La République démocratique du Congo, ŕ l’instar d’autres pays membres de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), a célébré mardi 16 octobre dernier la journée mondiale de l’alimentation. Pour l’année 2001, le thčme choisi par la Fao a été : «Lutter contre la faim pour réduire la pauvreté».A l’occasion de la célébration de cette journée, le ministre de l’Agriculture, Pęche et Elevage, M. André-Philippe Futa, a adressé un message ŕ la nation dans lequel il explique qu’en choisissant ce thčme, la Fao a tenu ŕ attirer l’attention des Etats membres de cette organisation sur ces deux fléaux: la faim et la pauvreté qui touchent une proportion importante de la population du monde, particuličrement celle des pays dits «les moins avancés», parmi lesquels figure la Rdc.

«Depuis plus de deux décennies, la situation alimentaire en Rdc n’est gučre brillante. Le pars connaît un déficit de plus en plus croissant quantitativement et qualitativement», précise le ministre de l’Agriculture en affirmant que la production de principales cultures vivričres a connu une réduction annuelle moyenne en termes absolus de 2,8%.

La production de la viande a connu une régression annuelle moyenne de 9%. Celle du poisson a régressé de 13% l’an. Les importations qui représentent 1,8% de la production intérieure ont régressé de 6,2% et l’aide alimentaire, suite ŕ la suspension de la coopération depuis 1991, a été sensiblement réduite au point de devenir insignifiante. Les causes de cette contre-performance ? Elles sont multiples et de plusieurs ordres, selon André-Philippe Futa qui en cite quelques unes : l’environnement macroéconomique trčs défavorable, la dégradation des voies de desserte agricole et te délabrement des infrastructures de transport et de stockage; l’intermédiation financičre centralisée et inefficace tant dans la mobilisation de l’épargne que dans le financement des activités productives; la destruction des circuits bancaires; le manque de financement propre et l’accčs trčs difficile au crédit et partant, aux facteurs de production, principalement les intrants; la faiblesse des services techniques d’encadrement et l’absence de l’organisation des producteurs du secteur agricole.

A l’insuffisance de la production agricole qui entraîne la faim, s’ajoutent les difficultés qu’éprouve la population ŕ accéder aux denrées alimentaires, qu’elles soient produites localement ou importées. Ces difficultés sont dues, selon André-Philippe, aux circuits de distribution constitués d’un nombre impressionnant d’intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs. A cette multitude d’intervenants s’ajoutent les tracasseries policičres et administratives ainsi que les innombrables taxes.

Pour le responsable du ministčre de l’Agriculture, tous les ingrédients sont donc réunis pour conduire ŕ la hausse exagérée des prix des produits alimentaires. Compte tenu du faible pouvoir d’achat de la population, l’accčs ŕ une alimentation suffisante et équilibrée est souvent problématique. Et la guerre d’agression ŕ laquelle est confrontée actuellement la Rdc a rendu la situation alimentaire encore plus précaire. Preuve la ration moyenne de la population accuse un déficit calorique de 20,5% contre 42% en protéines.

Dans le souci d’améliorer cette situation, fait-il savoir, le ministre de l’Agriculture, Pęche et Elevage envisage une nouvelle orientation en préconisant de nouveaux mécanismes susceptibles d’amorcer le redressement du secteur agricole. Ces innovations gravitent autour de trois axes, selon lui. Il s’agit du financement des activités de production agricole, de l’organisation sociale et économique de la production agricole et de l’appropriation des innovations par la base.

Le ministre Fuka termine son message en soulignant le fait que le gouvernement attache beaucoup d’importance ŕ la lutte contre la faim. Comment ? En améliorant l’agriculture et l’économie rurale. Ainsi, on va réduire la pauvreté. Mais, il faut ŕ tout prix qu’il y ait le retour de la paix en Rdc.