La pilule aura été amère à avaler d’autant que tous les calculs bien faits donnaient le candidat AMP She Okitundu gagnant face à un Léon Kengo qui se présentait en indépendant à la présidence du Sénat.

Des questions se sont certainement bousculées dans les têtes des inconditionnels de l’Alliance de la Majorité Présidentielle, Amp, qui voulaient identifier à coup sûr la cause immédiate de la défaite. Parmi celles qui sont revenues de façon lancinante, celle qui a trait au rôle joué par les Conseillers attitrés de l’Amp mérite qu’on y revienne.
On a certes évoqué le mot d’ordre du Président de la République qui est également le chef de l’Amp, quant au choix porté sur la personne de son ancien directeur de cabinet, mais on n’a pas trop insisté sur l’image que pouvait avoir individuellement chaque sénateur du concerné, sans oublier d’autres paramètres qui pouvaient entrer en ligne de compte, comme la perception des électeurs des circonscriptions d’où ont été élus les Sénateurs.
L’impression qui se dégage de la défaite de She Okitundu est celle d’un grand vide en face du Chef de l’Etat, qui n’a pas bénéficié des conseils avisés de toutes les têtes d’affiche de sa famille politique. Pas de sondage d’opinion, pas une ébauche d’une enquête d’environnement, encore moins de mémos pondus par les services de renseignement à l’intention du Président de la République pour orienter et guider son choix d’un homme vertébré, pour reprendre la terminologie de l’Opposition. Chose autrement plus grave qui a aussi donné l’impression à poste non que le camp du Président Kabila considérait l’élection du Président du Sénat comme une compétition sans réels enjeux, c’est l’absence quasi générale d’une offensive médiatique. C’est à peine si on apprenait de bouche à oreilles que She Okitundu était le candidat désigne de la famille politique du Chef de l’Etat.
Sans aucun doute on considérait les enjeux, mais on minimisait l’adversaire malgré la sonnette d’alarme que nous avons explicitement tiré ici sur les colonnes de votre quotidien. Cette attitude d’arrogance caractérisée, qui a comme soubassement le mépris de l’adversaire, a pris son origine récemment au cours des dernières joutes électorales pendant lesquelles l’Amp avait raflé toutes les mises.
Mais la politique est l’art des imprévus et tant qu’il reste une minute dans une compétition, il ne faut pas précipitamment baissé sa garde, en lieu et place de se remettre constamment en cause. Si cela est prouvé, on doit se rendre à l’évidence : les Conseillers ont échoué dans leur rôle de faiseur des rois et ils doivent tirer les conséquences de leur inconséquence. Cela s’appelle en démocratie, présenter sa démission. Cette défaite de l’Amp porte en elle d’autres conséquences ultérieures ; car une redéfinition des relations entre le Président Kabila et son entourage est désormais envisageable, sinon possible, dans un futur proche. Dans cette hypothèse, on peut tabler sur une sorte de méfiance toujours possible du Président de la République vis-à-vis de sa famille politique, l’Amp, qui pour le moment en tout cas, a lamentablement échoué.
L’Avenir
Last edited: 12/05/2007 14:30:08