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Bonjour | 05/07/2008 21:23 | English Make DC Home page | RSS feed

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Joseph Kabila Kabange est rentré dimanche 3 juin d’un séjour brazzavillois de 24 heures. Pour le Chef de l’Etat Rd congolais, cette visite constitue une première, qui est porteuse d’un espoir de paix durable entre les deux capitales les plus rapprochées du monde se partageant des peuplades unies par des liens historiques et séculaires de consanguinité. A la tête d’une forte délégation composée de membres de son cabinet et du Gouvernement, le Président Joseph Kabila Kabange est rentré à Kinshasa hier dimanche 3 juin 2007 au terme d’un séjour de travail de près d’une journée et demie durant sur la rive droite du fleuve Congo.

De mémoire de journaliste, jamais le Chef de l’Etat Rd congolais au pouvoir depuis janvier 2001 n’a jamais passé une seule nuit dans la capitale d’en face, alors que – empressons-nous d’enlever nos œillères hypocrites – les relations politiques sont restées nuageuses entre les deux capitales géographiquement les plus rapprochées du monde.

Il serait mal venu de nier que depuis le renversement du maréchal Mobutu par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL) au mois de mai 1997, Kinshasa et Brazzaville ont entretenu des rapports brouillés dont il faut situer la quintessence dans une méfiance compréhensible que les analystes politiques tardent encore à expliquer. Mais on ne devrait pas occulter le fait que Mobutu, sur la rive gauche et son homologue Sassou sur la rive droite du fleuve Congo avaient réussi à harmoniser leurs humeurs politiques divergentes depuis la chute du Mur de Berlin.

Tout au long de la guerre froide, le premier a été le porte-étendard du monde occidental en Afrique centrale tandis que Brazzaville a été aux avant-postes de l’idéologie lélino-marxiste dans la même contrée. Ce qui, depuis l’époque du Président Massamba-Débat et de Marien Ngouabi jusqu’à celle de leur successeur actuel a suscité des situations de brouilles interminables entre les deux capitales. Il a fallu attendre la fin de la guerre froide intervenue à la faveur de la politique de perestroïka et de glasnost initiée par le Kremlin dirigé par Gorbatchev pour dissiper le climat de ressentiment entre les deux capitales les plus rapprochées du monde.

Entre Kinshasa et Brazzaville, le dégel politique inauguré après la chute du Mur de Berlin n’a donc été interrompu qu’avec l’entrée de l’AFDL.

Tout homme de gauche qu’il a été de son vivant, Laurent-Désiré Kabila n’a pu forcer le destin et ramener la confiance au beau fixe entre les deux pays.

En lisant le communiqué conjoint qui sanctionne la visite de travail et d’amitié que vient d’effectuer à Brazzaville le successeur de L-D Kabila dans ce pays, on se rend vite à l’évidence que c’est la légitimité qui a été au centre du climat d’animosité qui a empuanti les rapports entre les deux capitales.

Le Président Denis Sassou Nguesso ne s’est pas empêché de le reconnaître, puisqu’il a « félicité  le Président Joseph Kabila  pour avoir conduit la Transition  à son terme ainsi que le processus qui a abouti à la mise en place des institutions issues des élections démocratiques, mettant ainsi fin à la crise de légitimité en République démocratique du Congo ». Et l’hôte de Joseph Kabila a poussé sa franchise un cran plus loin en affirmant que, fort de cette légitimité obtenue par son homologue, il va s’investir  à soutenir la dynamique de la reconstruction de la Rd Congo « dans un esprit de paix et de concorde nationale ».

Qu’est-ce à dire ? Cette affirmation laisse entrevoir qu’une nouvelle ère de coopération sincère s’instaure désormais entre les deux rives du fleuve Congo qui n’ont plus à se laisser aller à la méfiance. Cela laisse également comprendre que la question de la présence des forces négatives – DSP et ex gardes de Jean-Pierre Bemba réfugiés de l’autre côté du fleuve après les événements des  et  avril dernier – appartient désormais au passé parce que définitivement réglée au cours de l’entretien entre les deux Présidents voisins. Cela veut enfin dire que les politiciens de Kinshasa avides d’embrouille et de situations de conflictualité habitués naguère à trouver une oreille complaisante auprès des autorités de Brazzaville trouveront dorénavant porte close de l’autre côté du fleuve.

Joseph Kabila a été quasi plébiscité pour avoir accompli un travail de titan dans son pays. Venant de chez Denis Sassou Nguesso, homme réputé avare de boniments envers  ses pairs, cette reconnaissance doit enlever à ceux de la classe politique de la Rd Congo de l’Opposition  qui cultive une malhonnêteté maladive à méconnaître la valeur intrinsèque de la manière dont a été conduite la Transition et le processus électoral dans notre pays, la dernière argumentation qui leur servait jusqu’alors à contester l’aboutissement heureux auquel ce  processus, dirigé par Joseph Kabila a conduit aujourd’hui le pays. Denis Sassou Nguesso a présidé aux destinées de l’Union africaine durant toute la période post Dialogue intercongolais. Il sait donc à quelles difficultés son jeune homologue a dû faire face pour arriver aux résultats que lui, vétéran parmi les vétérans de la politique sur le plan continental a eu le courage et l’honnêteté de reconnaître.

C’est donc aujourd’hui venu pour tous ceux qui aiment réellement leur pays le moment de professer le même credo que le Chef de l’Etat de la République du Congo, et de contribuer, quand bien même on ne partage pas avec lui des convictions politiques identiques à celles de Joseph Kabila, à sa reconstruction. C’est seulement de cette manière que leur engagement à œuvrer dans une opposition constructive aura tout son sens.

Clément VIDIBIO/MMC

Last edited: 05/06/2007 12:35:02

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