mobilisera à temps plein pendant la durée du contrat une équipe composée de quatre experts : un directeur général, un directeur financier, un directeur d’exploitation et un directeur en charge de l’audit.
La SNCC est, à ce jour, la plus importante entreprise publique de transport de surface de la RDC. Elle a toujours été considérée comme l’épine dorsale de l’économie congolaise. Elle est actuellement confrontée à d’énormes difficultés techniques, opérationnelles et financières qui ne lui permettent plus de réaliser valablement ses missions.
La SNCC qui réalisait plus de 2,77 milliards d’unités de trafic en 1975, a vu sa production décroître de manière drastique jusqu’à atteindre le creux de 155,47 millions d’unités de trafic (UT) en 1995 pour remonter légèrement et stagner à une moyenne de 500 millions UT par an au cours de ces dix dernières années.
Difficultés actuelles
Entreprise du Portefeuille de l’Etat congolais occupant 14.119 agents répartis dans les secteurs ferroviaires (3.641 Km), fluvial (310 Km bief moyen), lacustre (1.425 Km sur le lac Tanganyika et 106 Km sur le lac Kivu) et portuaire (2 ports principaux) avec des activités annexes et connexes, la SNCC est aujourd’hui confrontée à des difficultés de trois ordres.
Sur le plan environnemental, l’état de guerre dans lequel vit le pays depuis août 1998 constitue un facteur très négatif pour les affaires ; le risque qui aujourd’hui avoisine les 3% avait pris l’ascenseur pour se stabiliser autour de 6% il y a quelques mois. Les hommes d’affaires nationaux méfiants ont préféré observer l’évolution de la situation en imposant un frein à leurs activités. La SNCC qui vend les services a vu dès lors le nombre de ses clients diminuer et son volume d’affaires se dégonfler.
En plus, l’entreprise reste confrontée à des problèmes financiers de tout genre dus, entre autres, à l’absence de financements extérieurs avec comme corollaire le manque de pièces de rechange et la diminution de l’offre de transport, à la baisse de certains trafics (minier Gécamines, Cargo général, etc.) ; au coût élevé de l’exploitation liée à la vétusté de l’outil de production ; et aux difficultés de recouvrement pénible de certaines créances.
Sur le plan technique, c’est surtout les difficultés de la voie ferrée qui paralysent tout le mécanisme de fonctionnement, de gestion, de rentabilité et de l’exploitation à cause de multiples faiblesses.
(Yes)Faustin K./Le Potentiel
Last edited: 16/06/2007 11:39:22