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Budget 2007 : Un deuxième test pour Gizenga

Kinshasa, 26/05/2007 / Politique
Le gouvernement d’Antoine Gizenga est attendu ce mardi à l’Assemblée nationale. Il est question de déposer et de défendre le projet de Loi budgétaire 2007. Un deuxième test après avoir présenté et défendu le programme d’investiture de son gouvernement. Le débat s’annonce haut en couleurs tant il est vrai qu’il s’agit particulièrement de jauger la capacité du gouvernement à faire face aux grands défis qu’im­posent les grandes questions nationales et internationales.

Sauf changement de toute der­nière minute, le gouvernement dépose ce samedi 26 mai au Bu­reau de l’Assemblée nationale le projet de loi budgétaire 2007. Et dans une lettre que la réunion du bureau de l’Assemblée nationale avec les présidents des commis­sions a demandé au président de l’Assemblée nationale d’adres­ser au Premier ministre, le chef de l’Exécutif est invité mardi 29 mai à la chambre basse pour défendre le budget du Gouvernement.

Il s’agit bien sûr d’un deuxième test pour le Premier ministre. Contrairement à ce qui s’est passé lors de la présentation du programme, il est entendu que les choses ne s’annoncent pas faciles pour le Premier ministre.

En effet, le 24 février 2007, Antoine Gizenga avait ren­voyé les députés à son projet de Budget 2007 pour répondre à leurs préoccupations sur certai­nes rubriques.

C’est-à-dire, préciser avec quels moyens le Gouverne­ment va exécuter son pro­gramme d’action qui, le 24 fé­vrier 2007, n’était pas totalement chiffré. Il ne s’agissait que de bonnes intentions en ces instants-là. Maintenant, il revient au Premier ministre de rassurer en donnant des éléments chiffrés à ces questions qui sont restées sans réponses jusqu’à ce jour.

SALAIRES, SANTE, EDU­CATION, ARMEE ET POLICE, CONTRIBU­TION EXTERIEURE...

Il est acquis que des ques­tions porteront sûrement sur les salaires des Fonctionnaires et Agents de l’Etat. Question de savoir si, comme l’avait dit le Premier ministre dans son dis­cours d’ouverture, son « Gouvernement est allé au-delà de Mbudi ». A en croire le ministre du Budget, les salaires seront améliorés et s’effectueront par palier. En septembre et octobre, les salaires pourraient se rappro­cher du premier palier qui, selon des éléments non encore officiels serait de 60 dollars par mois pour le huissier.

La deuxième préoccupa­tion portera sûrement sur la santé. Pour un pays qui entend relever les grands défis du développement ; la Santé, tout comme l’Education sont des secteurs prioritaires.

Quel est le taux réservé au budget de l’Etat à la Santé ainsi qu’à l’Education ? Certes, ces deux domaines figurent parmi les « 5 Chantiers du Chef de l’Etat ». Comment le Gouverne­ment entend-il rencontrer cette préoccupation ? Le Premier mi­nistre devra donner des répon­ses précises.

Mais la bonne exécution de ce programme dépend de la stabilité des institutions, de la sé­curité de personnes et de leurs biens. Le 24 février 2007, Gizenga avait promis de faire du processus de réforme de l’Ar­mée et de la Police, la priorité des priorités. Qu’en est-il de la ré­forme des services de sécurité, de leurs conditions salariales quand on sait que l’une des cau­ses des exactions contre les po­pulations civiles est la défaillance dans le système de paie des sol­dats et policiers. A l’instar des salaires des Fonctionnaires et Agents de l’Etat. L’on attend des indices encourageants qui doi­vent figurer dans ce projet de budget.

Enfin, le Premier ministre devra apporter des réponses précises sur la contribution des par­tenaires extérieurs. Devant l’échec du Programme relais de consolidation, les partenaires ex­térieurs ont différé leur assis­tance. Mieux, leur appui budgé­taire.

Lors de sa rencontre avec les présidents des commissions de l’Assemblée nationale, le Pre­mier ministre l’avait reconnu im­plicitement. Il est maintenant condamné à fixer les députés, au-delà la population, en se dé­pouillant de tout discours diplo­matique.

L’ossature  du budget 2007

En effet, loin d’être un secret de polichinelle, le budget 2007 dont la présentation est attendue incessamment à l’Assemblée nationale détrompe bien de pro­nostics. Il est de 2,137 milliards USD, soit 1.197 milliards Fc au taux de change de 560 Fc pour 1 Usd. Il est élaboré en équili­bre en dépenses et en recettes. Il sera financé à 56 %, soit 1,2 milliard Usd, par les ressources propres du gouvernement con­golais et à 40 %, soit 850 mil­lions Usd, par les partenaires ex­térieurs. Les 4% restants soit un gap de 87 millions USD que le gouvernement compte apu­rer lors du budget aménagé prévu pour septembre prochain. En définitive, c’est un budget fi­nancé à 60 % par l’Etat congolais. Il est prévu les dépenses courantes (salaires de fonction­naires, fonctionnement des ins­titutions, armée,...) de l’ordre de 900 millions USD alors que le service de la dette comprend une enveloppe de 671 millions Usd soit 56 % des ressources propres. En langage clair, ce que l’Etat congolais sur les fonds qu’il va mobiliser en interne 56% seront consacrés au paiement de la dette extérieure. Ce montant du service de la dette est si grand du fait que l’équipe 1+4 n’a pas satisfait dans la réalisa­tion du Programme économique du gouvernement (PEG), sus­pendu depuis le 31 mars 2006, moins encore au Programme relais de Consolidation (PRC). L’enveloppe réservée pour les investissements est de 441 milliards FC. Les dépenses excep­tionnelles sont chiffrées à 116 milliards FC.

Le budget 2007 a quelques innovations. Il y a notamment une dotation pour les bourses d’études des étudiants finalistes de licence et de graduat des ins­titutions de l’enseignement supé­rieur public. Il est prévu, de juillet à décembre 2007, une bourse de 30 Usd par étudiant et par mois. L’enveloppe totale est de 5 mil­liards Fc, soit 10 millions Usd. Aussi, le gouvernement s’engage à payer la presse nationale en guise de contrepartie des servi­ces qu’elle lui rendra. Pour ce faire, 1 milliard Fc sont inscrits dans le budget 2007. Le même montant est réservé aussi bien pour le Fonds de l’habitat, le Fonds de médicament, le Fonds pour les ar­tistes ainsi que pour le sport.

DES RECETTES ADDI­TIONNELLES CONDITIONNEES

Le gouvernement, par le biais du ministre du Budget, a signé un Protocole d’accord avec l’Intersyndicale des syndicats de la Fonction publique. Ce proto­cole d’accord souligne que les deux parties « s’engagent à poursuivre l’effort de mobili­sation des recettes et à consa­crer les recettes additionnelles à l’amélioration des rémunéra­tions des agents et fonctionnai­res de l’Etat, en tenant compte de l’augmentation du budget 2007, lors de son prochain aménagement ».

En effet, à l’issue de ces concertations, les régies financières se sont engagées à réaliser des recettes additionnelles de l’ordre de CDF4.751.888.469 en ce qui concerne la DGI, CDF 11.141.636.114 pour la DGRAD, et CDF 3 milliards pour la DGI.

Notons cependant que ces régies financières, pour consen­tir à la réalisation de ces perfor­mances, ont posé des conditions que notamment le gouvernement devra remplir pour leur permettre d’atteindre les assignations.

A titre d’exemple, la DGRAD a consigné dans le pro­cès verbal consacrant la fin des travaux de révisitation des données préfigurées du budget 2007 les préalables suivants : sa pré­sence dans tous les postes d’or­donnancement intérieur et exté­rieur (ambassades), la mise à dis­position de tous les imprimés de valeur pour tous les ministères du gouvernement sans rupture de stock, mettre fin à l’immixtion de différents services non autorisés dans la mission d’ordonnance­ment et de recouvrement (servi­ces spécialisés, différents par­quets, autorités politico-administratives), mettre fin à l’intégra­tion dans le budget des entités ad­ministratives décentralisées de certaines taxes du Trésor, la res­tructuration et le déploiement ef­fectif de services de la DGRAD à travers tout le pays (districts et territoires compris), financement par le gouvernement du Code de procédures, signature des contrats de performance entre la DGRAD, les services taxateurs et le gouvernement, prendre un acte juridique autorisant la DGRAD d’entrer dans les états financiers des assujettis en vue d’un redressement éventuel du montant déclaré par l’assujetti (cas de chiffres d’affaires des sociétés de télécommunications, minières pour la redevance mi­nière, etc.)

Quand on analyse ces préalables attentivement l’on peut craindre que certains ne soient remplis des cet exercice budgétaire. Ce qui ferait en sorte que cette régie financière n’at­teigne pas les recettes addition­nelles telles qu’elle s’est enga­gée. Aussi, cela provoquera la non exécution de certaines dé­penses correspondantes du bud­get, en l’occurrence la majora­tion des salaires des fonctionnai­res. Cela c’est sans compter avec la certitude du ministre du Budget que « les engagements pris dans le budget 2007 seront réalisés ».

A tout prendre, autant le gouvernement a intérêt que les régies financières atteignent sans faille leurs assignations y compris les recettes additionnel­les, autant il devra s’investir à gérer judicieusement les recet­tes ainsi mobilisées en les affec­tant conformément à la loi finan­cière. Mais avant que les préa­lables posés par les régies soient remplis pour faciliter la maximi­sation des recettes dont il a be­soin pour son action.

LE POTENTIEL

Last edited: 26/05/2007 13:05:54

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