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En date du 30 mai 2007, la Banque Centrale du Congo a revu sa grille des taux d’intérêt. C’est la conséquence de l’appréciation du Franc congolais et de la baisse du taux d’inflation. Depuis quelques jours, il est observé une appréciation du Franc congolais, par rapport au dollar américain. Sur le marché parallèle, le taux pratique varie entre 480 et 490 Fc/1 dollar Us. Par contre, le taux indicatif, publié par la Banque centrale du Congo au 30 mai, était de 494 Fc/1 dollar Us. Devant cette situation qui arrange certaines couches de la population et défavorise d’autres, le gouverneur Jean Claude Masangu de la Banque centrale, a animé un point de presse dans son bureau, le vendredi 1er juin dernier.

Selon le n°1 de la BCC, la cause principale de l’instabilité du Fc est le déficit du secteur public. C’est depuis la fin du mois de février 2007 que la monnaie nationale est en train de s’apprécier. « Au 30 mai, le taux de change indicatif s’est établi à 494 Francs congolais, le dollar contre 562 Francs congolais à fin février. Entre ces deux dates, la monnaie s’est appréciée de 12% de sa valeur, par rapport au dollar américain ». A quoi est dû ce raffermissement ? J.C. Masangu l’explique par l’application, depuis le mois de mars, d’une politique monétaire prudente combinée à une politique budgétaire restrictive.

En ce qui concerne la politique monétaire, menée par la BCC, il y a eu un effort pour stériliser les avoirs des banques à concurrence de 11 millions de Fc. Pour la politique budgétaire, le gouvernement a réalisé, du 1er mars au 28 mai, des excédents budgétaires de 54 milliards de Fc.

L’économie a besoin des liquidités

A en croire J.C. Masangu, ces excédents budgétaires ont plus qu’épongé le déficit de 27 milliards de Fc enregistré en janvier et février 2007. « Au total, le secteur public a retiré 65 milliards de Fc de la circulation », a fait savoir J.C Masangu. Et de renchérir : « Ce qui conduit à une diminution des moyens de paiement en monnaie nationale dans l’économie et amène les agents économiques à vendre leurs devises ». Voila l’explication sur la forte appréciation du Fc.

Toutefois, J.C. Masangu a ajouté que le fonctionnement harmonieux de l’économie exige un niveau suffisant de liquidités. Ainsi, la BCC a injecté, en l’espace de deux semaines et demie, 14 milliards de Fc sur le marché de change contre des achats de 26 millions de dollars américains. Prenant en compte la situation sur le marché de change, à dater du 30 mai 2007, la BCC a dû réduire de 10 points le coût du loyer de l’argent.

Ainsi, la grille de ses taux d’intérêt a été revue. Le taux d’intérêt, sur les prêts à court terme représentant le taux directeur, est établi à 30% l’an. Quant aux taux d’intérêt sur les facilités permanentes, il est porté à 35% l’an. Logiquement, les taux d’intérêt pour la rémunération des billets de trésorerie (BTR) qui permettent de réguler la masse monétaire, ont été révisés. Ils se présentent comme suit : à 7 jours 26% l’an, à 14 jours 28% l’an et à 28 jours 30% l’an.

Au cours du jeu de questions et réponses, le gouverneur J.C. Masangu a reconnu que la cause du dérapage des politiques budgétaire et monétaire est l’accroissement du déficit du secteur public. Quid de la part de la BCC dans ce déficit ? Il a révélé que la BCC n’a pas eu de déficit en Janvier et février 2007. En mars, il y a eu un léger déficit et avril a été clôturé sans déficit. En ce qui concerne le budget 2007, le gouverneur a prévu une subvention d’équilibre à la BCC de 5 milliards de Fc. Mais, la BCC elle-même sollicite 10 milliards de Fc pour subventionner le déficit de son compte d’exploitation.

Objectif : faibles fluctuations du Fc

Interrogé sur le niveau des réserves internationales de la BCC qui ont sensiblement baissé, J.C Masangu a fixé l’opinion. A fin décembre, ces réserves étaient de 165 millions USD. Mais, en février 2007, elles ont atteint un faible niveau, à savoir 112 millions USD, soit deux semaines de réserves pour les importations. « Aujourd’hui, dira J.C. Masangu, les réserves sont chiffrées à 167 millions USD, soit 3 semaines d’importation ».

A propos des difficultés rencontrées par la BCC pour effectuer des paiements en Fc, J.C. Masangu fait remarquer que la BCC avait suffisamment de stocks des billets. Mais fin 2006, il y a eu un dérapage qui a poussé la BCC en février 2007 à épuiser son stock. Conséquence : certaines dépenses de l’Etat ont été effectuées en monnaies étrangères. D’où la BCC a connu une baisse de ses réserves de change, évoquées ci haut. La Banque a instruit l’Hôtel des monnaies de reconstituer le stock des billets. La programmation, arrêtée pour 2007, va permettre d’imprimer 450 millions des billets de banque. Avec le stock, la BCC sera capable de payer les dépenses de l’Etat en Franc congolais.

De cette prestation, il ressort que la confiance en la monnaie nationale est nécessaire pour combattre la dollarisation dans l’économie congolaise. Pour y arriver, il faut un franc congolais stable.

En guise de conclusion à cet échange entre le gouverneur et la presse, le directeur des études de la BCC, Ngonga Nzinga a eu des mots justes. « L’économie congolaise est confrontée à une forte appréciation du Franc congolais. C’est la manifestation d’un déséquilibre qu’il faut résorber. La BCC aspire arriver à une situation normale. Cela équivaut à avoir un niveau adéquat des liquidités compatibles avec un taux de change qui favorise tant les consommateurs que les producteurs. Nous devons aussi avoir un bon niveau des prix qui n’est possible que quand il y a des faibles fluctuations du taux de change ».

(Yes)

Didier Munsala Buakasa/L’Observateur

Last edited: 04/06/2007 15:58:13

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