Les poètes en quête de la reconnaissance
Kinshasa, 01/06/2007 / Culture
La tribune des poètes n’est pas restée exclusivement congolaise. Elle a par moment viré aux couleurs francophones avec la lecture et l’audition de la poésie chantée par des artistes Jacques Brel et Lanzmann.
Dans le cadre de l’animation autour du livre, la bibliothèque du centre Wallonie Bruxelles a instauré depuis plus d’une année, une rubrique dénommée « Plaisir d’écrire ». C’est à ce titre que l’opportunité a été offerte à quelques poètes congolais de dialoguer sur leurs oeuvres en l’occurrence: Roger Gregoire Bokeme, Corneille Monoko, Bestine Kazadi, Luemba lu Masanga et Bertin Makolo. Chaque poète a expliqué de sa passion pour la poésie à l’engagement manifeste pour écrire.
Avec « Les Anna braises » un mot valise qui veut dire années des braises, le poète Bokeme a emboîté les pas au Pr. André Yoka qui a écrit Kinshasa, carnets de guerre « Une lecture littéraire en mémoire des guerres destruction et ruineuses qui ont nargué la RDC au nom de la démocratie. Ils sont rejoints dans ce registre par Bestine Kazadi avec “Congo, mots pour maux” tandis que dans Fleurs en pleurs “et “ Folies“, Luemba, Monoko et Makolo Muswaswa essayent de peindre à leur manière la société congolaise.
Cela étant, la tribune des poètes n’est pas restée exclusivement congolaise. Elle a, par moment, viré aux couleurs francophones avec la lecture et l’audition de la poésie chantée des artistes musiciens Jacques Brel, Lanzmann.
Dans l’échange qui s’en est suivi, l’attention a été focalisée sur le culte des poètes, “Le Renouveau poétique” et l’école poétique. Les participants ont laissé aussi de côté les problèmes majeurs tels que la diffusion des poèmes et la publication. Le conseiller de la délégation Wallonne, Marc Cohen a proposé en ce qui concerne la diffusion, que la poésie congolaise soit chantée à l’instar des poèmes des écrivains français et d’ailleurs.
Le Pr. Yoka, modérateur du débat, a estimé que l’assistance de plus de 40 personnes à cette activité est un bon signe. Pour Monoko, la chanson congolaise moderne contient suffisamment de la poésie exploitable.
Ce sont des solutions ni au problème de diffusion ni celui des lecteurs. Il faut noter que le statut des poètes congolais reste toujours une question pendante malgré la publication. Encore, faut-il que les poètes congolais eux-mêmes s’organisent avec l’aide de certains partenaires pour pouvoir sortir de cette espèce de ghetto qui les enlise. Donc, les poètes congolais sont encore en quête de leur reconnaissance autant qu’ils sont en mal de diffusion de leurs oeuvres.
Jilla Majik/L’Avenir
Last edited: 01/06/2007 16:26:42