Les deux provinces du Nord et du Sud-Kivu font toujours face à l’insécurité avec d’interminables tueries et affrontements entre les éléments armés et même entre ceux-ci et la population civile souvent victime également de pillages et de viols.

La violence contre les civils, victimes de rebelles ou de militaires, ne cesse d’augmenter au Nord-Kivu, province de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) où deux attaques de convois de véhicules et des accrochages armés ont été signalés samedi.
Samedi, au moins trois civils ont été tués et une vingtaine blessés dans l’attaque d’un convoi près de Kiseguru, à près d’une centaine de kilomètres au nord de Goma (capitale du Nord-Kivu), a déclaré à la presse Dominique Bofondo, administrateur du territoire de Rutshuru, où se trouve Kiseguru.
Cette attaque a été « attribuée par des témoins à des rebelles hutus rwandais des FDLR » (Forces démocratiques de libération du Rwanda), selon la même source.
Dans la matinée, sur le même axe, des tirs nourris ont contraint des convoyeurs à abandonner des camions de vivres.
La veille au soir, au moins un policier a été tué près de Kiberizi, à l’ouest de Rutshuru, lors d’accrochages avec des miliciens.
Au même moment à Beni, ville située à plus de 250 km au nord de Goma, le responsable local de l’Agence nationale de renseignement (ANR) a été abattu devant chez lui, de deux balles dans la tête, par des inconnus armés.
« C’est le sixième assassinat ciblé à Beni depuis le début de l’année. Cela doit cesser, les autorités doivent réagir », a déclaré à l’AFP le vice-président de la société civile de Beni, Guy Boyoma, précisant que les commerces de la ville étaient restés fermés samedi, en signe de deuil et de protestation ».
La situation est très tendue au Nord-Kivu depuis le déploiement entre janvier et mars de nouvelles brigades dites « mixées » constituées pour moitié d’ex-soldats insurgé fidèles au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.
Depuis le début du « mixage », entamé à la suite d’un accord entre Kinshasa et Nkunda, pourtant visé par un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre, les violences contre les civils ont décuplé.
Plus de 100.000 personnes ont été jetées sur les routes, à la suite de combats entre l’armée et des rebelles, ou du fait de violences perpétrées par des militaires, selon des agences des Nations unies.
Dans son rapport du mois d’avril, la section Droits de l’Homme de la Monuc a relevé une série d’exactions contre des civils au Nord-Kivu, allant du pillage aux exécutions sommaires, le plus souvent perpétrées par des militaires.
Des éléments de la brigade mixée Charlie sont notamment accusés d’avoir « fusillé quatre civils hutus dans le village de Rubaya » (nord de Goma) le 29 avril. Le 2 mars, un employé civil de l’hôpital de Nyamilima « aurait été torturé par deux soldats » de la brigade mixée Bravo qui « l’accusaient d’être un collaborateur des (miliciens locaux) Mai Mai ».
Selon le rapport, ce cas de torture n’est qu’un parmi tant d’autres, qui seraient « conçus et planifiés » par des officiers proches de Nkunda.
Face à une fronde de plus en plus visible dans son bastion électoral du Nord-Kivu, le président Joseph Kabila est récemment sorti de sa réserve pour déplorer, dans une déclaration à la télévision, le blocage de la reconstruction du pays du fait de « foyers de tension et d’agitation permanentes », notamment au Nord et au Sud-Kivu où des groupes armés ont repris de l’activité ». Les dispositions que requiert la complexité de la situation sont en train d’être prises pour y mettre rapidement fin », a-t-il assuré, promettant également des mesures contre « des individus » réfractaires au processus national de réforme de l’armée, visant implicitement Nkunda.
(Ern.)Le Palmarès
Last edited: 22/05/2007 16:43:40