Horreur insoutenable mardi à la Gare centrale du chemin de fer de l’Onatra à Kinshasa : un passager imprudent qui tentait en dernière minute de sauter dans un train en partance vers Masina s’est fait broyer sur les rails avec éparpillement des restes du corps du malheureux.

Le quai du chemin de fer de l’Office national des transports, Onatra, à la Gare centrale de Kinshasa a offert mardi un spectacle horrifiant qui faisait frémir plus d’un passant dans ces parages. Des morceaux de corps humain étaient éparpillés, en effet, sur quelques mètres le long de la voie ferrée à ce quai. Il y avait les souliers d’un côté, la tête d’un individu méconnaissable et le reste de son corps avec boyau ouvert de l’autre, tandis qu’étaient éparpillés ça et là les deux bras sectionnés du malheureux.
Des témoins de l’accident rapportaient aux curieux ébaubis devant le spectacle que l’homme réduit à l’état déploré était un passager infortuné. On l’avait vu, racontaient-ils, courir pour rattraper le train de l’Onatra desservant la ligne Gare centrale- Masina et qui quittait déjà le quai sous le coup de 15 heures tapant. Les passagers qui prenaient aisément place dans les voitures d’un autre train en attente de son heure de départ étaient attirés par le coureur en suspectant sa prestance à sauter dans le train en mouvement.
Vu le haut risque de rater la marche dans cette folle tentative de rattrapage d’un train déjà lancé en course, des spectateurs ont crié au passager insensé de renoncer de poursuivre le bolide, mais le malheureux ne l’entendait pas de cette oreille et aurait répliqué qu’il ne voulait pas perdre sa chance de monter dans le train par lequel il pouvait vite rentrer chez lui avant la tombée de la nuit. Tout est allé si vite que la dure réalité du danger redouté a éclaté instantanément. Le malheureux passager a effectivement raté sa marche et a comme été happé sous la ferraille des roues du train pour en être fauché impitoyablement.
Boucherie humaine
En l’espace de l’éclair c’est un autre spectacle ahurissant cette fois qui s’offrait devant les yeux des témoins. Du sang a jailli derrière la dernière voiture du train filant à toute allure, tandis que des morceaux de corps humain s’éparpillaient de part et d’autre de la ligne du rail sur lequel les roues de la ferraille du train avaient broyé ces restes exhibés comme de la viande de boucherie.
Il y avait, comme déjà indiqué ci-haut, d’abord les chaussures de la victime retrouvées éparses, sans les pieds de la victime, ensuite la tête fracassée et une partie du corps dénudé et éventré avec boyau ouvert, et enfin les bras sectionnés dont l’un de ces deux membres a été projeté plus loin sur la voie ferrée. Tous ceux qui ont pu regarder l’image de cette boucherie humaine frémissaient d’horreur en réalisant le danger que représente le train en marche : une mort instantanée et impitoyable pour quiconque est cogné par le rouleau compresseur de la masse de ferraille roulant sur le chemin de fer.

D’aucuns ne se sont pas empêchés de dire qu’il vaut de loin mieux soutenir un accident de voiture que celui d’un train. Et de condamner avec fortes vociférations la témérité et le vilain plaisir que prennent souvent les passagers des trains de l’Onatra pourvoyant au transport urbain à Kinshasa, quand ils s’accrochent d’habitude comme des singes aux rampes des voitures ou en se hissant au-dessus de celles-ci comme des acrobates des cirques.
Chacun a déploré la tragique mort du passager imprudent qui s’est ainsi fait broyer sur la voie ferrée du train de l’Onatra, en reconnaissant que le malheureux avait payé pour son imprudence. Difficile dès lors d’imputer la responsabilité du sinistre à qui que ce soit, mais force était de déduire que, parmi tant d’autres du genre déplorés dans le passé, ce nouvel accident de transport sur voie ferrée est survenu en alerte de plus à l’intention des passagers à bord des trains urbains de l’Onatra, surtout les jeunes qui y montent en grand nombre. Il leur faut réaliser le danger des risques des acrobaties qu’ils raffolent souvent quand ils montent et s’installent négligemment aux rampes ou sur les toits des voitures des trains.
DN/MMC
Last edited: 06/06/2007 14:11:52