Dans le cadre de l’ani­mation autour du livre, la bi­bliothèque du centre Wallonie Bruxelles a instauré depuis plus d’une année, une rubri­que dénommée « Plaisir d’écrire ». C’est à ce titre que l’op­portunité a été offerte à quelques poètes congolais de dia­loguer sur leurs oeuvres en l’occurrence: Roger Gregoire Bokeme, Corneille Monoko, Bestine Kazadi, Luemba lu Masanga et Bertin Makolo. Chaque poète a expliqué de sa passion pour la poésie à l’engagement manifeste pour écrire.

Avec « Les Anna braises » un mot valise qui veut dire années des braises, le poète Bokeme a emboîté les pas au Pr. André Yoka qui a écrit Kinshasa, carnets de guerre « Une lecture littéraire en mémoire des guerres destruction  et ruineuses qui ont nargué la RDC au nom de la dé­mocratie. Ils sont rejoints dans ce registre par Bestine Kazadi avec “Congo, mots pour maux” tandis que dans Fleurs en pleurs “et “ Fo­lies“, Luemba, Monoko et Makolo Muswaswa essayent de peindre à leur manière la société congolaise.

Cela étant, la tribune des poètes n’est pas restée exclusivement congolaise. Elle a, par moment, viré aux couleurs francophones avec la lecture et l’audition de la poésie chantée des artistes mu­siciens Jacques Brel, Lanzmann.

Dans l’échange qui s’en est suivi, l’attention a été fo­calisée sur le culte des poè­tes, “Le Renouveau poétique” et l’école poétique. Les parti­cipants ont laissé aussi de côté les problèmes majeurs tels que la diffusion des poèmes et la publication. Le conseiller de la délégation Wallonne, Marc Co­hen a proposé en ce qui con­cerne la diffusion, que la poé­sie congolaise soit chantée à l’instar des poèmes des écrivains français et d’ailleurs.

Le Pr. Yoka, modérateur du débat, a estimé que l’as­sistance de plus de 40 per­sonnes à cette activité est un bon signe. Pour Monoko, la chanson congolaise mo­derne contient suffisamment de la poésie exploitable.

Ce sont des solutions ni au problème de diffusion ni celui des lecteurs. Il faut noter que le statut des poètes congolais reste toujours une question pendante mal­gré la publication. Encore, faut-il que les poètes congo­lais eux-mêmes s’organisent avec l’aide de certains parte­naires pour pouvoir sortir de cette espèce de ghetto qui les enlise. Donc, les poètes congo­lais sont encore en quête de leur reconnaissance autant qu’ils sont en mal de diffusion de leurs oeuvres.

Jilla Majik/L’Avenir