Non seulement les grévistes réclament leurs arriérés de salaire mais aussi certains de leurs avantages sociaux qu’ils ont perdus depuis quelques années. A cela, il faut ajouter le caractère pléthorique du personnel de cette entreprise depuis l’année 2005.
Les agents de la Régie des voies aériennes (RVA) sont en grève depuis le vendredi 18 mai dernier. Ils réclament le paiement de leurs salaires des mois d’avril et de mai 2007. Il faut dire que selon la convention de travail dans cette entreprise publique, c’est le 20 de chaque mois que la direction des finances procède à la paie des agents. Il se fait que depuis deux mois, aucun agent n’a touché son salaire. Au niveau du comité de gestion, les raisons de cet non paiement ne sont pas données.
Pour le moment, ce sont les deux services au niveau de l’administration centrale et de l’aéroport national de Ndolo qui sont en grève. Les agents affectés à l’aéroport international de N’Djili ne suivent pas encore le mouvement. En à croire les agents de cette entreprise, en sit-in à Ndolo, tout peut arriver à tout moment à l’aéroport international avec le risque de paralyser les activités de ce côté-là. Ce qui sera un véritable manque à gagner pour l’Etat congolais.
Aussi, faut-il le souligner qu’à N’Djili, le mouvement de grève a été évité de justesse par un des responsables de la RVA, qui, une fois mis au parfum du déclenchement du mouvement de grève au niveau de ces deux services de l’aéroport national de Ndolo et de l’administration centrale, a procédé à la paie de quelques équipes au niveau de l’aéroport international de N’Djili. La source indique que, ce sont cependant seuls les cas de litiges des agents décédés et en retraites qui ont été réglés. Les autres attendent d’être servis au courant de cette semaine. La même source relève encore que, « si nos revendications ne sont pas prises en compte, les agents de N’Djili et ceux des autres services a l’intérieur du pays entreront en danse ».
Des arriérés de plusieurs mois en provinces
Si du côté de Kinshasa, les agents accumulent deux mois d’arriérés de salaires, ceux de l’intérieur ne sont pas payés depuis plusieurs mois. C’est le cas à Inongo et à Mbandaka, dans la province de l’Equateur, où les agents accumulent respectivement plus de vingt et douze mois d’impaiement. Aucun compromis n’est trouvé jusque-là entre les agents et le comité de gestion. Pour les agents, il ne faut plus faire confiance aux délégués syndicaux. «Les syndicalistes sont aussi responsables de cette situation de grève» étant donné qu’ils jouaient le jeu des membres du comité de gestion.
C’est ainsi qu’ils réclament le départ de l’actuel comité de gestion. Pour les agents en grève, la RVA n’a jamais connu ce genre de crise. C’est depuis le mois de septembre 2006 que les agents réclament la démission de l’actuel comité de gestion. Les activités de cette entreprise ont été paralysées, à l’époque, pendant un mois à la suite d’une grève déclenchée par les agents. Leurs revendications n ‘ont pas toujours été satisfaites.
Les agents en grève soutiennent que depuis l’avènement de ce comité de gestion, les travailleurs ont perdu plusieurs de leurs avantages sociaux, tels que les soins médicaux et autres. Depuis 2005, l’effectif de la RVA est passé de 3200 à 5200. Cela pèse lourd dans le budget de la RVA. Et pourtant ce budget n’a pas été revu à la hausse afin de résoudre le problème de gonflement des effectifs.
Lucien Kazadi Tshibambe/Le Potentiel
Last edited: 22/05/2007 18:23:42