Le Conseil de sécurité se déplacera, une fois de plus, pour l’Afrique, particulièrement en République démocratique du Congo. Les quinze membres du Conseil de sécurité sont attendus vers mi-juin en visite de travail en Rdc.

Elle est attendue au mois de juin pour une mission d’évaluation qui intervient six mois après l’organisation des élections et la mise en place des institutions de la République.
Les quinze membres permanents du Conseil de sécurité sont attendus vers mi-juin en visite de travail en République démocratique du Congo. Ils séjourneront auparavant en Côte d’Ivoire avant de venir à Kinshasa pour se rendre ensuite à Addis-Abeba, siège de l’Union africaine.
Il s’agit de la septième visite du Conseil de sécurité depuis le déclenchement du processus de transition. Mais cette fois, cette mission s’effectue après l’organisation des élections en République démocratique du Congo et la mise en place des institutions démocratiques. Une mission qui intervient également après celle du nouveau secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon.
Sans nul doute que les membres du Conseil de sécurité mettront ce séjour à profit pour apprécier les efforts accomplis par les nouvelles autorités congolaises dans le cadre du redressement du pays, échanger avec elles sur le déroulement de la Mission de paix de l’Onu au Congo, Monuc, dont le mandat a été prorogé jusqu’ au 30 décembre 2007. Il est un fait que la Monuc est l’une des missions importantes du Conseil de sécurité à travers le monde, avec un coût évalué à 1 million de dollars par jour. Sa réussite apportera un plus à la crédibilité de l’action de l’Onu à travers le monde. Partant, l’accusation portée sur les contingents de la Monuc qui se sont adonnés aux abus sexuels, au trafic d’armes, des matières précieuses, sera examinée sérieusement avec les autorités congolaises.
DÉJÀ L’APRES-MONUC
Cependant, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les membres du Conseil de sécurité s’appesantiront avec les autorités congolaises sur la période de l’après-Monuc. Il est important de rappeler que la Monuc demeure jusqu’à preuve du contraire l’une des plus coûteuses missions de paix de l’Onu. A New York, de nombreuses nations ont déjà envisagé la fin de cette mission, refusant de continuer à contribuer à son financement. Notamment les Etats-Unis qui, avec l’organisation des élections, estiment qu’il est temps de revoir la formule de cette coopération avec les dirigeants de la République démocratique du Congo qui doivent désormais s’habituer à compter sur eux-mêmes. Car, de nombreuses voix se sont élevées pour souligner que la prorogation intervenue récemment sur le mandat de la Monuc devrait être la dernière.
Aussi, faudra-t-il s’attendre à un tour d’horizon complet de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. Allusion est faite ici à la réforme de l’armée, de la Police, de la Justice, des services de renseignements et bien sûr de l’Administration publique. Des dispositions porteront sur ces secteurs sur qui repose la stabilité des institutions nationales.
Au plan politique, un accent particulier sera mis sur le processus de démocratisation. Pas étonnant que l’on s’attarde sur l’effectivité de l’Opposition, la liberté d’expression et le respect des droits humains.
Or, à ce propos, le Conseil de sécurité, par la voix de son secrétaire général, avait déjà tiré la sonnette d’alarme, invitant le pouvoir à garantir l’existence réelle de l’Opposition. Ce qui explique cette attention accordée à l’examen et adoption du Statut de l’Opposition. Toutefois, au regard de ces rapports accablants sur le non respect des droits humains, ces violences commises par les éléments des FARDC pointés du doigt par la plupart des organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme, les membres du Conseil de sécurité ne manqueront pas d’interpeller les autorités dirigeantes pour qu’elles multiplient des efforts rassurants dans ce domaine.
BONNE GOUVERNANCE
En contre partie des efforts fournis par la Communauté internationale pour arriver aux résultats actuels, les discussions porteront également sur la bonne gouvernance. Déjà en ce qui concerne le secteur minier, le Conseil de sécurité avait appelé le gouvernement congolais à assainir ce secteur. La fraude généralisée facilite la mise en place des « économies de guerre », faisant ainsi de cette fraude l’une des causes principales des conflits armés dans cette région. Pas étonnant que dans ces conditions, le terrorisme trouve là un terrain propice pour ses opérations à travers le monde.
Mais les membres du Conseil de sécurité ne manqueront pas de rappeler le « contrat social » que les gouvernants ont signé avec les gouvernés. Il porte sur l’amélioration de leurs conditions de vie. Raison pour laquelle, le peuple congolais leur a donné mandat d’exercer le pouvoir pour s’engager dans la voie du développement durable. C’est sous ce signe qu’il faudra placer la 7ème visite des membres du Conseil de sécurité en République démocratique du Congo.
Freddy Monsa/Le Potentiel
Last edited: 26/05/2007 13:53:12