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La Mission des Nations Unies au Congo (Monuc) a tenu, mercredi, à son quartier général son point de presse hebdomadaire. Au cours de cette rencon­tre avec les professionnels des médias, la Monuc est re­venue sur les événements atroces survenus du 26 au 27 mai 2007 à Kanyola dans la province du Sud-Kivu. En fait une patrouille de la Monuc a évoqué l’accrochage entre la brigade Bravo et les éléments du Front de délibération du Rwanda (FDLR) qui ont poussé la population à se dé­placer massivement vers les autres coins de la province comme Walungu.

La plupart des blessés de ces atrocités, a indiqué le porte-parole KEMAL SAIKI, sont pour le moment sans médicaments. C’est pourquoi l’OMS a prévu d’envoyer des kits médicaux de base à l’hô­pital général de référence de Kanyola. Pour ce faire, elle a demandé aux autorités congo­laises de mettre tout en oeuvre pour poursuivre les auteurs de ces crimes en vue d’être entendus.

Pour le porte-parole de la Monuc, une ONG de protec­tion des enfants et pour la réinsertion d’enfants démobi­lisés dénonce le recrutement des enfants à Walikale sur la route de Bukavu par les éléments de la 85ème brigade. Outre ces événements, la mission onusienne a évoqué la célébration mardi 29 mai de la journée des soldats de la paix au camp du bataillon gha­néen. Cette commémoration, a souligné le porte-parole de la Monuc, avait pour but de rendre hommage aux 85 soldats de la paix décédés en République démocratique du Congo depuis le début de la mission de la Monuc.

La Monuc indésirable à Kanyalo

Le récent mas­sacre dans les villages de Nyabuluze et Muhungu, 7 kilomètres au sud de Kanyola, dans la province du Sud-Kivu, a accentué le sentiment de méfiance chez les villageois de cette partie du pays. Et pour preuve, une mission d’évaluation envoyée par la Mission de Nations Unies au Congo (Monuc) au sud de Kenyola, mardi, s’est butée au refus des villageois de la laisser passer.

« Elle a été empêchée par la population qui voulait exprimer son mécon­tentement. C’est une réaction compréhensible », a reconnu Kemal Saïki, porte-parole de la Monuc, au cours du point de presse hebdomadaire d’hier au quartier général de la mission à Gombe. Et de regretter que cette mission n’ait pas pu accomplir son travail.

Depuis lundi 28 mai, l’Ocha, l’Unicef et l’Ong IRC ont envoyé une mission à Walungu et Kanyola, dans le but d’évaluer la situation Sécuritaire. Sur place, elle a constatée le déplacement des populations du groupement de Kanyola vers l’axe principal reliant Kanyola/centre à Budodo. Elle a aussi observé un mouvement timide d’une autre partie de la population vers Walungu/centre.

Des familles dépla­cées passent les nuits à la paroisse catholique de Ka­nyola, à l’hôpital général ou dans les environs (à Lwas­hunga, Cisaza, Luya, Cizi, Cinbubi, Nabishaka, Na­kajaga). Ces groupes sont héberges par des familles d’accueil et sont en route pour Kanyola et Walungu. « Il semblerait que les mouvements des popula­tions vont se poursuivre de­vant l’insuffisance du dispositif militaire des FARDC », a averti Kemal Saïki.

Une opération minutieu­sement préparée

Revenant sur le mas­sacre de la nuit du 26 au 27 mai derniers, le major Gabriel de Brosses, porte-parole mi­litaire de la Monuc, note que l’opération militaire menée par les éléments soupçonnés d’appartenir aux Fdlr/Rastas a été minutieusement pré­parée, car les maisons atta­quées sont celles qui étaient pour la plupart isolées. De même, les victimes ont été tuées à coups de bâtons ou de baïonnettes en plein sommeil, refusant de tirer des coups de feu pour ne pas alerter des patrouilles.

« Ces groupes ar­més ont au moins 15 arts d’une expérience très im­portante dans cette région », note De Brasses, ajoutant que ce sont des forces qui s’adaptent et qui prennent le temps d’observer. Parlant du bilan et tout en recon­naissant des complicités au niveau interne, Kemal Saïki a indiqué que les meurtres du Sud-Kivu ont été perpé­trés à l’arme blanche, dans les villages dépourvus de militaires des Fardc. Au total, 17 personnes ont été tuées lors du massacre, dont 3 à Muhungu, 1 à Chihamba, et 13 à Nyabuluze. Plus ou moins douze enfants figurent parmi les personnes tuées. 11 en­fants ont été tués à Nyabu­luze et 1 à Cihamba.

En plus des person­nes tuées, 28 personnes ont été grièvement blessées, dont 19 acheminées à l’hô­pital général de Kanyola et 4 à l’hôpital général de Walungu. Les personnes légèrement blessées suivent les soins ambulatoires à l’hô­pital de Kanyola. Un blessé a d’ailleurs succombé plus tard des suites de ses bles­sures, amenant le nombre des morts à 18.

18 autres personnes ont été enlevées par ces in­civiques qui ont disparu dans la forêt, sans laisser aucune trace. A la question de sa­voir pourquoi les casques bleus de la Monuc, bien formés, n’ont pas été en mesure de mettre la main ne fût-ce que sur un assaillant lorsque l’attaque du village de Chihamba a été étouffée, Gabriel de Brosses, visible­ment énervé, a expliqué que les casques bleus ont beau­coup de contraintes mais ont réussi à faire ce qu’ils pouvaient pour protéger les civils.

Patience KIMINA&J-Alain Kabongo-Forum des As/Le Phare

Last edited: 31/05/2007 15:52:19

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