Les choses se compliquent lorsqu’on aborde le problème Bemba à la lumière de nombreux avatars politiques qui ac­compagnent sa vie sociale. Tout d’abord ses ambitions politiques sont revues à la baisse, et pour cause.

Si M. Bemba avait suivi un par­cours normal, avec le score électoral à l’élection prési­dentielle qui a fait de lui automatiquement le chef de file de l’Opposition, il aurait été élu président du Sénat. Ce poste est aujourd’hui occupé par un vétéran de la politique, Kengo Wa Dondo, qui n’est pas spécialement un ami de la famille Bemba en dépit de certaines ac­cointances provinciales.

Dans le même ordre d’idées, si son parcours politique n’avait pas été émaillé d’incidents militaires, il aurait devant lui tout son avenir politique, étant donné qu’il est encore assez jeune pour s’assagir et attendre son temps. Au lieu de cela, cet avenir semble compromis par des menaces sérieu­ses d’arrestation.

La CPI a donné le ton mardi dernier dans l’affaire du massacre de Bangui, la capitale cen­trafricaine, et il est à peu près sûr que le bouillant homme d’Etat ne va pas échapper aux mailles du fi­let de la justice internationale. Une certaine presse locale sur place ici en RD Congo s’est donnée beaucoup de mal pour affirmer que le retour de JP Bemba à Kinshasa serait un modèle soviétique du triomphalisme ; elle prétend que l’homme marchera à pied de l’aéroport de N’djili au centre ville à pied comme une parade. Rien n’est moins sûr.

Jean Pierre Bemba a beaucoup de plomb sur ses ailes pour continuer à survoler le ciel politique congolais, tel un aigle royal. Tout bien considéré, l’homme est entrain de se poser mille et une questions, même si il n’a rien perdu de sa verve ora­toire. Cette réflexion prolongée risque de l’amener à dépasser le délai réglemen­taire de 60 jours qui lui avait été imparti pour accomplir son check up au Portugal.

Dans un tel cas, le Sénat congolais pourra éventuel­lement constater son ab­sentéisme, et vraisemblablement décider de son ex­pulsion de ce corps législa­tif, au profit d’un suppléant beaucoup moins conflictuel. A ce sujet, il est à noter que depuis son élection comme Sénateur, JP Bemba n’a pour ainsi dire, pas mis les pieds au Palais du peuple pour siéger avec ses pairs.

(Yes)

L’Avenir