La déception qu’a provoquée le nouveau renvoi de l’examen des rapports d’enquêtes parlementaires sur le Bas-Congo et Kahemba était remarquée par l’absence de beaucoup de députés à la plénière de mardi.

La séance plénière de l’Assemblée nationale de mardi était très attendue par l’opinion, à cause de deux points qui devraient être inscrits à l’ordre du jour des débats. Il s’agit de la présentation du rapport de la Commission parlementaire d’enquête présidée par Roger Lumbala qui a séjourné dans le territoire de Kahemba (province du Bandundu) du 22 au 31 mars dernier.
Et celui de la commission d’enquête sur le massacre du Bas-Congo après les affrontements, le 31 janvier et le 1er février, entre les forces de sécurité et les adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK). Un massacre qui a fait près de 200 morts, donnant lieu à une vive controverse autour du bilan.
Hélas, l’opinion a été surprise de constater que les débats étaient plutôt centrés sur d’autres matières, en l’absence de son président Vital Kamerhe retenu aux obsèques du vice-gouverneur de la province du Sud-Kivu. On s’interroge à présent sur l’intérêt qu’il y a à geler ces dossiers aussi brûlants au moment où l’intégrité territoriale est fortement menacée. Le manque d’empressement des élus à traiter de la question est déjà à la base de beaucoup d’inquiétude.
Kahemba : faire toute la lumière sur l’occupation angolaise
Tous les regards étaient donc tournés hier vers la commission Roger Lumbala qui devait dire toute la vérité à l’opinion sur l’occupation de plusieurs villages du territoire de Kahemba par l’armée angolaise. L’exercice s’annonçait évidemment difficile pour quiconque voudrait travestir la vérité, dès lors que les correspondants de presse qui accompagnaient cette délégation ont constaté l’occupation des villages de Shashidi, de Shakadiata et Shayimbwanda par des militaires angolais.
On se souvient que les membres du bureau de cette commission, parmi lesquels Roger Lumbala et Théophile Mbemba, accompagnés du directeur de cabinet du Premier ministre, Jean-Claude Massini, s’étaient butés au refus des agents angolais de les laisser visiter la borne 21. Ces soldats avaient érigé une barrière à la hauteur du village Shashidi, à l’intérieur du territoire congolais, à un point fort éloigné de l’emplacement de la borne devant séparer les territoires congolais et angolais.
Hormis la confirmation de l’occupation du territoire, la commission Lumbala devrait aussi démontrer aux représentants du peuple que les villages du groupement Shayimbwanda encore sous occupation angolaise relèvent de l’Administration congolaise. Il faut rappeler que lors d’une sortie très médiatisée il y a plusieurs semaines, le ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, Denis Kalume, avait soutenu que les villages occupés étaient sur le sol angolais. Selon lui, ce sont les populations congolaises qui se seraient déplacées vers l’Angola. D’où, il fallait chercher comment les ramener sur le territoire national.
Une déclaration qui avait amené une grande partie de la population du territoire de Kahemba à traiter son auteur de traître et à manifester violemment contre une délégation du vice-ministre de l’Intérieur qui s’était rendue à la cité de Kahemba à la mi-mars 2007. On se souvient aussi de la riposte du ministre d’Etat en charge des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, qui protestait énergiquement contre l’occupation de Kahemba par l’Angola, contredisant ainsi son collègue de l’Intérieur.
On note que le chef du groupement Shayimbwanda ainsi que son fils qui est en même temps son secrétaire particulier, avaient été interrogés par les membres de la commission Lumbala. Ils avaient réaffirmé leur appartenance à la nation congolaise, indiquant que tous les villages de Shayimbwanda existent depuis 1930 et que les chefs qui les dirigent sont habituellement payés par le Trésor public congolais.
(Yes)J-Alain Kabongo/Le Phare
Last edited: 16/05/2007 14:52:09