L’artiste-musicien Blanchard De plaisir qui est un Congolais naturalisé Britannique impose les rythmes de la Rdc à Manchester en Grande Bretagne où il s’apprête à lancer son deuxième album.

Un Britannique d’origine congolaise mais qui a gardé ses racines défend la culture de la Rdc à Manchester en Grande Bretagne où il réside. Aujourd’hui, « Blanchard De Plaisir » mérite un regard dans la mesure où avec la musique congolaise et non locale du lieu où réside, qu’il pratique. Il a convaincu et draine des foules, des mélomanes européens dont il est devenu la coqueluche. Non seulement il joue cette musique mais il parle d’elle au cours des ateliers qu’il anime. Ainsi plus des 3/4 du public qui participe à ses concerts est constitué des personnes de peau blanche. Exploit difficile à réaliser, même par les grandes stars de la musique congolaise qui lors de leurs déplacements dans le vieux continent rassemblent pour leur part seulement les Congolais, en particulier et les Africains noirs en général. Et si ceux-ci viennent c’est souvent par nostalgie. De Plaisir a osé en pratiquant et en imposant chez les Occidentaux une musique qui leur est étrangère. « De Plaisir donne du plaisir aux occidentaux. C’est pourquoi Digitalcongo.net qui s’est intéressé à lui en lui réservant son espace. L’expert comptable converti en musicien livre les secrets de sa réussite.
Multi Média Congo (MMC) : Salut Blanchard De Plaizir (Bdp) : Salut Mr Tsala.
MMC : Commencez d’abord par vous présenter aux visiteurs de Digitalcongo.net.
BDP : Je réponds au nom de Blanchard Okoty Azipambali. C’est mon vrai nom. Mais sur scène mes fans m’appellent « Blanchard De Plaizir ». Je suis un artiste musicien, chanteur, danseur et acteur d’origine congolaise habitant la Grande Bretagne précisément à Manchester.
J’ai fait mes études primaires à Kisangani dans la Province orientale, secondaire à Kinshasa, les Humanités à Johannesburg en Afrique du Sud.précisément à l’école King Edwards VII et les études supérieures à « The university of Witwatersrand » dans la même ville.
J’ai fini mes études supérieures en 1998 avec un diplôme de graduat en gestion des entreprises option Comptabilité. Je suis arrivé à Manchester en Janvier 1999 pour faire ma licence et j’y suis resté depuis. J’ai travaillé comme Assistant comptable dans quelques entreprises de la place en faisant la musique aussi pendant mes temps libres dans le souci de partager ma culture avec les Britanniques à travers la musique que j’ai commencé depuis l’âge de 10 ans dans un groupe d mon école.
MMC : De Plaisir, quel est le genre de musique que vous pratiquez
BDP : Je fais de la Rumba congolaise. Le typique qu’on appelle communément « Ndombolo » ou « Ngwasuma », du « Soukouss », du Reggæ et du Zouk aussi.
MMC : A quel public s’adresse votre musique
BDP : Ma musique s’adresse à tout le monde, un public multiracial, mais je me retrouve souvent devant un public européen à 80% et le reste, 20% ce sont nos frères d’Afrique de l’Est, de l’Ouest et du Sud.
La plupart de nos frères et soeurs Congolais ne nous supportent pas comme ils le font avec les grandes stars congolaises. Comme on n’est pas Werra, Koffi ou encore JB Mpiana, ils nous sous-estiment mais les Européens savent apprécier et supporter les artistes. « Ba Congolais bazelaka kaka mbuma etela bongo baya ko lia mais balingi ko lona te». ( Ils ne sèment pas mais ils attendent les fruits pour en jouir). Voilà pourquoi notre musique a l’air d’être en baisse.
Voilà pourquoi le manque de soutien et des producteurs congolais qui pourtant peuvent prendre des risques pour soutenir les jeunes artistes qui se cherchent encore.
MMC : Dans un site, on a vu des photos avec de nombreux Européens en train de suivre votre concert. Est-ce que ces gens comprennent votre style ? Que ce qui les intéresse ?
BDP : Bien sûr qu’ils le comprennent. La musique est une langue universelle quelque soit le style et surtout notre style qui a vraiment de l’ampleur ici. Malgré que je chante en lingala, c’est le rythme et la danse qu’ils adorent le plus. Notre musique a une énergie qui laisse tout le monde danser jusqu’aux petites heures du matin. Seulement, il faut qu’on apporte cette musique vers les étrangers pour qu’ils la consomment comme je le fais au lieu de ne faire que des concerts de retrouvailles comme le font les grandes star congolaises au cours de leurs tournées en Europe. Je souhaite voir Werra ou JB faire des concerts devant un public purement européen comme nous le faisons.
Je cite Kanda Bongo Man, Blanchard De Plaizir, Awilo Longomba, Lokwa Kanza, Papa Wemba … qui pour moi sont de vrais ambassadeurs qui font parler de la musique congolaise non seulement en Europe mais partout dans le monde.
MMC : Combien d’albums avez déjà produit et si possible, voulez- vous vous exprimer sur le nombre de K7, Cd, et Dvd que vous avez réussi à écouler
BDP: Jusque- là un seul album. Il a comme titres « Décollage ». Je l’ai réalisé en 2004. Il contient 5 titres dont « Décollage » comme titre phare. C’était une auto production avec mon propre label « Baz Connection Entertainment Ltd ».
Sur place j’ai produit 3 milles Cd qui se sont tous épuisés. Je les ai vendus tous sur mon web site officiel et pendant les concerts.
Les K7 étaient produits en Afrique de l’Est par mon Distributeur « Sound Africa » à Nairobi au Kenya. On avait réalisé une seule vidéo de « Décollage » qu’on a distribué gratuitement pour la promotion. Actuellement je travaille sur mon 2ème album qui sera intitulé « Plaisir ya trop ».
Il contient 7 titres dont 6 signés par moi- même et une chanson par Burkina Faso Mboka lia. Nous sommes à l’étape du mixage et du tournage de 2 vidéo clips pour accompagner l’album dont la sortie en Grande Bretagne est programmée pour la première quinzaine du mois de Juillet 2007. A part mon site,
l’album sera disponible sur Internet en version Cd et Digital pour le
télécharger automatiquement dans des sites.
MMC : Dans quel studio l’avez vous enregistré ?
BDP: « Décollage » a été enregistré dans mon studio à la maison où se sont également déroulés les travaux de programmation mais le mixage et le mastering l’ont été au studio du département de musique de l’Université de Manchester. En ce qui concerne l’album « Plaisir Ya Trop », la programmation a eu aussi lieu tait dans mon studio, la prise de son chez Back of Yards Studios à Londres tandis que le mixage au Studio Bennie à Manchester. En ce qui concerne le mastering se fera au Cutting Rooms Studios toujours dans cette ville.
MMC : Qui sont alors votre producteur et votre distributeu ?
BDP : Je n’ai pas de producteur. Je suis indépendant à présent. Je produis et réalise mes albums avec mes propres moyens jusqu’à ce que je me trouve un producteur. Je suis moi même un entrepreneur mais il y a aussi Dieu qui aide ceux qui s’aident d’abord eux-mêmeS. « Soki ozeli kaka ba producteurs oko bima suki pembe pe makasi pe ba talents nioso ekosila ».(Si tu compte sur les producteurs tu attendras longtemps en perdant et la force et le talent). C’est pourquoi j’ai crée mon propre label à travers lequel je me produis et je produit aussi d’autres artistes Africains de la place. C’est petit à petit que l’oiseau fait son nid. Mais si une personne de bonne volonté se fait présente, des gens comme David Monsoh, Kiki Toure, ou même la maison Ndiaye, je n’hésiterai pas car mon but de faire écouter ma musique partout au monde.
MMC : Parlez un peu de votre dernier album. Comment vous l’avez intitulé et pourquoi ce titre. Combien de chansons contient-t-il ?
BDP : L’album, je l’ai déjà dit, contient 5 titres, dont « Décollage, Combat de Boxe, Bombe éclate, Défis ya Pamba et Let’s Dance. Le titre Décollage était pour indiquer l’envol ou même l’ascension de la Rumba congolaise de Manchester vers le reste du monde. A l’époque de la réalisation, beaucoup des Britanniques ne connaissaient pas cette musique, d’où une façon pour moi d’introduire cette bonne musique dans leur vie et la donner une identité afro britannique. Aujourd’hui la plupart de mes fans connaissent cette musique et son histoire. Car en plus des prestations sur scène, je pars souvent dans des collèges, universités et écoles pour animer des ateliers sur notre musique et nos danses. Je parle des artistes qui font cette musique toutes les générations. La plupart des Anglais ne me parlaient que de Franco Luambo, Pepe Kalle, Kanda Bongo, Papa Wemba Tabu Ley mais aujourd’hui, grâce à ce que je fais, ils savent qu’au Congo il y existe des musiciens comme Fally, et des groupes comme les Wenge ect…Et tout ceci grâce a mes ateliers et conférences.
MMC : Quel est le thème dominant que vous y avez exploitez ?
BDP : Le thème dominant était le mariage dont le couple est mixte. Donc un/une Africain(e) se marie à un/une Européen(e). La différence des cultures et l’attitude des deux acteurs dans le mariage par rapport à leur culture. Ce sont des cas qu’on rencontre beaucoup ici en Europe. Souvent la maison devient un ring pour des combats de boxe suite à l’incompréhension d’un des conjoints. Il y a aussi le manque de tolérance etc.
MMC : Qui sont les musiciens qui vous ont accompagné dans le cadre de cet album. Vous avez un groupe propre ou que vous faites recours à des musiciens indépendants, des mercenaires, de la place.
BDP : « Décollage » était fait avec le concours de mon groupe « Britannia Rumba » ( Rumba made in Britain) à l’époque le groupe avait des artistes comme: Chocolat Blaise qui a travaillé avec le Grand Père Bozi Boziana à la guitare basse, Niwel Canard, un ex de Wenge Tonya Tonya à la guitare Solo et quelques dissidents qui sont venus avec Dezi Mbwesse. Le groupe a perdu son effectif à cause des tracasseries avec l’immigration. Certains musiciens ont eu à quitter le pays. Maintenant il groupe garde son nom de Britannia Rumba avec comme membres effectifs moi- même et mes danseuses. On fait recours à des musiciens indépendants pour les productions en live et les enregistrements comme dans mon nouvel album « Plaisir Ya Trop » pour lequel Burkina Faso a énormément contribué dans la réalisation.
MMC : Vous êtes Britannique d’origine congolaise. Mais dans votre pays d’origine la Rdc, à Kinshasa notamment, vous êtes un illustre inconnu. Apparemment vous n’avez pas envie de faire connaître vos oeuvres dans votre pays.
BDP : Merci pour cette question Mr Tsala. Vous faites bien de dire apparemment. L’apparence, dit- on, trompe mon frère. J’ai vraiment envie de me faire connaître au pays. Bien que j’aie la nationalité britannique, je me sens Congolais à 100%. Donc il est impératif que dans mon pays qu’on me connaisse aussi. Je travaille déçu mon frère. Petit à petit mes compatriotes vont me découvrir. Il me suffit de bons contacts avec les médias congolais ainsi que des connaissances dans le showbiz au pays et convaincre notre public que je trouve vraiment capricieux et difficile à convaincre mais on y arrivera. J’étais à Kinshasa du 28 mars au 15 avril 2007. Je suis passé dans quelques chaînes de télévision de la capitale. Les réactions du public étaient positives. Seulement, il y a aussi le fait que je dois commencer à visiter le pays de temps à temps. Mon souci numéro 1 est d’aider cette industrie musicale qui est totalement négligée et mal gérée par les grandes stars du pays qui je trouve égoïstes et qui manquent de volonté et d’initiatives. Pire encore, ils adorent exploiter les jeunes talents pour leur propre intérêts et en retour ne font rien pour le bien de leur communauté d’origine. L’artiste Congolais doit comprendre que la musique est une source de richesse et un business qu’il faut gérer comme toute autre entreprise.
MMC : Comment se porte la musique congolaise en Europe
BDP : Je ne peux parler pour toute l’Europe. Mais en France la musique Congolaise se porte toujours bien. Ici chez nous en Grande Bretagne, nous sommes entrain d’établir le marché. Ce n’est pas facile mais dans toute chose, il y a toujours un début. Dans les communautés africaines de l’Europe c’est mon ami Fally Ipupa qui est au top. Ferre monte petit à petit.
MMC : Ne pensez-vous pas que cette musique est en danger à cause de sa monotonie et face au Mapuka, au Coupé- décalé qui gagne de plus en plus du terrain.
BDP : Non Mr Tsala, Cette monotonie a toujours été existé dans notre musique. Ce qui est vrai est que les artistes congolais ne font plus des recherches des sons comme avant. Personnellement, je pense que cela est dû au fait que notre musique devient de plus en plus commerciale. C’est la loi de la demande qui s’impose. Il faut donner aux consommateurs ce qu’ils veulent consommer. Et les vrais consommateurs de notre musique sont des étrangers qui ne comprennent pas nos langues suite au pouvoir d’achat. Ce phénomène n’est pas présent seulement dans notre musique. Faites un peu des recherches dans le hip hop américain ou soit le pop Britannique vous aurez la même impression. Concernant le Mapuka, notre musique n’a rien à craindre car le Mapuka est basé sur notre rythme. Un enfant ne peut jamais devenir le parent de ses parents. Si ce Mapuka gagne du terrain c’est parce que les Ivoiriens ont compris le Showbiz, étudié leur marché et compris ce que veut le public. Et surtout le plus important est que les producteurs ouest africains sont des professionnels et mettent des moyens en jeu pour la promotion de leurs artistes et le Congo soufre encore de manque des producteurs, d’infrastructures ect. Sans les producteurs ouest africains, notre musique serait en chute libre. Il est grand temps que les Congolais se rattrapent et bénéficient de cette richesse de leur pays qu’est l’industrie musicale au lieu que les étrangers s’en servent toujours. Pouvez- vous vous imaginer combien d’argent David Monsoh a pu récolter avec « Droit chemin » de Fally? Imaginez que Mopao avait produit cet album car il a les moyens. Cela allait bénéficier aux Congolais et au fisc de al Rdc d’abord. Esengo nini elingaki ezala? (Quel plaisir que cela allait constituer pour les Congolais)
MMC : Un mot pour conclure cette interview
BDP : Merci à Digital Congo.net pour l’opportunité et surtout pour nous rejoindre au pays à travers la magie de l’Internet. Merci à tous les visiteurs de Digitalcongo.net.
Pour tout contact, je leur demande de pouvoir m’écrire à l’adresse suivante : « HYPERLINK "http://fr.f260.mail.yahoo.com/ym/Compose?To=info@britannia-rumba.com" \t "_blank" info@britannia-rumba.com, ou soit m’appeler au téléphone en composant le + 44 (0) 7891 499 628”. Ils peuvent aussi visiter mes sites qui sont : HYPERLINK "http://www.myspace.com/deplaizir" \t "_blank" www.myspace.com/deplaizir HYPERLINK "http://www.britannia-rumba.com/" \t "_blank" www.britannia-rumba.com. Que Dieu bénisse le Congo.
Boni TSala/MMC
Last edited: 08/06/2007 18:00:35