Dakar, la capitale sénégalaise avait porté l’habit de deuil, hier, avec l’inhumation du très grand africain de tous les temps: Ousmane SEMBENE. Avec ses 84 ans, il reste jusqu’à sa mort, l’homme qui a défendu avec brio la dignité de l’homme africain. Un contestataire avéré! Il n’a pas cédé aux sirènes de la politique pour devenir ceci ou cela. Il a toujours prôné des idées progressistes qui ont poussé les politiques à le ranger dans le fil d’opposant. Un opposant qui n’a jamais accepté la compromission pour devenir Ministre ou PDG Raison pour laquelle tous les présidents anciens ou actuels du Sénégal lui portent beaucoup d’estime et de respect.

Son histoire personnelle est une belle aventure que bon nombre de ses compatriotes commentent dans les sens à travers leurs canards consacrés à l’événement. Car, Ousmane Sembene est un véritable monument de la culture sénégalaise en particulier et africaine en général.

De lui, tout le monde sait que c’est un grand cinéaste. Un cinéma tourné vers la défense des valeurs africaines positives. A l’image du film « Mooladé », qui a obtenu le Prix « Un certain regard » lors de la 57ème édition du Festival des Cannes. C’était son tout dernier long métrage consacré à la lutte contre l’excision. Une pratique très courante dans l’Afrique de l’Ouest.

Il est aussi connu comme un grand écrivain. Il a écrit une abondante oeuvre littéraire dont notamment son célèbre monument « Les Bouts de bois de Dieu »; « O pays, mon beau peuple » ; « Voltaïque », etc...On le retrouve encore comme syndicaliste qui défend les valeurs sociales en Europe, dans une grande structure telle la Centrale Générale des Travailleurs (CGT) en France.

Des fleurs à un autodidacte

Issu de Ziguinchor, le chef-lieu de la Casamance, bastion de la contestation contre  l’autorité établie, Ousmane Sembene a traîné son pur sang partout où il était de passage. Mais, il est arrivé à ce niveau que par un concours des circonstances. Cet autodidacte, qui a travaillé comme docker à Marseille, s’est forgé le respect du monde entier en étant syndicaliste, cinéaste et homme des lettres. C’est lui pratiquement qui a façonné le grand Festival panafricain, Fespaco.

Le Phare