Il y a paradoxe. Quand un journaliste congolais critique, il est idiot… aux yeux du comédien ou metteur en scène. Quand il jette des fleurs sur un mauvais spectacle, il devient la référence.

Dans leur grande majorité, les artistes comédiens de la République démocratique du Congo apprécient bien la critique. Aux journalistes culturels et autres critiques d’art, ils sollicitent hardiment une critique fondée, cultivée. Mais, tais-toi lorsqu’un spectacle est mal tourné. Le propos d’un comédien professionnel tenu lors d’une séance de restitution au restaurant « Ibizabar » à Kinshasa sur d’inexistence de la critique sur les colonnes des journaux doit interpeller les chroniqueurs culturels. Tout de même, il y a paradoxes, lorsque le journaliste critique, il est imbécile, idiot... aux yeux du comédien ou metteur en scène. Quand il jette des fleurs au mauvais spectacle, il devient « la référence ». Pitié... Le comédien congolais a une autre race. Il demande la critique à 8 heures. Le soir, doucement, il la rejette. Il l’a méprisé surtout lorsque sur scène son spectacle est mal tourné. Il craint les réactions négatives.
Quelles critiques en réalité préfère-t-il?, se demandent d’aucuns. Il préfère émettre des critiques en direction des autres.
Du pain sur la planche !
Il est cependant vrai que l’état de la critique de théâtre en République démocratique du Congo est à l’image du pays. Le comédien a-t-il raison ou tort? Lit-il quotidiennement les journaux ? Lesquels ? Kinshasa compte environ une soixantaine de journaux. Quel journal lit-il pour généraliser le cas ? Pour son information, un travail initié par les journalistes se fait dans ce sens.
On doit continuer à être présent dans des productions, ateliers et rencontres pour produire plus de critiques. Ici, le problème ne vient pas du manque de pertinence des analyses, du contenu ou fond des critiques, non! Les papiers sont pertinents. Il est inadmissible que ce comédien ne soit pas au courant de tout ce qui se passe. Cependant, l’on doit prendre positivement cette critique. On n’est pas là pour défendre le comédien, le chroniqueur a encore du pain sur la planche.
Acceptons qu’on nous jette la pierre de temps à autre sinon nous n’aurons plus notre raison d’être. Ce qui est évident, le théâtre congolais est aussi malade de ses critiques. Le comédien a fait semblant sinon il ne peut dire cela et comme le souhaite tout le monde c’est le moment plus que jamais de lui montrer qu’il y a un formidable travail entamé par les journalistes culturels. Pas question de se décourager, mais persévérons pour le meilleur.
Dieumerci Monga Monduka/Le Potentiel
Last edited: 24/05/2007 16:50:11